Origine du nom
Le nom de ce peuple provient d'un groupe d'Autochtones vivant près de la baie James que les Français appelaient Kiristinons, nom qui s'est par la suite transformé en Cri (épelé « Cree » en anglais). La plupart des Cris n'utilisent ces noms que lorsqu'ils parlent ou écrivent en anglais et en français. Entre eux, ils portent des noms propres à leur région. Ils occupent un territoire qui s'étend de l'Alberta au Québec, ce qui représente la plus vaste répartition géographique autochtone du Canada.

Langue
La langue crie appartient à la famille linguistique algonquienne et, à l'origine, les Cris entretiennent des relations avec d'autres groupes parlant cette langue, plus particulièrement avec les INNUS (MONTAGNAIS-NASKAPIS), les ALGONQUINS et les OJIBWÉS.
Changements radicaux
À la fin du XVIIIe et au XIXe siècle, bon nombre des Cris les plus à l'ouest délaissent rapidement leur condition de trappeurs et de chasseurs en forêt pour réussir brillamment à se transformer en guerriers à cheval et en chasseurs de bisons. La variole, l'extinction des troupeaux de bisons et les TRAITÉS INDIENS entraînent, dans les années 1880, la ruine des Cris des Plaines et des autres groupes ayant une culture dépendante du cheval. Depuis qu'ils sont obligés d'habiter dans des RÉSERVES INDIENNES, ils vivent de culture, d'élevage et de travail occasionnel, mais la majorité des Cris gardent leur langue et leur religion.
Traditions durables
Durant cette même période, de nombreux Cris continuent à vivre dans la forêt boréale et la toundra dans le Nord, où la culture est remarquablement préservée. À l'origine, ils vivent de chasse à l'orignal, au caribou, au petit gibier, à l'oie et au canard ainsi que de pêche. De plus, ils fument le poisson pour le conserver. Ils voyagent en CANOT D'ÉCORCE pendant l'été, en RAQUETTES À NEIGE et en TOBOGGAN pendant l'hiver. Ils vivent dans des huttes coniques ou en forme de dôme recouvertes de peaux d'animaux. Ils fabriquent des outils de bois, d'os, de cuir et de pierre. Pendant une période indéterminée, ils se livrent à un commerce sporadique avec des peuplades vivant plus au sud. Plus tard, ils se livrent au troc de fourrures, de viande et d'autres produits contre des outils en métal, de la ficelle et des produits venus d'Europe.
Relations sociales
Pendant la majeure partie de l'année, les Cris vivent en petites BANDES ou groupes de chasseurs et se rassemblent en plus grand nombre durant l'été pour fraterniser, troquer et participer à des cérémonies. Leur vie religieuse est fondée sur leurs relations avec les animaux et les esprits qui se manifestent dans les songes. Les membres de la tribu s'efforcent de se respecter mutuellement au nom d'un idéal éthique commandant de ne pas intervenir dans les affaires d'autrui et dans lequel chacun est responsable de ses actes et de leurs conséquences. La nourriture est toujours la priorité absolue, et on la partage lors des moments difficiles ou lors des réjouissances où tous se réunissent autour d'un festin. Malgré un idéal communautaire et égalitaire, certains sont considérés comme plus puissants que d'autres, tant dans les activités pratiques de la chasse que dans les activités spirituelles qui influencent d'autres personnes. Les chefs détiennent une certaine autorité lors des expéditions de chasse, des attaques et du troc mais, dans les autres activités, leur idéal se résume à diriger par leur conduite exemplaire et leurs conseils discrets.
Influences euro-canadiennes
Les commerçants européens représentent alors pour les Cris une nouvelle forme d'autorité à laquelle, toutefois, ils ne sont confrontés que lorsqu'ils vont dans les postes de traite, car peu de Blancs s'aventurent dans les bois. Ceux-ci, pendant de nombreuses années, dépendent des Autochtones pour s'approvisionner en viande fraîche. Progressivement, un nombre croissant de Cris s'installent près des postes, chassant, exécutant divers petits travaux et participant aux activités de l'Église, des écoles et des postes infirmiers; des missionnaires chrétiens suivent peu après. Leurs messages religieux sont pris au sérieux, mais avec précaution.
Des traités sont signés avec tous les Cris, sauf ceux du Québec. Les traités leur assurent la protection du Canada, mais donnent aux gouvernements fédéral et provincial le droit d'intervenir dans la culture traditionnelle des Cris. Les services gouvernementaux, les programmes de santé et l'éducation, y compris les pensionnats, sont généralement administrés par des missionnaires et des négociants jusqu'au milieu du XXe siècle. Les pensionnats ont deux effets durables. Tout d'abord, les enfants sont séparés de leurs familles et de leurs collectivités, ce qui les empêche de se développer au sein de leur culture. Le premier ministre Stephen Harper présente en 2008 des excuses officielles pour cet héritage de préjudices. Ensuite, les pensionnats permettent aux Autochtones d'acquérir des compétences biculturelles qui leur servent de base d'autonomie gouvernementale politique et administrative.
Au XXe siècle, c'est l'exploitation par les sociétés des ressources naturelles qui entraîne le changement le plus radical. Au Québec, la CONVENTION DE LA BAIE JAMES ET DU NORD QUÉBÉCOIS concernant le projet de barrages hydroélectriques dans la baie James requiert un traité qui est négocié dans les années 1970 et qui constitue le premier pas vers l'autonomie gouvernementale autochtone des Cris du Québec. Depuis, sont signées d'autres conventions entre les Cris du Québec, le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral. Les Cris sont aussi au cœur des négociations des Nations Unies, notamment de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007).
Situation actuelle
Aujourd'hui, beaucoup de Cris résident dans des villages pendant la majeure partie de l'année. D'autres ont émigré vers des villes, bien que cela ne soit souvent que pour des séjours temporaires. Les grands objectifs que poursuivent actuellement les Cris sont l'AUTONOMIE GOUVERNEMENTALE DES AUTOCHTONES et le développement économique. Ils ont atteint une bonne partie de leurs objectifs, bien que certaines batailles subsistent. Les Cris du lac Lubicon, en Alberta, et d'autres Cris des Premières Nations du Canada tentent depuis des décennies de négocier avec les sociétés de développement et les gouvernements.
Plusieurs Cris ont joué un rôle à l'échelle nationale dans l'atteinte des objectifs des Autochtones canadiens. Parmi eux, nommons les chefs de l'ASSEMBLÉE DES PREMIÈRES NATIONS Noel Starblanket, David Ahenakew, Ovide MERCREDI et Matthew CoonCome.
Voir aussi AUTOCHTONES : LES PLAINES; AUTOCHTONES : LA RÉGION SUBARCTIQUE et les articles généraux sous la rubrique AUTOCHTONES.
Auteur RICHARD J. PRESTON
Bibliographie
D. Ahenakew, Voices of the Plains Cree (1977); J. Helm, éd., Handbook of North American Indians, vol. 6: Subarctic (1981); D. Mandelbaum, The Plains Cree (1979); R. Preston, Cree Narrative: Expressing the Personal Meanings of Events (2002); T. Morantz, The Whiteman's Gonna Getcha (2002).
Liens supplémentaires
L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.
Le Concours canadien de rédaction pour Autochtones
Site Web du Concours canadien de rédaction & d’arts pour Autochtones. Par l'Institut Historica-Dominion.
Regards de Cris
Des vidéos et une vaste collection d’œuvres d’art de l’artiste cri Allen Sapp illustrent la vie et la culture des Cris des plaines du Nord. Un site du Musée virtuel du Canada.
Lieu historique national du Fort-Battleford
Ce site de Parcs Canada commémore le quartier général de la Police à cheval du Nord-Ouest établi en 1876 à Battleford, en Saskatchewan. Le site comporte des notes détaillées sur Big Bear, Poundmaker, les Cris, Sir Frederick Dobson Middleton, la rébellion du Nord-Ouest, la bataille de la colline Cut Knife, et autres sujets connexes.
Oujé-Bougoumou
Site officiel de la nation crie d’Oujé-Bougoumou.
Four Directions Teachings
Les aînés et les enseignants de la culture et de la tradition représentant différents peuples des Premières-Nations, soit les Pieds-Noirs, Cris, Ojibwés, Mohawks et Mi'kmaqs partagent leurs connaissances à propos de leur culture. Des graphiques virtuels donnent vie à la tradition orale. Ce site offre de plus les biographies des participants, leurs transcrits et des ressources exhaustives d'apprentissage pour les enseignants et les élèves. En anglais, avec sous-titres français.
ONF : Chefs amérindiens
Dans cette série relatant l'épopée amérindienne en Amérique du Nord, les descendants de Sitting Bull, Pontiac, Joseph Brant, Black Hawk et Poundmaker racontent comment ces cinq grands chefs ont contribué à façonner l'histoire du continent nord-américain. Par l'ONF.
Autochtones au Québec
Site d'information sur les autochtones au Québec. Par le site web du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien.
Danses Indigènes
Le projet internet Danses Indigènes est un vaste dialogue sur la culture, l'histoire et les connaissances traditionnelles des Autochtones.
Crie de l'Est
Ce site est conçu comme une ressource pour les enseignants et les enseignantes de langue crie, les professeurs de litéracie, les traducteurs et les traductrices, les linguistes et quiconque s'intéresse fonctionnement de la langue crie.
La grande aventure de la baie James
Site Web dédié à le Projet de la baie James. Par Radio-Canada.
ISAPO-MUXIKA (Crowfoot)
Biographie détaillée de Issap'mahkikaaw (Crowfoot.) Par la Dictionnaire biographique du Canada en ligne.


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