Le souvenir des pertes de vie et la lourde dette causée par la Première Guerre mondiale ainsi que les menaces à l'unité nationale occasionnées par la CONSCRIPTION ne donnent aux Canadiens, y compris aux politiciens de tous les partis, aucune envie de revivre une autre expérience semblable. Au début, le premier ministre Mackenzie KING appuie chaudement la politique d'apaisement du premier ministre britannique, Neville Chamberlain, à l'endroit du chef allemand Adolf Hitler. Lorsque Chamberlain retarde la guerre en sacrifiant la Tchécoslovaquie lors de la crise de Munich en septembre 1938, King le remercie publiquement, et il est certain que l'ensemble de la population canadienne l'appuie. Pourtant, l'émotion suscitée par cette crise a probablement disposé l'opinion à admettre qu'il faut une guerre pour arrêter le progrès du nazisme. Ce n'est que graduellement que la tournure des événements, et notamment les agressions nazies, fait évoluer les esprits au point où le Canada est prêt à envisager de participer à une autre grande guerre. King lui-même est convaincu que, si la Grande-Bretagne s'engage dans une telle guerre, le Canada ne pourra pas s'abstenir d'y participer.


Déclaration de guerre et mobilisation
Lorsque l'attaque allemande contre la Pologne, le 1er septembre 1939, pousse enfin la Grande-Bretagne et la France à déclarer la guerre à l'Allemagne, King convoque le Parlement pour prendre la « décision », comme il l'avait promis. La déclaration de guerre est reportée d'une semaine. Pendant ce temps, le Canada est officiellement neutre. Le gouvernement annonce que l'adoption de l'adresse en réponse au discours du trône, lequel indique la décision du gouvernement d'appuyer la Grande-Bretagne et la France, constituera l'approbation d'une déclaration de guerre.

Le 9 septembre, l'adresse est adoptée sans vote nominal, et la guerre est déclarée le lendemain. En mars, les deux grands partis avaient accepté un programme rejetant la conscription en vue du service outre-mer, ce qui avait préparé le terrain à une telle entente au Parlement. King envisage certainement un effort restreint et n'est pas emballé par l'idée d'un corps expéditionnaire, mais la pression est suffisante pour pousser le Cabinet à envoyer une division d'armée en Europe. Au début de l'été 1940, les Canadiens sont effrayés par la défaite des Alliés en France et en Belgique et par la chute de la France. L'idée d'une guerre limitée assortie de sanctions économiques est alors abandonnée, après quoi la seule entrave réelle est la promesse de ne pas imposer le service obligatoire outre-mer. L'effectif des Forces armées est rapidement augmenté, la conscription est mise en vigueur en juin 1940 pour la défense du pays (voir LOI SUR LA MOBILISATION DES RESSOURCES NATIONALES), et les dépenses augmentent énormément.

L'armée continue de grossir, si bien qu'elle compte cinq divisions outre-mer, dont deux blindées, à la fin 1942. En avril, la PREMIÈRE ARMÉE CANADIENNE avait été formée en Angleterre et confiée au lieutenant-général A.G.L. MCNAUGHTON. Contrairement à la Première Guerre mondiale, l'armée tarde à participer à des opérations à grande échelle. Avant l'été 1943, les troupes d'Angleterre n'ont participé qu'à l'échec du RAID DE DIEPPE, le 19 août 1942, tandis que deux bataillons envoyés du Canada ont participé à l'impossible défense de HONG KONG contre les Japonais, en décembre 1941. L'opinion publique canadienne accepte mal cette inaction, et des désaccords surgissent entre le gouvernement et McNaughton, qui veut ménager l'armée en vue d'une campagne finale et décisive.

Le gouvernement s'entend avec la Grande-Bretagne pour que la 1re Division de l'infanterie canadienne participe à l'attaque contre la Sicile en juillet 1943, puis il insiste pour renforcer ses troupes méditerranéennes en y ajoutant la 5e Division pour former un corps de deux divisions. Il s'ensuit un grave conflit avec McNaughton, au moment où le British War Office, qui le juge inapte au commandement de campagne, le dénigre auprès du gouvernement canadien. À la fin 1943, il est remplacé par le lieutenant-général H.D.G. CRERAR.

La 1re Division, intégrée à la 8e Armée britannique, est au coeur de la campagne de Sicile, puis elle gagne la péninsule italienne et participe à la marche vers le nord en décembre 1943. Les batailles sont particulièrement féroces à Ortona et dans les environs (voir BATAILLE D'ORTONA). Au printemps 1944, les Canadiens, commandés par le lieutenant-général E.L.M. BURNS, contribuent grandement à percer la ligne Hitler, qui bloque la vallée de la Liri. À la fin août, le corps défonce la ligne Gothique au voisinage de l'Adriatique, traverse les positions allemandes qui protègent Rimini et prennent la ville en septembre. Pendant ces batailles, le Canada subit ses plus lourdes pertes de la campagne d'Italie.

Pendant la dernière phase de l'intervention canadienne en Italie, le 1er Corps d'armée canadien, maintenant commandé par le lieutenant-général Charles FOULKES, traverse la plaine de Lombardie en combattant, malgré la boue et les rivières au cours rapide. Le corps termine sa marche à la rivière Senio dans les premiers jours de 1945. Le gouvernement canadien, qui était si pressé d'envoyer ses troupes combattre en Italie, n'avait pas tardé à demander qu'elles soient ramenées auprès du gros des troupes canadiennes dans le Nord-Ouest de l'Europe. La stratégie des Alliés permet enfin de le faire au début de 1945, et le 1er Corps passe sous le commandement de la 1re Armée canadienne à la mi-mars, à la grande satisfaction des soldats de la campagne d'Italie. En tout, 92 757 soldats de tous les grades ont servi en Italie, et 5764 y ont perdu la vie.

Deuxième Guerre mondiale (carte)
Deuxième Guerre mondiale (carte)



King déclare la guerre au Japon
(avec la permission de l'Office national du film)



Dieppe, raid de
(avec la permission de l'Office national du film)
La Sicile, 1943
La Sicile, 1943
(J. Smith, Ministère de la Défense nationale, PA-151748).





Campagne de Normandie
Dans la dernière grande campagne du Nord-Ouest de l'Europe, qui commence par le DÉBARQUEMENT DE NORMANDIE (dont le nom de code est « Operation Overlord ») le 6 juin 1944, la 1re Armée canadienne dirigée par Crerar joue un rôle important, au prix de lourdes pertes. Puisque le 1er Corps est en Italie, il faut le remplacer par des troupes britanniques et alliées. Toutefois, le coeur de l'armée est le 2e Corps canadien dirigé par le lieutenant-général G.G. SIMONDS, qui avait commandé la 1re Division en Sicile. Ce corps se composait normalement des 2e et 3e Divisions de l'infanterie canadienne et de la 4e Division blindée canadienne. Pendant toutes les opérations, ces troupes font partie du 21e Groupe d'armée britannique, commandé par le général sir Bernard Law Montgomery (qui deviendra lord et maréchal).

Seules la 3e Division et la 2e Brigade blindée canadienne participent au débarquement. Elles combattent sous la direction de la 2e Armée britannique. Ces formations débarquent le jour J et soutiennent de durs combats le jour même et pendant ceux qui suivent. Le 11 juillet, le corps de Simonds s'empare d'une section de la ligne près de Caen, mais l'armée de Crerar, placée à l'extrême gauche de la ligne alliée (où elle demeure pendant le reste de la campagne), n'est pas appelée à combattre avant le 23 juillet. Le 31, le front est élargi pour inclure le secteur de Caen.

En août, les formations canadiennes jouent un rôle de premier plan dans l'ouverture d'un passage à partir de la tête de pont normande et surmontent une résistance acharnée pour atteindre Falaise et fermer la brèche au sud de cette ville, par laquelle l'ennemi battent en retraite pour éviter d'être pris en souricière entre les Britanniques et les Canadiens venant du nord et les Américains qui arrivent du sud. Falaise est prise le 16 août, et les Alliés se rejoignent le 19, fermant la brèche. Alors s'engage la poursuite jusqu'à la frontière allemande. La 1re Armée canadienne, ayant le 1er Corps britannique sous son commandement, force l'évacuation des forteresses côtières, prenant successivement Le Havre, Boulogne et Calais. Au début de septembre, les Britanniques prennent Anvers, mais l'ennemi tient toujours les rives de l'Escaut en aval de ce port, dont les Alliés ont grand besoin. Pendant le mois d'octobre et le début de novembre, les Canadiens combattent donc avec acharnement pour dégager le fleuve.

La première grande opération canadienne de 1945, la BATAILLE DU RHIN, vise à libérer la région entre la Meuse et le Rhin. Elle commence le 8 février et ne se termine que le 10 mars, lorsque les Allemands, repoussés par l'attaque simultanée des Canadiens et de la 9e Armée américaine, se retirent au-delà du Rhin. Les dernières opérations du côté ouest commencent le 23 mars par la traversée du Rhin dans le secteur britannique. Ensuite, la 1re Armée canadienne, toujours sur le flanc gauche, libère l'Est et le Nord des Pays-Bas et traverse le Nord de la plaine allemande (voir PAYS-BAS, LIBÉRATION DES). Le 5 mai, date où les Allemands capitulent devant le front du maréchal Montgomery, le 2e Corps canadien a capturé Oldenburg, et le 1er Corps tient la ligne Grebbe tandis que, avec l'accord des Allemands, on envoie de la nourriture à la population affamée de l'Ouest des Pays-Bas. Au total, la campagne se solde par 11 336 pertes de vie pour l'armée canadienne, dans laquelle environ 237 000 hommes et femmes ont servi dans le Nord-Ouest de l'Europe.


Normandie, débarquement de (extrait vidéo)
(avec la permission de l'Office national du film)


Débarquement en Normandie
Débarquement en Normandie
Débarquement du LCI(L) 299 (à gauche)des troupes de Stormont, Dundas et Glengarry Highlanders à Bernières-sur-mer, en Normandie, le 6 juin 1944 (photographie de G. Milne, avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/PA-137013).
Falaise, bataille de
Falaise, bataille de
Après une série de batailles acharnées, les Canadiens s'emparent finalement de Falaise le 16 août 1944 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-131233).
Chef de Bataillon David Currie
Chef de Bataillon David Currie
Chef de bataillon David Currie (Bibliothèque et Archives Canada PA-111565).


Participation à la campagne aérienne
L'effort de guerre de l'Aviation royale du Canada (ARC) tient en grande partie au fait qu'elle dirige le PROGRAMME D'ENTRAÎNEMENT AÉRIEN DU COMMONWEALTH. Un grand nombre de Canadiens servent dans la Royal Air Force (RAF) britannique, ce qui retarde l'expansion d'une aviation proprement canadienne outre-mer. Néanmoins, lorsque l'Allemagne capitule, l'ARC compte 48 escadrons outre-mer, dont les officiers et les hommes sont presque tous des Canadiens. Une étape marquante est la formation, le 1er janvier 1943, du 6e Groupe de l'ARC au sein du Bomber Command de la RAF. Ce groupe finit par compter 14 escadrons et est commandé successivement par les vice-maréchaux de l'air G.E. Brookes et C.M. MCEWEN. La mission du Bomber Command consiste à bombarder l'Allemagne la nuit, entreprise extrêmement dangereuse qui exige un courage inflexible; près de 10 000 Canadiens y perdent la vie.

Les aviateurs canadiens opèrent dans tous les théâtres de guerre à partir de bases situées au Royaume-Uni, en Afrique du Nord, en Italie, dans le Nord-Ouest de l'Europe et dans l'Asie du Sud-Est. En Amérique du Nord, des escadrons travaillent à des opérations anti-sous-marines au large de la côte atlantique et collaborent avec les forces aériennes américaines contre les Japonais dans les îles Aléoutiennes. Sept escadrons de l'ARC servent à un moment ou l'autre dans l'aviation côtière de la RAF au-dessus de l'Atlantique, et les appareils de l'ARC détruisent ou contribuent à détruire 20 sous-marins ennemis. Pendant la campagne du Nord-Ouest de l'Europe en 1944-1945, l'ARC déploie 17 escadrons, dont 15 dans le 83e Groupe de la 2e Force aérienne tactique de la RAF. Pendant la guerre, 232 632 hommes et 17 030 femmes servent dans l'ARC, et on compte 17 101 pertes de vie.

Hawker Hurricane
Hawker Hurricane
À la fin de la guerre, il y avait 48 escadrons de l'Aviation royale du Canada outre-mer (avec la permission du ministère de la Défense nationale/PA-145302).



Guerre maritime
La Marine royale du Canada est minime en 1939, mais elle connaît une expansion remarquable pendant la guerre : 99 688 hommes et environ 6500 femmes s'y enrôlent pendant la guerre et forment les équipages de 471 navires de guerre de divers types. Sa fonction principale est de former des convois afin de protéger les navires qui transportent les troupes et le ravitaillement outre-Atlantique. Elle effectue une part de plus en plus grande de ce travail, menant des batailles acharnées qui durent parfois plusieurs jours contre des bandes de sous-marins U-boot. Une forte expansion de la marine engendre des problèmes de croissance. En 1943, il faut prendre des mesures pour améliorer l'équipement technique des navires d'escorte et parfois aussi l'entraînement de leurs équipages. Pendant la guerre, la marine coule ou aide à couler 33 sous-marins ennemis.

Après la Conférence sur les convois atlantiques, tenue à Washington en mars 1943, on constitue le commandement canadien du secteur du Nord-Ouest de l'Atlantique, chargé de protéger la région située au nord de New York et à l'ouest du 47e méridien. Un officier canadien, le contre-amiral L.W. MURRAY, est responsable des convois dans cette région. En plus de leur rôle principal en tant que participants à la BATAILLE DE L'ATLANTIQUE, les unités navales canadiennes contribuent à bon nombre de campagnes. Ainsi, elles appuient les débarquements alliés de novembre 1942 en Afrique du Nord, et la Marine royale fournit environ 110 navires et 10 000 hommes lors des opérations de juin 1944 en Normandie.

Pendant la guerre, la marine perd 24 navires de guerre, allant du destroyer de classe « Tribal »Athabaskan, coulé dans la Manche en avril 1944, au yacht armé Raccoon, torpillé dans le Saint-Laurent en septembre 1942 (voir SOUS-MARINS ALLEMANDS, OPÉRATIONS DES). Elle enregistre aussi 2024 pertes de vie.

Frégate dans l'Atlantique Nord
Frégate dans l'Atlantique Nord
Des grenades sous-marines explosent à l'arrière d'une frégate dans l'Atlantique Nord, en janvier 1944 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/Lawrence/ministère de la Défense nationale/PA-133246).
L'équipage du Athabascan
L'équipage du Athabascan
L'équipage du NCSM Athabascan, attentif aux propos du vice-amiral Percy Nelles, Avril 1944. Dans quelque douze heures, le navire sera coulé par un U-boot.


Contribution industrielle
La contribution industrielle du Canada à la victoire est considérable, malgré un lent début. Après les défaites européennes des Alliés en 1940, les commandes d'équipement de la Grande-Bretagne, qui étaient minimes, deviennent énormes. La création du MINISTÈRE DES MUNITIONS ET DES APPROVISIONNEMENTS, prévue en 1939, devient effective en avril 1940, et C.D. HOWE en est le ministre. En août 1940, la loi modifiée confère au ministre des pouvoirs presque dictatoriaux, et l'effort industriel augmente énormément sous son régime. Diverses SOCIÉTÉS DE LA COURONNE sont constituées en vue de fonctions spéciales, de nouvelles usines sont construites, et d'anciennes sont adaptées à la production de guerre.

Alors que le Canada n'a guère produit autre chose que des obus pendant la Première Guerre mondiale (il n'a fabriqué aucune arme, sauf le FUSIL ROSS), il produit cette fois une grande variété de fusils et d'armes légères. Il construit un grand nombre de navires, particulièrement des navires d'escorte et des cargos, et produit des aéronefs en quantité, notamment des bombardiers Lancaster, mais la plus remarquable réussite du programme est la production de 815 729 véhicules militaires. Des chars d'assaut sont fabriqués, surtout avec des éléments importés des États-Unis, et plus de la moitié du matériel produit est envoyé en Grande-Bretagne. Il est impossible pour la Grande-Bretagne de tout payer. Le Canada, pour contribuer à la victoire et pour que ses usines continuent de fonctionner, en finance une grande partie. Au début de 1942, un DON D'UN MILLIARD DE DOLLARS est destiné à cette fin. L'année suivante, un programme d'AIDE MUTUELLE est lancé afin d'aider les Alliés en général, mais, en pratique, c'est surtout la Grande-Bretagne qui en bénéficie encore. Pendant la guerre, l'aide du Canada à la Grande-Bretagne se chiffre à quelque trois milliards de dollars.

Le Canada participe peu au développement de l'énergie atomique, entreprise destructrice dont on est informé lorsque des bombes atomiques sont lancées contre le Japon en août 1945. Le Canada possède une source d'uranium près du Grand lac de l'Ours. C'est pourquoi les Alliés mettent Mackenzie King dans le secret en 1942, et le gouvernement du Canada fait l'acquisition de la mine pendant l'été. Une équipe scientifique qui travaillait au projet en Angleterre est transférée au Canada.

La tension monte entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, mais les deux pays concluent, à la conférence de Québec en septembre 1943, une entente qui accorde notamment au Canada de légers pouvoirs de décision. Un comité d'orientation canadien décide en 1944 de construire un réacteur atomique à Chalk River, en Ontario. Le premier réacteur de l'endroit n'est opérationnel qu'après la capitulation du Japon. Le Canada ne participe pas à la production des bombes lancées contre le Japon, à moins qu'elles ne contiennent un peu d'uranium canadien, ce qui semble impossible à déterminer.

Le Canada ne joue aucun rôle réel dans la haute direction de la guerre. Un tel rôle serait extrêmement difficile à obtenir, et King ne fait jamais d'efforts sérieux pour le revendiquer. Il calcule peut-être que, s'il le faisait, cela nuirait à ses relations personnelles avec le premier ministre britannique Winston Churchill et avec le président américain Franklin D. Roosevelt, qu'il juge politiquement très importantes pour lui.

La stratégie des Alliés occidentaux est élaborée par le comité conjoint des chefs d'état-major, formé uniquement d'Anglais et d'Américains. Le comité prend ses décisions les plus importantes au cours de conférences périodiques qu'il tient avec les chefs d'État, et deux d'entre elles ont lieu à Québec, mais, même à ces conférences, la participation de King se limite à l'accueil. Curieusement, bien que l'utilisation des forces canadiennes soit décidée par le comité conjoint des chefs, le Canada n'est officiellement informé de l'existence du comité qu'à la fin de 1941. Même la souveraineté du Canada est à peine reconnue officiellement. Alors que les directives des commandants alliés pour la guerre contre le Japon sont émises au nom des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, la directive adressée au général Dwight D. Eisenhower, commandant suprême dans le Nord-Ouest de l'Europe à qui sont subordonnées des forces canadiennes considérables, ne fait aucune mention du Canada.

Conférence de Québec, 1943
Conférence de Québec, 1943
À Québec, en août 1943, le président des États-Unis, F.D. Roosevelt; le premier ministre canadien, W.L.M. King; et le premier ministre britannique, Winston Churchill (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-14170).
La Conférence Des Stratèges, Deuxième Guerre mondiale
La Conférence Des Stratèges, Deuxième Guerre mondiale
Winston Churchill et le lieutenant-général A.G.L. McNaughton étudient une carte d'état-major au quartier général des Forces canadiennes, mars 1941 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-119399).


Relations avec les Alliés

Adieu
Adieu
Soldats du Duke of Connaught’s Own Rifles faisant leurs adieux à New Westminster, en Colombie-Britannique, juin 1940 (avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/C38723).
Les relations du Canada avec les États-Unis se font nettement plus étroites pendant la guerre. Une fois revenu au pouvoir en 1935, King cultive ses relations avec Roosevelt. Il a peu de contacts avec lui pendant les premiers mois de la guerre, mais les craintes suscitées par les premières victoires allemandes amènent un rapprochement immédiat. Le 18 août 1940, King et Roosevelt se rencontrent à Ogdensburg (État de New York, États-Unis) et annoncent qu'ils se sont entendus (sans conclure un traité officiel) pour former une COMMISSION PERMANENTE MIXTE DE DÉFENSE, qui se réunit fréquemment, par la suite, pour discuter des problèmes mutuels de défense. En 1941, la balance des paiements entre le Canada et les États-Unis atteint un point critique, surtout parce qu'il est difficile de financer l'importation de produits des États-Unis aux fins de la production industrielle pour la Grande-Bretagne. Le problème est résolu le 20 avril par la déclaration de Hyde Park. Néanmoins, King s'inquiète parfois parce qu'il perçoit un danger d'absorption du Canada par les États-Unis. En réaction aux activités américaines dans le Nord canadien (par exemple la construction de la ROUTE DE L'ALASKA en 1942), il nomme, en 1943, un commissaire spécial des projets de défense dans le Nord-Ouest afin de renforcer le pouvoir du Canada dans la région.


Conscription
Les pires problèmes politiques qui se posent au Canada pendant la guerre ont trait à la question de la conscription, et les libéraux de son propre parti causent plus de difficultés à King que l'opposition. Les élections du 26 mars 1940, tenues avant que la guerre prenne une tournure critique, indiquent que le pays est satisfait d'un effort de guerre limité et donnent à King une majorité confortable. Le manque d'enthousiasme du Canada français pour la guerre et spécialement son rejet de la conscription sont aussi évidents que pendant la Première Guerre mondiale. Environ 4 p. 100 seulement de la population du Québec s'enrôle volontairement, contre environ 10 p. 100 dans le reste du pays. L'agitation menée au Canada anglais en faveur de la conscription outre-mer amène King à tenir, en 1942, un plébiscite dans lequel le gouvernement demande à être délié de sa promesse, ce qui lui est massivement accordé par toutes les provinces sauf le Québec. Toutefois, cet enthousiasme en faveur de la conscription au Canada anglais ne signifie rien de concret. Quand Arthur MEIGHEN redevient chef conservateur et réclame la conscription outre-mer, il n'arrive pas à se faire élire, même dans une circonscription de Toronto. Toutefois, l'ambiance se modifie lorsque les pertes s'alourdissent.

Après la campagne de Normandie en 1944, l'infanterie manque de renforts, et le ministre de la Défense nationale, le colonel J.L. RALSTON, déclare au Cabinet que l'heure de la conscription outre-mer est arrivée. King, qui semble avoir acquis la certitude que des ministres conspirent pour le renverser et le remplacer par Ralston, destitue ce dernier et le remplace par McNaughton. Celui-ci ne réussit pas à convaincre beaucoup de conscrits pour le service au pays de se porter volontaires pour servir outre-mer, et King, menacé de démission par les ministres favorables à la conscription, ce qui ferait tomber son gouvernement, accepte d'envoyer outre-mer un fort contingent de conscrits. Le Québec accepte la situation à contrecoeur, préférant le régime de King à tout gouvernement conservateur, et le pouvoir du premier ministre reste solide jusqu'à la fin de la guerre.


Conclusion de la paix

Les Infirmières Arrivent
Les Infirmières Arrivent
Les infirmières arrivent en France, 1944 (Aikman, DND PA-108174).
Le Canada ne participe guère à la conclusion de la paix. Les grandes puissances, qui ont monopolisé la direction de la guerre, continuent de tout faire seules. La soi-disant conférence de paix, tenue à Paris à l'été 1946, ne donne aux Alliés de moindre importance, comme le Canada, la possibilité de commenter les arrangements déjà conclus. Le Canada ne signe des traités qu'avec l'Italie, la Hongrie, la Roumanie et la Finlande. Aucun traité n'est signé avec l'Allemagne par suite de la division du pays, dont l'Est passe sous la domination de l'URSS. En 1951, comme d'autres puissances occidentales, le Canada met fin à l'état de guerre avec l'Allemagne par proclamation royale. La même année, un traité de paix avec le Japon, rédigé par les États-Unis, est signé par la plupart des États alliés, dont le Canada, mais pas par les pays communistes.


Coût et importance
Financièrement, le coût de l'effort de guerre canadien est astronomique. Pour l'année financière 1939-1940, le Canada dépense la modeste somme de 118 millions de dollars. L'année suivante, les dépenses passent à près de 752 millions de dollars. Le sommet est atteint en 1943-1944 avec environ 4,6 milliards de dollars. Le total pour les 11 années financières allant de 1939-1940 à 1949-1950 se chiffre à près de 22 milliards de dollars. D'autres coûts attribuables à la guerre continuent de s'accumuler. Pendant la guerre, un peu plus d'un million de Canadiens et de Canadiennes servent à plein temps dans les trois armées. Moins de sang est versé que pendant la Première Guerre mondiale, mais le bilan de 42 042 pertes de vie est quand même tragique.

Jour de la Victoire, célébrations du
Jour de la Victoire, célébrations du
Le jour de la Victoire en Europe est célébré dans tout le Canada, comme ici à Ottawa, en ce 8 mai 1945 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-114440).
La Deuxième Guerre mondiale est une période importante de l'histoire du Canada, mais probablement un peu moins importante que la Première Guerre mondiale. L'unité nationale entre francophones et anglophones est ébranlée, mais, heureusement, moins gravement que pendant la Première Guerre mondiale. L'économie est renforcée, et la capacité de fabrication est beaucoup plus diversifiée qu'avant. La fierté et la confiance nationales se sont accrues, et le statut de pays indépendant, encore fragile en 1919, ne fait plus de doute après 1945. Le Canada est une puissance à part entière, quoique d'importance modeste. Par contre, la douloureuse réalité est que ce statut ne permet pas nécessairement d'avoir une influence. Une MOYENNE PUISSANCE doit avoir des ambitions limitées. L'autorité réelle continue d'appartenir aux pays riches, qui ont de puissantes armées et une forte population.

Auteur C.P. STACEY Révision : NORMAN HILLMER


Bibliographie
J.A. Boutilier (dir.), The RCN in Retrospect 1910-1968 (1982); W.A.B. Douglas et Brereton Greenhous, Out of the Shadows (1995) et The Creation of a National Airforce (1986; trad. La création d'une aviation militaire nationale, 1987); J.L. Granatstein, Canada's War (1975); Brereton Greenhous et coll., The Crucible of War (1994); Marc Milner, North Atlantic Run (1985); G.W.L. Nicholson, The Canadians in Italy (1956); C.P. Stacey, Arms, Men and Governments (1970; trad. Armes, hommes et gouvernements, 1970), Canada and the Age of Conflict, vol. II (1981), Six Years of War (1955) et The Victory Campaign (1960); G.N. Tucker, The Naval Service of Canada, vol.II (1952).


Liens supplémentaires
Musée canadien de la guerre
Le Musée, dont la mission est de faire connaître l'histoire militaire du Canada, de la préserver et de la commémorer, sensibilise les visiteurs au rôle important qu'ont joué les activités militaires dans l'histoire du pays. À noter le portail éducatif qui offre des ressources académiques à l'intention des jeunes sur l'histoire militaire du Canada.

L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.

LE PROJET MÉMOIRE
Les Anciens Combattants partagent leurs émouvants souvenirs de guerre. Site multimedia de l’Institut Historica-Dominion.

Les Amputés de guerre
Ce site des Amputés de guerre célèbre fièrement le patrimoine militaire du Canada et les sacrifices des vétérans de guerre canadiens. Section spéciale consacrée au 60e anniversaire du Jour J. Abondante documentation, photographies et récits d’anciens combattants portant sur leur expérience de guerre.

Archives publiques de l'Ontario
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Le Centre Juno Beach leur rendra hommage et préservera le legs de vaillance et de liberté des Canadiens qui ont contribué à cette victoire.

Souvenirs : Le Canada et la Seconde Guerre mondiale
Ce site multimédia du Musée virtuel illustre le rôle du Canada dans la Seconde Guerre mondiale à travers l’engagement et les sacrifices des militaires et des civils.

Corvette 3D : N.C.S.M. Sackville
Visite interactive et multimédia d’une corvette, navire de guerre canadien légendaire de la Deuxième Guerre mondiale. Un site du Musée virtuel.

Lieu historique national du Canada du NCSM Haida
Ce site nous présente les exploits héroiques des navires de guerre de la Deuxième Guerre mondiale. Produit par Parcs Canada.

Infirmières militaires canadiennes
La profession d'infirmière militaire ne connaît ses débuts que lors de la guerre de Crimée même si soulager les soldats de leurs souffrances est une tradition de très longue date. L'organisation des soins infirmiers pour les combattants et l'envoi d'infirmières débutent avec Florence Nightingale, chez les Britanniques, et se font très rapidement par la suite au Canada. Par Anciens Combattants Canada.

L'histoire canadienne du Radar
Ce site multimedia explique le rôle crucial que le radar canadien a joué au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Du Musée canadienne de la guerre.

Le journal personnel de William Lyon Mackenzie King, 1893-1950
La présente base de données en ligne vous donne accès à environ 50 000 pages du journal personnel du premier ministre William Lyon Mackenzie King. Permet de retracer son unique perspective sur plus de soixante ans d'histoire politique et sociale du Canada. Agrémenté de ressources académiques. Site de la Bibliothèque et Archives Canada.

Le Nouveau-Brunswick en Guerre
Ce site virtuel tiré des Archives provinciales du Nouveau-Brunswick commémore le cinquantièeme anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Mémorial virtuel de guerre du Canada
Ce site contient un répertoire sur les tombes et monuments commémoratifs de plus de 116 000 Canadiens et Terre-Neuviens ayant servi vaillamment et donné leur vie pour leur pays. Pour lancer la recherche dans le répertoire canadien, entrer le nom de famille voulu. Par le site Web d'Anciens Combattants Canada.

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Cette collection de plus de 144 000 articles de journaux, découpés à la main, datés, puis classés par thèmes, regroupe des articles et des éditoriaux de journaux, la plupart canadiens, documentant tous les aspects de la guerre.

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À travers l'objectif : Dieppe en photographies et en films
Les horreurs de la guerre sont présentées dans cette collection de photographies ancienne et de découpés de presse sur l'invasion de Dieppe par les Alliés, durant la Deuxième Guerre mondiale. De Bibliothèque et Archives Canada.

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Forces canadiennes : Glossaire
Un glossaire de Forces canadiennes. Par le site Web forces.ca.

De colonie à pays : Guide de recherche sur l'histoire militaire du Canada
Le site De colonie à pays : Guide de recherche sur l'histoire militaire du Canada. Par Bibliothèque et Archives Canada.

Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique
Site consacré à l'histoire du Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique. Par Anciens Combattants Canada.

La Seconde Guerre Mondiale et l'ONF : Sur tous les fronts
Découvrez une partie de la collection de l'Office national du film du Canada traitant de la Seconde Guerre mondiale. Vécue par des millions de gens, soldats et civils cette guerre a été captée sous divers angles, en période de conflit, et revisitée récemment par des cinéastes contemporains.

La libération des Pays-Bas, 1944-1945
Ce site présente des reportages que les correspondants de guerre canadiens ont écrits sur place et qui sont consacrés à la libération des Pays-Bas. Par le Musée canadien de la guerre.

Les Valeureux
Un mémorial rendant hommage à 14 valeureux, hommes et femmes, qui ont servi le Canada de manière exceptionnelle en temps de guerre.

Les Impressions Artistiques de la Guerre
Faites défiler la page jusqu'au lien pointant vers "Les Impressions Artistiques de la Guerre". Cet article, aux belles illustrations, est axé sur les œuvres d'art que les femmes canadiennes ont conçues durant la Deuxième Guerre mondiale. Par la "Revue militaire canadienne". Un fichier au format PDF.

Prisonniers de guerre derrière les barbelés canadiens
L’histoire de prisonniers de guerre derrière les barbelés canadiens. Par Radio-Canada.

facebook : Le Canada se Souvient
Site web du Canada se Souvient.

Ailes d’Époque du Canada
Site Web des Ailes d’Époque du Canada.

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Avec plus de 40 000 articles en français et en anglais, l'Encyclopédie canadienne est l'ultime ressource en ligne, entièrement gratuite. Vous y retrouverez tous les thèmes couvrant l'histoire du Canada, sports, arts, sciences, technologie et plus encore. Venez nous découvrir à: www.TheCanadianEncyclopedia.com
Articles de fond
Gendarmerie royale du Canada

L'annonce du gouvernement fédéral demande des volontaires « capables de lire et d'écrire en anglais ou en français », bons cavaliers et dotés de « bons antécédents »...

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Galeries
Consultez les innombrables ressources visuelles de L'Encyclopédie canadienne en vous promenant dans les galeries thématiques : peinture, histoire, nature, population, sciences et techniques du Canada.
Ressources interactives
Des illustrations, des textes motivants, des animations, des extraits sonores et des jeux permettent au lecteur d'approfondir ses connaissances de l'histoire, de la peinture, de la géographie, de l'architecture du Canada, et d'une foule d'autres sujets tous aussi amusants qu'instructifs.
Jeu de canecdotes
Le jeu idéal pour vérifier vos connaissances anecdotiques ou non du Canada. Vous pouvez choisir un des 60 questionnaires rangés par niveau de difficulté. Votre résultat dépendra de la vitesse à laquelle vous répondez et du nombre d'indices demandés. Vous recevrez vos résultats par courriel et les meilleurs seront affichés sur le site.
Chronologie de l'histoire canadienne
Cette ressource exceptionnelle couvre plus de 6000 faits et événements qui ont marqué l'histoire du Canada et du monde. La recherche peut s'effectuer selon l'époque, le sujet, un mot clé ou une date. Voulez-vous savoir ce qui s'est passé le jour de votre anniversaire? Entrez l'année, le mois et le jour de votre naissance.
Cent événements marquants
James H. Marsh, rédacteur en chef, a choisi les cent événements les plus marquants de l'histoire du Canada parmi ceux qui ont eu des répercussions importantes sur les générations qui les ont suivis.