Dès le début, la campagne de Hampton est remplie d'embûches. Approximativement 1 000 des miliciens new-yorkais qui font partie de son armée refusent de traverser la frontière et, pendant la bataille même, plusieurs officiers abandonnent leurs troupes et leur position pour se réfugier en lieu sûr. Les Canadiens, postés derrière des ouvrages défensifs extrêmement bien construits, font beaucoup de bruit - cris, acclamations et coups de clairon - pour semer la confusion. Hampton a donc de la difficulté à évaluer avec précision le nombre des forces ennemies.

Échec de la stratégie américaine
Au départ, le plan d'attaque américain semble prometteur, bien que précaire. Voyant les défenses canadiennes coincées entre la rivière à l'est et un marécage à l'ouest, Hampton embauche des guides pour mener une brigade (sous les ordres du colonel Robert Purdy) vers le nord afin qu'elle prenne position derrière la barricade de Salaberry. Hampton, accompagné d'une deuxième brigade dirigée par le général George Izard, lance alors une attaque frontale contre les troupes canadiennes.
Bien que, sur papier, le plan semble excellent, son exécution s'avère désastreuse. Le soir du 25 octobre, Purdy et plus de 2 000 hommes se mettent en route dans le but de trouver un moyen de percer les défenses canadiennes. Les guides n'étant pas fiables, les troupes s'égarent rapidement, puis errent dans les bois, faisant peu de progrès. Entre-temps, Hampton reçoit un message du secrétaire de la Guerre, John Armstrong, l'informant qu'on s'affaire à construire des casernes où ses hommes pourront passer l'hiver. Hampton en déduit que Washington n'a pas l'intention d'appuyer l'invasion. Découragé, mais incapable de rappeler Purdy, il met son plan à exécution le matin suivant.
Victoire des Canadiens à Châteauguay
L'escarmouche, théâtre d'intenses poussées et salves de tirs répétées de part et d'autre, dure plusieurs heures. Mais, comme les hommes de Purdy ne parviennent pas à prendre les défenses canadiennes de flanc, l'assaut contre la barricade n'est pas aussi efficace que l'espèrent Hampton et Izard. Sans vrai leadership, les hommes de Purdy se dispersent sous le feu des tireurs d'élite, et bon nombre d'entre eux abandonnent le combat. Les Américains sont d'autant plus désavantagés que leurs armes utilisent des munitions composées d'une balle et de chevrotines, célèbres pour leur imprécision. En effet, la plupart des projectiles terminent leur course dans les arbres environnants. À 15 heures, Hampton reconnaît l'échec de l'entreprise et ordonne le repli de ses hommes. Des rapports ultérieurs décrivent une retraite effectuée dans la panique et la peur, en particulier pour ce qui est des hommes de Purdy, que des guerriers autochtones poursuivent toute la nuit.
Moins sanglante que bien d'autres batailles livrées pendant cette guerre, il ne faut toutefois pas négliger les pertes de vie et les blessures subies lors de la bataille de la Châteauguay. Les pertes américaines s'élèvent à 23 morts et 33 blessés tandis que 29 hommes sont portés disparus. Les troupes de Salaberry s'en tirent mieux (sans doute grâce à leurs solides ouvrages défensifs); elles rapportent 2 morts, 16 blessés et 4 disparus.
Voir aussi : LIEU HISTORIQUE NATIONAL DU CANADA DE LA BATAILLE-DE-LA-CHÂTEAUGUAY
Auteur RENEE LAFFERTY
Liens supplémentaires
Lieu historique national du Canada de la Bataille-de-la-Châteauguay
Ce site de Parcs Canada présente une chronologie détaillée de la bataille qui eut lieu en 1813 sur les berges de la rivière Châteauguay, résume les origines de la guerre de 1812 et brosse le portrait de Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry.
Le projet de conquête de cette province est prématuré
Voyez l'article "Le projet de conquête de cette province est prématuré."
Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry
Une biographie de Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, officier dans l’armée et dans la milice, juge de paix, fonctionnaire, homme politique et seigneur. Par le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

« Pour honorer un acte de courage très évident ou pour rendre hommage à des actes de bravoure exceptionnels ou d'extrême attachement au devoir face à l'ennemi... »
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