Le 15 octobre, le gouvernement du Québec demande l'aide des Forces armées canadiennes pour prêter main forte à la police locale. Le 16 octobre, le gouvernement fédéral déclare un état d' « insurrection appréhendée » aux termes de la LOI SUR LES MESURES DE GUERRE. En application des règlements d'état d'urgence, le FLQ est frappé d'interdiction, les libertés normales sont suspendues, puis des arrestations et détentions sans mise en accusation sont autorisées. Au Québec, plus de 450 personnes sont détenues. La plupart sont par la suite libérées sans comparution ni mise en accusation.
Le 17 octobre, le cadavre de Pierre Laporte est découvert dans le coffre d'une voiture près de l'aéroport de Saint-Hubert. Au début décembre 1970, la cellule qui détient James Cross est découverte par la police et la libération de l'otage est négociée en échange d'un sauf-conduit à destination de Cuba pour les kidnappeurs et des membres de leurs familles. Quatre semaines plus tard, le second groupe est dépisté. Ses membres sont arrêtés, puis, lors de leur procès subséquent, sont déclarés coupables d'enlèvement et de meurtre. En décembre 1970, les règlements en application de la Loi sur les mesures d'urgence sont remplacés par des règlements analogues en vertu de la Loi de 1970 concernant l'ordre public (mesures provisoires), qui devient caduque le 30 avril 1971. La réaction fédérale à l'enlèvement provoque une intense controverse. Selon les sondages d'opinion, une majorité écrasante de la population canadienne appuyait les mesures prises par le Cabinet. Toutefois, les nationalistes québécois et les défenseurs de libertés civiles à la grandeur du pays condamnent ces mesures comme étant excessives. Les gens qui appuient les mesures font valoir que l'élimination du terrorisme au Québec atteste le succès de l'intervention. Par contre, la disparition du terrorisme peut tout aussi bien s'expliquer par la répugnance éprouvée par le public à l'endroit du terrorisme politique et la croissance soutenue du mouvement séparatiste démocratique dans les années 70, qui aboutit à l'élection (en 1976) d'un gouvernement dirigé par le PARTI QUÉBÉCOIS.
Après la crise, le Cabinet fédéral donne des directives ambiguës au Service de sécurité de la GRC, permettant des actions douteuses qui seront plus tard qualifiées d'illégales par la COMMISSION D'ENQUÊTE SUR CERTAINES ACTIVITÉS DE LA GENDARMERIE ROYALE DU CANADA et la Commission d'enquête sur des opérations policières en territoire québécois (commission Keable), au Québec. En 1970, John TURNER, ministre fédéral de la Justice, justifie le recours à la Loi sur les mesures de guerre comme moyen de contrer l'érosion de la volonté publique au Québec. Le premier ministre Robert BOURASSA avoue lui aussi que l'intervention visait à rallier l'appui du public, plutôt qu'à réprimer une « insurrection appréhendée ».
Auteur DENIS SMITH
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