Déclaration de guerre et mobilisation
Lorsque l'attaque allemande contre la Pologne, le 1er septembre 1939, pousse enfin la Grande-Bretagne et la France à déclarer la guerre à l'Allemagne, King convoque le Parlement pour prendre la « décision », comme il l'avait promis. La déclaration de guerre est reportée d'une semaine. Pendant ce temps, le Canada est officiellement neutre. Le gouvernement annonce que l'adoption de l'adresse en réponse au discours du trône, lequel indique la décision du gouvernement d'appuyer la Grande-Bretagne et la France, constituera l'approbation d'une déclaration de guerre.
Le 9 septembre, l'adresse est adoptée sans vote nominal, et la guerre est déclarée le lendemain. En mars, les deux grands partis avaient accepté un programme rejetant la conscription en vue du service outre-mer, ce qui avait préparé le terrain à une telle entente au Parlement. King envisage certainement un effort restreint et n'est pas emballé par l'idée d'un corps expéditionnaire, mais la pression est suffisante pour pousser le Cabinet à envoyer une division d'armée en Europe. Au début de l'été 1940, les Canadiens sont effrayés par la défaite des Alliés en France et en Belgique et par la chute de la France. L'idée d'une guerre limitée assortie de sanctions économiques est alors abandonnée, après quoi la seule entrave réelle est la promesse de ne pas imposer le service obligatoire outre-mer. L'effectif des Forces armées est rapidement augmenté, la conscription est mise en vigueur en juin 1940 pour la défense du pays (voir LOI SUR LA MOBILISATION DES RESSOURCES NATIONALES), et les dépenses augmentent énormément.
L'armée continue de grossir, si bien qu'elle compte cinq divisions outre-mer, dont deux blindées, à la fin 1942. En avril, la PREMIÈRE ARMÉE CANADIENNE avait été formée en Angleterre et confiée au lieutenant-général A.G.L. MCNAUGHTON. Contrairement à la Première Guerre mondiale, l'armée tarde à participer à des opérations à grande échelle. Avant l'été 1943, les troupes d'Angleterre n'ont participé qu'à l'échec du RAID DE DIEPPE, le 19 août 1942, tandis que deux bataillons envoyés du Canada ont participé à l'impossible défense de HONG KONG contre les Japonais, en décembre 1941. L'opinion publique canadienne accepte mal cette inaction, et des désaccords surgissent entre le gouvernement et McNaughton, qui veut ménager l'armée en vue d'une campagne finale et décisive.
Le gouvernement s'entend avec la Grande-Bretagne pour que la 1re Division de l'infanterie canadienne participe à l'attaque contre la Sicile en juillet 1943, puis il insiste pour renforcer ses troupes méditerranéennes en y ajoutant la 5e Division pour former un corps de deux divisions. Il s'ensuit un grave conflit avec McNaughton, au moment où le British War Office, qui le juge inapte au commandement de campagne, le dénigre auprès du gouvernement canadien. À la fin 1943, il est remplacé par le lieutenant-général H.D.G. CRERAR.
La 1re Division, intégrée à la 8e Armée britannique, est au coeur de la campagne de Sicile, puis elle gagne la péninsule italienne et participe à la marche vers le nord en décembre 1943. Les batailles sont particulièrement féroces à Ortona et dans les environs (voir BATAILLE D'ORTONA). Au printemps 1944, les Canadiens, commandés par le lieutenant-général E.L.M. BURNS, contribuent grandement à percer la ligne Hitler, qui bloque la vallée de la Liri. À la fin août, le corps défonce la ligne Gothique au voisinage de l'Adriatique, traverse les positions allemandes qui protègent Rimini et prennent la ville en septembre. Pendant ces batailles, le Canada subit ses plus lourdes pertes de la campagne d'Italie.
Pendant la dernière phase de l'intervention canadienne en Italie, le 1er Corps d'armée canadien, maintenant commandé par le lieutenant-général Charles FOULKES, traverse la plaine de Lombardie en combattant, malgré la boue et les rivières au cours rapide. Le corps termine sa marche à la rivière Senio dans les premiers jours de 1945. Le gouvernement canadien, qui était si pressé d'envoyer ses troupes combattre en Italie, n'avait pas tardé à demander qu'elles soient ramenées auprès du gros des troupes canadiennes dans le Nord-Ouest de l'Europe. La stratégie des Alliés permet enfin de le faire au début de 1945, et le 1er Corps passe sous le commandement de la 1re Armée canadienne à la mi-mars, à la grande satisfaction des soldats de la campagne d'Italie. En tout, 92 757 soldats de tous les grades ont servi en Italie, et 5764 y ont perdu la vie.
Campagne de Normandie
Dans la dernière grande campagne du Nord-Ouest de l'Europe, qui commence par le DÉBARQUEMENT DE NORMANDIE (dont le nom de code est « Operation Overlord ») le 6 juin 1944, la 1re Armée canadienne dirigée par Crerar joue un rôle important, au prix de lourdes pertes. Puisque le 1er Corps est en Italie, il faut le remplacer par des troupes britanniques et alliées. Toutefois, le coeur de l'armée est le 2e Corps canadien dirigé par le lieutenant-général G.G. SIMONDS, qui avait commandé la 1re Division en Sicile. Ce corps se composait normalement des 2e et 3e Divisions de l'infanterie canadienne et de la 4e Division blindée canadienne. Pendant toutes les opérations, ces troupes font partie du 21e Groupe d'armée britannique, commandé par le général sir Bernard Law Montgomery (qui deviendra lord et maréchal).
Seules la 3e Division et la 2e Brigade blindée canadienne participent au débarquement. Elles combattent sous la direction de la 2e Armée britannique. Ces formations débarquent le jour J et soutiennent de durs combats le jour même et pendant ceux qui suivent. Le 11 juillet, le corps de Simonds s'empare d'une section de la ligne près de Caen, mais l'armée de Crerar, placée à l'extrême gauche de la ligne alliée (où elle demeure pendant le reste de la campagne), n'est pas appelée à combattre avant le 23 juillet. Le 31, le front est élargi pour inclure le secteur de Caen.
En août, les formations canadiennes jouent un rôle de premier plan dans l'ouverture d'un passage à partir de la tête de pont normande et surmontent une résistance acharnée pour atteindre Falaise et fermer la brèche au sud de cette ville, par laquelle l'ennemi battent en retraite pour éviter d'être pris en souricière entre les Britanniques et les Canadiens venant du nord et les Américains qui arrivent du sud. Falaise est prise le 16 août, et les Alliés se rejoignent le 19, fermant la brèche. Alors s'engage la poursuite jusqu'à la frontière allemande. La 1re Armée canadienne, ayant le 1er Corps britannique sous son commandement, force l'évacuation des forteresses côtières, prenant successivement Le Havre, Boulogne et Calais. Au début de septembre, les Britanniques prennent Anvers, mais l'ennemi tient toujours les rives de l'Escaut en aval de ce port, dont les Alliés ont grand besoin. Pendant le mois d'octobre et le début de novembre, les Canadiens combattent donc avec acharnement pour dégager le fleuve.
La première grande opération canadienne de 1945, la BATAILLE DU RHIN, vise à libérer la région entre la Meuse et le Rhin. Elle commence le 8 février et ne se termine que le 10 mars, lorsque les Allemands, repoussés par l'attaque simultanée des Canadiens et de la 9e Armée américaine, se retirent au-delà du Rhin. Les dernières opérations du côté ouest commencent le 23 mars par la traversée du Rhin dans le secteur britannique. Ensuite, la 1re Armée canadienne, toujours sur le flanc gauche, libère l'Est et le Nord des Pays-Bas et traverse le Nord de la plaine allemande (voir PAYS-BAS, LIBÉRATION DES). Le 5 mai, date où les Allemands capitulent devant le front du maréchal Montgomery, le 2e Corps canadien a capturé Oldenburg, et le 1er Corps tient la ligne Grebbe tandis que, avec l'accord des Allemands, on envoie de la nourriture à la population affamée de l'Ouest des Pays-Bas. Au total, la campagne se solde par 11 336 pertes de vie pour l'armée canadienne, dans laquelle environ 237 000 hommes et femmes ont servi dans le Nord-Ouest de l'Europe.
Participation à la campagne aérienne
L'effort de guerre de l'Aviation royale du Canada (ARC) tient en grande partie au fait qu'elle dirige le PROGRAMME D'ENTRAÎNEMENT AÉRIEN DU COMMONWEALTH. Un grand nombre de Canadiens servent dans la Royal Air Force (RAF) britannique, ce qui retarde l'expansion d'une aviation proprement canadienne outre-mer. Néanmoins, lorsque l'Allemagne capitule, l'ARC compte 48 escadrons outre-mer, dont les officiers et les hommes sont presque tous des Canadiens. Une étape marquante est la formation, le 1er janvier 1943, du 6e Groupe de l'ARC au sein du Bomber Command de la RAF. Ce groupe finit par compter 14 escadrons et est commandé successivement par les vice-maréchaux de l'air G.E. Brookes et C.M. MCEWEN. La mission du Bomber Command consiste à bombarder l'Allemagne la nuit, entreprise extrêmement dangereuse qui exige un courage inflexible; près de 10 000 Canadiens y perdent la vie.
Les aviateurs canadiens opèrent dans tous les théâtres de guerre à partir de bases situées au Royaume-Uni, en Afrique du Nord, en Italie, dans le Nord-Ouest de l'Europe et dans l'Asie du Sud-Est. En Amérique du Nord, des escadrons travaillent à des opérations anti-sous-marines au large de la côte atlantique et collaborent avec les forces aériennes américaines contre les Japonais dans les îles Aléoutiennes. Sept escadrons de l'ARC servent à un moment ou l'autre dans l'aviation côtière de la RAF au-dessus de l'Atlantique, et les appareils de l'ARC détruisent ou contribuent à détruire 20 sous-marins ennemis. Pendant la campagne du Nord-Ouest de l'Europe en 1944-1945, l'ARC déploie 17 escadrons, dont 15 dans le 83e Groupe de la 2e Force aérienne tactique de la RAF. Pendant la guerre, 232 632 hommes et 17 030 femmes servent dans l'ARC, et on compte 17 101 pertes de vie.
Guerre maritime
La Marine royale du Canada est minime en 1939, mais elle connaît une expansion remarquable pendant la guerre : 99 688 hommes et environ 6500 femmes s'y enrôlent pendant la guerre et forment les équipages de 471 navires de guerre de divers types. Sa fonction principale est de former des convois afin de protéger les navires qui transportent les troupes et le ravitaillement outre-Atlantique. Elle effectue une part de plus en plus grande de ce travail, menant des batailles acharnées qui durent parfois plusieurs jours contre des bandes de sous-marins U-boot. Une forte expansion de la marine engendre des problèmes de croissance. En 1943, il faut prendre des mesures pour améliorer l'équipement technique des navires d'escorte et parfois aussi l'entraînement de leurs équipages. Pendant la guerre, la marine coule ou aide à couler 33 sous-marins ennemis.
Après la Conférence sur les convois atlantiques, tenue à Washington en mars 1943, on constitue le commandement canadien du secteur du Nord-Ouest de l'Atlantique, chargé de protéger la région située au nord de New York et à l'ouest du 47e méridien. Un officier canadien, le contre-amiral L.W. MURRAY, est responsable des convois dans cette région. En plus de leur rôle principal en tant que participants à la BATAILLE DE L'ATLANTIQUE, les unités navales canadiennes contribuent à bon nombre de campagnes. Ainsi, elles appuient les débarquements alliés de novembre 1942 en Afrique du Nord, et la Marine royale fournit environ 110 navires et 10 000 hommes lors des opérations de juin 1944 en Normandie.
Pendant la guerre, la marine perd 24 navires de guerre, allant du destroyer de classe « Tribal »Athabaskan, coulé dans la Manche en avril 1944, au yacht armé Raccoon, torpillé dans le Saint-Laurent en septembre 1942 (voir SOUS-MARINS ALLEMANDS, OPÉRATIONS DES). Elle enregistre aussi 2024 pertes de vie.
Contribution industrielle
La contribution industrielle du Canada à la victoire est considérable, malgré un lent début. Après les défaites européennes des Alliés en 1940, les commandes d'équipement de la Grande-Bretagne, qui étaient minimes, deviennent énormes. La création du MINISTÈRE DES MUNITIONS ET DES APPROVISIONNEMENTS, prévue en 1939, devient effective en avril 1940, et C.D. HOWE en est le ministre. En août 1940, la loi modifiée confère au ministre des pouvoirs presque dictatoriaux, et l'effort industriel augmente énormément sous son régime. Diverses SOCIÉTÉS DE LA COURONNE sont constituées en vue de fonctions spéciales, de nouvelles usines sont construites, et d'anciennes sont adaptées à la production de guerre.
Alors que le Canada n'a guère produit autre chose que des obus pendant la Première Guerre mondiale (il n'a fabriqué aucune arme, sauf le FUSIL ROSS), il produit cette fois une grande variété de fusils et d'armes légères. Il construit un grand nombre de navires, particulièrement des navires d'escorte et des cargos, et produit des aéronefs en quantité, notamment des bombardiers Lancaster, mais la plus remarquable réussite du programme est la production de 815 729 véhicules militaires. Des chars d'assaut sont fabriqués, surtout avec des éléments importés des États-Unis, et plus de la moitié du matériel produit est envoyé en Grande-Bretagne. Il est impossible pour la Grande-Bretagne de tout payer. Le Canada, pour contribuer à la victoire et pour que ses usines continuent de fonctionner, en finance une grande partie. Au début de 1942, un DON D'UN MILLIARD DE DOLLARS est destiné à cette fin. L'année suivante, un programme d'AIDE MUTUELLE est lancé afin d'aider les Alliés en général, mais, en pratique, c'est surtout la Grande-Bretagne qui en bénéficie encore. Pendant la guerre, l'aide du Canada à la Grande-Bretagne se chiffre à quelque trois milliards de dollars.
Le Canada participe peu au développement de l'énergie atomique, entreprise destructrice dont on est informé lorsque des bombes atomiques sont lancées contre le Japon en août 1945. Le Canada possède une source d'uranium près du Grand lac de l'Ours. C'est pourquoi les Alliés mettent Mackenzie King dans le secret en 1942, et le gouvernement du Canada fait l'acquisition de la mine pendant l'été. Une équipe scientifique qui travaillait au projet en Angleterre est transférée au Canada.
La tension monte entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, mais les deux pays concluent, à la conférence de Québec en septembre 1943, une entente qui accorde notamment au Canada de légers pouvoirs de décision. Un comité d'orientation canadien décide en 1944 de construire un réacteur atomique à Chalk River, en Ontario. Le premier réacteur de l'endroit n'est opérationnel qu'après la capitulation du Japon. Le Canada ne participe pas à la production des bombes lancées contre le Japon, à moins qu'elles ne contiennent un peu d'uranium canadien, ce qui semble impossible à déterminer.
Le Canada ne joue aucun rôle réel dans la haute direction de la guerre. Un tel rôle serait extrêmement difficile à obtenir, et King ne fait jamais d'efforts sérieux pour le revendiquer. Il calcule peut-être que, s'il le faisait, cela nuirait à ses relations personnelles avec le premier ministre britannique Winston Churchill et avec le président américain Franklin D. Roosevelt, qu'il juge politiquement très importantes pour lui.
La stratégie des Alliés occidentaux est élaborée par le comité conjoint des chefs d'état-major, formé uniquement d'Anglais et d'Américains. Le comité prend ses décisions les plus importantes au cours de conférences périodiques qu'il tient avec les chefs d'État, et deux d'entre elles ont lieu à Québec, mais, même à ces conférences, la participation de King se limite à l'accueil. Curieusement, bien que l'utilisation des forces canadiennes soit décidée par le comité conjoint des chefs, le Canada n'est officiellement informé de l'existence du comité qu'à la fin de 1941. Même la souveraineté du Canada est à peine reconnue officiellement. Alors que les directives des commandants alliés pour la guerre contre le Japon sont émises au nom des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, la directive adressée au général Dwight D. Eisenhower, commandant suprême dans le Nord-Ouest de l'Europe à qui sont subordonnées des forces canadiennes considérables, ne fait aucune mention du Canada.
Conscription
Les pires problèmes politiques qui se posent au Canada pendant la guerre ont trait à la question de la conscription, et les libéraux de son propre parti causent plus de difficultés à King que l'opposition. Les élections du 26 mars 1940, tenues avant que la guerre prenne une tournure critique, indiquent que le pays est satisfait d'un effort de guerre limité et donnent à King une majorité confortable. Le manque d'enthousiasme du Canada français pour la guerre et spécialement son rejet de la conscription sont aussi évidents que pendant la Première Guerre mondiale. Environ 4 p. 100 seulement de la population du Québec s'enrôle volontairement, contre environ 10 p. 100 dans le reste du pays. L'agitation menée au Canada anglais en faveur de la conscription outre-mer amène King à tenir, en 1942, un plébiscite dans lequel le gouvernement demande à être délié de sa promesse, ce qui lui est massivement accordé par toutes les provinces sauf le Québec. Toutefois, cet enthousiasme en faveur de la conscription au Canada anglais ne signifie rien de concret. Quand Arthur MEIGHEN redevient chef conservateur et réclame la conscription outre-mer, il n'arrive pas à se faire élire, même dans une circonscription de Toronto. Toutefois, l'ambiance se modifie lorsque les pertes s'alourdissent.
Après la campagne de Normandie en 1944, l'infanterie manque de renforts, et le ministre de la Défense nationale, le colonel J.L. RALSTON, déclare au Cabinet que l'heure de la conscription outre-mer est arrivée. King, qui semble avoir acquis la certitude que des ministres conspirent pour le renverser et le remplacer par Ralston, destitue ce dernier et le remplace par McNaughton. Celui-ci ne réussit pas à convaincre beaucoup de conscrits pour le service au pays de se porter volontaires pour servir outre-mer, et King, menacé de démission par les ministres favorables à la conscription, ce qui ferait tomber son gouvernement, accepte d'envoyer outre-mer un fort contingent de conscrits. Le Québec accepte la situation à contrecoeur, préférant le régime de King à tout gouvernement conservateur, et le pouvoir du premier ministre reste solide jusqu'à la fin de la guerre.
Le Canada ne participe guère à la conclusion de la paix. Les grandes puissances, qui ont monopolisé la direction de la guerre, continuent de tout faire seules. La soi-disant conférence de paix, tenue à Paris à l'été 1946, ne donne aux Alliés de moindre importance, comme le Canada, la possibilité de commenter les arrangements déjà conclus. Le Canada ne signe des traités qu'avec l'Italie, la Hongrie, la Roumanie et la Finlande. Aucun traité n'est signé avec l'Allemagne par suite de la division du pays, dont l'Est passe sous la domination de l'URSS. En 1951, comme d'autres puissances occidentales, le Canada met fin à l'état de guerre avec l'Allemagne par proclamation royale. La même année, un traité de paix avec le Japon, rédigé par les États-Unis, est signé par la plupart des États alliés, dont le Canada, mais pas par les pays communistes.
Coût et importance
Financièrement, le coût de l'effort de guerre canadien est astronomique. Pour l'année financière 1939-1940, le Canada dépense la modeste somme de 118 millions de dollars. L'année suivante, les dépenses passent à près de 752 millions de dollars. Le sommet est atteint en 1943-1944 avec environ 4,6 milliards de dollars. Le total pour les 11 années financières allant de 1939-1940 à 1949-1950 se chiffre à près de 22 milliards de dollars. D'autres coûts attribuables à la guerre continuent de s'accumuler. Pendant la guerre, un peu plus d'un million de Canadiens et de Canadiennes servent à plein temps dans les trois armées. Moins de sang est versé que pendant la Première Guerre mondiale, mais le bilan de 42 042 pertes de vie est quand même tragique.
Auteur C.P. STACEY Révision : NORMAN HILLMER
Bibliographie
J.A. Boutilier (dir.), The RCN in Retrospect 1910-1968 (1982); W.A.B. Douglas et Brereton Greenhous, Out of the Shadows (1995) et The Creation of a National Airforce (1986; trad. La création d'une aviation militaire nationale, 1987); J.L. Granatstein, Canada's War (1975); Brereton Greenhous et coll., The Crucible of War (1994); Marc Milner, North Atlantic Run (1985); G.W.L. Nicholson, The Canadians in Italy (1956); C.P. Stacey, Arms, Men and Governments (1970; trad. Armes, hommes et gouvernements, 1970), Canada and the Age of Conflict, vol. II (1981), Six Years of War (1955) et The Victory Campaign (1960); G.N. Tucker, The Naval Service of Canada, vol.II (1952).
Liens supplémentaires
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