L'expression « annuelles d'hiver » est réservée aux cultures qui sont plantées et qui germent en automne, passent l'hiver en dormance, recommencent à croître au printemps pour être récoltées en juillet ou en août. Une classification plus utile des cultures, qui repose sur l'usage commercial général, les divise en CÉRÉALES, en FOURRAGES, en OLÉAGINEUX, en cultures fruitières, en BAIES, en LÉGUMES et en cultures spéciales. Les céréales sont des plantes produites pour leurs grains mûrs (par exemple le BLÉ, l'AVOINE, l'ORGE, le SEIGLE et le MAÏS).
Les cultures fourragères sont des plantes qui servent à nourrir le bétail. Elles sont récoltées et stockées jusqu'à leur consommation ou broutées sous forme de cultures de pâture ou de prairie (par exemple les GRAMINÉES comme la fléole des prés et le brome, les LÉGUMINEUSES comme le TRÈFLE et la LUZERNE).
Lorsque les céréales (en particulier le maïs) sont récoltées sous forme de plantes entières, hachées et données comme aliments au bétail, elles sont considérées comme des fourrages ou des cultures fourragères.
Les oléagineux sont cultivés pour leurs graines riches en huile (par exemple le soja, le tournesol, le lin, le canola). Les cultures fruitières sont des fruits ou des fruits à coque comestibles (par exemple les pommes, les pêches, les poires, les noix). Les baies sont de petits fruits charnus qui croissent sur des plantes grimpantes ou rampantes ou de petits arbustes (par exemple les fraises, les framboises, les groseilles, les bleuets, les raisins). Les légumes sont des plantes herbacées qu'on mange entièrement ou partiellement, crues ou cuites (par exemple les carottes, les oignons, les tomates, la laitue). La pomme de terre est un légume commercial, mais aussi une culture de plein champ quand l'emblavure est grande.
L'expression « cultures spéciales » désigne les cultures qui n'entrent dans aucune autre catégorie (par exemple le tabac, le sarrasin) ou des cultures légumières commercialisées d'une façon différente, comme les pois, les haricots ou les lentilles, qui sont produits comme des cultures de plein champ, mis en silos, puis vendus sous forme de graines.
Conditions de culture au Canada
La superficie totale des terres au Canada est de 9,2 milliards d'hectares, mais seulement 45,6 millions d'hectares (5 p. 100) sont des terres agricoles améliorées. Une superficie supplémentaire de 24 millions d'hectares de prairies et de pâturages sauvages, la plupart dans les provinces des Prairies et en Colombie-Britannique, est utilisée par les grands éleveurs. Les régions nordiques des Prairies et l'enclave argileuse du Nord de l'Ontario et du Québec comprennent quelque 15 millions d'hectares qui pourraient servir à la production agricole, mais les sols sont à peine mis en valeur et une très brève période de végétation fait en sorte que leur potentiel est nettement inférieur à celui des terres agricoles exploitées actuellement.
La superficie des terres les plus productives est de 41 millions d'hectares de cultures et de jachères. La jachère, l'état d'une terre laissée sans culture, est une façon de conserver l'humidité du sol et fait partie de la rotation culturale dans les Prairies. Les provinces des Prairies possèdent environ 82 p. 100 des terres agricoles au Canada, l'Ontario, 8 p. 100, et les autres provinces se partagent le reste.
Le Canada fait partie de la zone tempérée nordique. Toutes les terres agricoles des Prairies se trouvent au nord du 49e parallèle. L'activité agricole productive dépend donc des cultures qui mûrissent tôt, si elles sont semées au printemps, ou des cultures rustiques, s'il s'agit d'annuelles, de bisannuelles ou de vivaces d'hiver. Contrairement à de nombreux producteurs des zones tropicales et subtropicales qui peuvent avoir au moins deux récoltes par année, les agriculteurs canadiens ne peuvent compter que sur une récolte annuelle. L'immensité du Canada et les variations de son climat excluent tout énoncé général précis, mais on peut avancer que la croissance des cultures autres que les cultures fourragères et les cultures d'herbes n'est sûre que de mai à septembre, sauf dans les plaines inférieures de la Colombie-Britannique et du Sud de l'Ontario (où des cultures moins rustiques survivent).
Vers la fin de mai, les jardiniers de tout le pays peuvent transplanter les PLANTES ORNEMENTALES et les plantes potagères qui ont démarré dans des SERRES. La probabilité des gelées printanières tardives après cette date est faible. Les gelées précoces automnales surviennent en septembre. La période sans gel dure donc de 100 à 120 jours.
Les étés canadiens sont habituellement très chauds, les températures dépassant souvent 30°C. Les températures élevées, alliées à un ensoleillement suffisant, font pousser les cultures rapidement, mais le climat étant continental, une grande partie des terres agricoles du Canada (surtout celles des provinces des Prairies) souffrent d'un manque d'humidité. Quelques céréales sont produites avec seulement 375 mm de pluie, mais, habituellement, les périodes d'humidité surviennent à temps pour assurer une croissance estivale rapide. Une superficie de 545 068 ha est irriguée dans les provinces des Prairies.
Les sols canadiens se sont formés sous des régimes de pluie différents et dépendent des propriétés inhérentes des matières qui les composent. Ils sont donc alcalins ou acides. En général, les sols de l'Ouest sont alcalins, et ceux de l'Est sont acides. On peut améliorer les sols acides en les chaulant, mais cette méthode coûte cher, et il faut y avoir recours chaque année. Certaines provinces subventionnent le chaulage. Dans l'Est du Canada, des nappes phréatiques plus hautes et un faible drainage diminuent la capacité des sols de produire certaines cultures. Au printemps, des inondations peuvent survenir dans certaines régions du pays.
Au début de la colonisation du Canada, les colons pratiquaient une agriculture de subsistance. C'est encore le cas dans certaines régions reculées ou dans des fermes isolées, mais, en général, la production végétale s'est spécialisée pour générer des profits monétaires. Comme l'augmentation du prix des terres nécessitait un plus grand rendement à l'hectare, les producteurs ont dû se spécialiser. Le choix d'une culture est dicté par la région géographique, la latitude et l'humidité. La production de la plupart des cultures est donc conditionnée par des facteurs régionaux.
La plupart des cultures de blé, d'avoine, d'orge, de seigle, de lin, de canola, de moutarde et de tournesol croissent dans les Prairies. Le blé et la jachère occupent environ un tiers de la superficie totale. Le soja, le tabac et les haricots poussent surtout en Ontario; le fourrage et le maïs, en Ontario et au Québec; les fruits, en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse. La pomme de terre est cultivée dans toutes les provinces, alors que la betterave sucrière l'est au Manitoba et, s'il y a irrigation, en Alberta.
Écoulement des cultures
En 1991, il y avait 280 043 fermes au Canada, alors qu'on en comptait 318 361 en 1981. La taille des fermes individuelles varie énormément. Selon la définition du recensement, les fermes peuvent avoir n'importe quelle taille tant qu'elles vendent un produit, que ce soit du miel ou du blé, ou elles peuvent être des propriétés très étendues appartenant à des sociétés de capitaux, avec des ventes de plusieurs milliers de dollars. Ce dernier groupe ne correspond qu'à environ 24 p. 100 des producteurs, mais représente plus de 70 p. 100 de toute la production agricole. Un large éventail de cultures sont pratiquées dans toutes les régions du Canada, et le mode d'écoulement des produits varie selon la taille de la ferme et le type de production.
Les principaux producteurs de céréales, d'oléagineux et de quelques cultures spéciales vendent leur production au comptant. Dans les provinces des Prairies, les producteurs de ces cultures ont coutume de stocker à la ferme une partie de la production et de livrer le reste des produits à des silos, où ils sont classés et entreposés puis expédiés à des silos terminus pour la vente sur le marché intérieure ou étranger.
Le prix est établi en fonction du classement et de la quantité. Le classement dépend de la pureté du type, du bon état, de la maturité et du poids spécifique. Comme le temps au moment de la récolte peut grandement influencer la qualité des céréales, le classement varie selon l'année, la région et la variété exploitée. En Ontario, une province grande productrice de blé d'hiver, de soja, de maïs et de haricots de plein champ, les producteurs stockent très peu à la ferme. Ils comptent sur les sociétés agroalimentaires qui achètent de grandes quantités de produits moissonnés en automne.
De nombreux agriculteurs produisent des céréales et des fourrages pour nourrir leur bétail. Certains produisent du foin pour le vendre au comptant, mais la plupart le conservent pour leur propre usage. D'autres cultures fourragères servent de pâtures et de prairies pour la production bovine.
Beaucoup de jardiniers canadiens cultivent des légumes, des baies et des fruits pour leur propre usage. Les propriétaires de plus grandes fermes vendent leurs produits sur place (par exemple la cueillette des fraises par les clients) ou tiennent des kiosques de vente de fruits et légumes le long des routes. Normalement, ceux qui pratiquent une agriculture de subsistance vivent des produits de leur ferme, mais il arrive qu'ils arrondissent leur revenu par des ventes. Les maraîchers cultivent des légumes pour les marchés locaux ou ils les expédient dans de grandes zones urbaines. Des cultures de fruits, de pommes de terre, de tabac, de betteraves sucrières et de légumes sont produites pour être vendues par l'intermédiaire d'un système de mise en marché.
Le Canada est depuis longtemps un exportateur de produits agricoles, surtout de céréales et d'oléagineux. Il importe principalement des fruits, des légumes et des produits spéciaux, comme le sucre.
Auteur J.W. MORRISON
Liens supplémentaires
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Vaste source d’information sur l’agriculture canadienne et les programmes gouvernementaux en la matière. Par Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Agence canadienne d’inspection des aliments
L'Agence canadienne d'inspection des aliments a pour mandat d'assurer la salubrité de l'approvisionnement alimentaire du Canada, la santé des animaux et la protection des espèces végétales dont dépendent la salubrité et la qualité supérieure des aliments.
Le silo de la Saskatchewan
Cette exposition présente une réplique grandeur nature d'un silo-élévateur des Prairies. Par le Musée canadien des civilisations.
Commission canadienne du blé
Le site Web de la Commission canadienne du blé.
Glossaire : Classification des sols et des paysages agricoles de premier choix et marginaux
L'Institut canadien des politiques agro-alimentaires
L'Institut canadien des politiques agro-alimentaires souhaite favoriser un dialogue national sur les questions agricoles et agroalimentaires en s’attaquant aux politiques qui permettront au Canada de prospérer sur le marché mondial de l’agroalimentaire.


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