La GLACE joue un rôle majeur dans l'HYDROLOGIE de la région qui repose en grande partie sur du PERGÉLISOL. Les lacs, fleuves et rivières sont navigables du 15 juin au 1er novembre, à l'extrémité nord du bassin du Mackenzie, et moins longtemps dans l'archipel Arctique. Dans les années 70, l'inquiétude qu'ont suscitée la construction de PIPELINES et ses conséquences dans la vallée du Mackenzie a mené à des études techniques, sociales et culturelles fort poussées. Les effets des corridors de TRANSPORT dans la vallée sur le fragile équilibre écologique entre les autochtones et leur environnement ont soulevé beaucoup de questions.
Le bassin du Pacifique
La région de la Cordillère (1,08 million de km2), située à l'ouest de la grande ligne de partage des eaux, va de la frontière des États-Unis, en Alberta et en Colombie-Britannique jusqu'au Yukon, près du delta du Mackenzie. Elle déverse ses eaux dans le Pacifique avec un débit moyen de 21 200 m3/s, équivalent à une hauteur d'eau annuelle sur la zone de 620 mm, la plus élevée au Canada. Ce débit est attribuable aux abondantes précipitations associées à l'air humide provenant du Pacifique que reçoivent les Rocheuses et les chaînes côtières. Toutefois, les apports varient beaucoup. Dans les vallées arides de l'intérieur, la hauteur d'eau est de 100 mm/an ou moins, et sur le littoral, elle peut atteindre 3200 mm/an.
Le fleuve FRASER (1368 km) traverse de spectaculaires canyons et de riches terres agricoles. Il arrose une superficie de 230 000 km2 en Colombie-Britannique. Son débit moyen est de 3620 m3/s, et i1 atteint son maximum en juin et son minimum en mars. Les risques d'inondation le long de son cours d'eau inférieur sont une source d'inquiétude depuis quelques années.
Le bassin du fleuve COLUMBIA (Sud-Ouest de la Colombie-Britannique) a un débit moyen de 2800 m3/s à la frontière des États-Unis. Une partie des eaux provient d'un bassin hydrographique de 50 000 km2 en territoire américain. Trois grands RÉSERVOIRS contribuent à lutter contre les INONDATIONS, surtout aux États-Unis. On pourra un jour y aménager des centrales hydroélectriques pouvant produire 4000 MW au Canada (voir BC HYDRO). La rivière Okanagan, affluent du Columbia, favorise la culture des fruits dans les vallées semi-arides.
Au moment du frai, le SAUMON remonte certains grands cours d'eau, comme le Fraser. D'autres rivières et fleuves, SKEENA, NASS et STIKINE, se jettent dans le Pacifique avec un débit moyen de 3800 m3/s. Le fleuve Yukon, dont la surface hydrographique couvre 800 000 km2, a un débit moyen de 2300 m3/s à la frontière de l'Alaska. Une fraction seulement du potentiel hydroélectrique de ces cours d'eau est exploitée. Le bassin du Pacifique favorise la pêche, l'agriculture et la production d'HYDROÉLECTRICITÉ et constitue une précieuse ressource pour l'industrie du BOIS, l'industrie des PÂTES ET PAPIERS, l'industrie minière (traitement du minerai) et les municipalités.
Le bassin de l'ouest de la baie d'Hudson et du Mississippi
Ce territoire (2,64 millions de km2) comprend tout le Manitoba, la plus grande partie de la Saskatchewan, le tiers sud de l'Alberta, la presque totalité du district du Keewatin, une partie de l'Ontario (à l'ouest du lac Supérieur) et une superficie d'environ 150 000 km2 en territoire américain. Une région de 27 500 km2 comprenant le Sud de la Saskatchewan et le Sud-Est de l'Alberta appartient au bassin du Mississippi qui aboutit au golfe du Mexique. Les principaux cours se déversant à l'ouest de la BAIE D'HUDSON sont les rivières HAYES, CHURCHILL, KAZAN et THELON et le fleuve NELSON. On estime à 9400 m3/s environ le débit moyen de ces cours d'eau.
La rivière Saskatchewan, le fleuve Nelson et leurs affluents arrosent le territoire le plus important (1 million de km2). Les rivières BOW, OLDMAN et SASKATCHEWAN du Nord et du Sud prennent leur source sur le versant est des Rocheuses et parcourent 1900 km à travers les plaines. Là, les étendues d'eau se drainent dans des marécages. Certains n'ont pas de déversoir, tandis que d'autres ne se déversent dans les cours d'eau principaux, qui alimentent une série de lacs dans le centre sud du Manitoba, que les années les plus humides. C'est là que se rejoignent la rivière ROUGE, venant du sud, et la rivière WINNIPEG, venant de l'est. Cette dernière arrose la région du lac des Bois, en Ontario, et descend au Minnesota. Les eaux du lac Winnipeg (24 000 km2) aboutissent à la baie d'Hudson par l'intermédiaire du fleuve Nelson.
À son embouchure, le débit moyen du Nelson est de 2370 m3/s, soit une hauteur d'eau annuelle d'environ 125 mm. Les principales sources des eaux du fleuve sont sur le versant est des Rocheuses, dans la région des lacs, au Manitoba, dans le Nord-Ouest de l'Ontario et aux États-Unis. Plus de 50 p. 100 de son débit annuel provient du territoire américain. Ce sont les quelques grands lacs et les centaines de lacs plus petits, couvrant 50 000 km2, qui régularisent son débit qui varie rarement plus de 30 p. 100 autour de sa moyenne annuelle. Il atteint son maximum en juillet et son minimum entre janvier et mars. Les importantes centrales aménagées sur les fleuves Nelson et Churchill offrent des perspectives considérables de développement.
Les rivières Saskatchewan Nord et Sud jouent un rôle important dans l'agriculture. Elles arrosent une région fertile dont la productivité est limitée par des précipitations irrégulières. Leur apport, ajouté à celui des rivières Bow et Oldman, est indispensable aux agglomérations et aux industries en Alberta et en Saskatchewan. La grande irrégularité des affluents a nécessité l'aménagement de nombreux barrages, qui permettent d'emmagasiner l'eau pendant les années d'abondance en prévision des années sèches.
Le bassin du sud et de l'est de la Baie d'Hudson
Ce territoire couvre 1,4 million de km2 et comprend la plus grande partie du Nord de l'Ontario et de l'Ouest et du Nord du Québec. Il y a au moins 15 bassins secondaires de 30 000 km2 ou plus. Les plus importants sont ceux du SEVERN, qui se jette dans la baie d'Hudson; d'ALBANY (134 000 km2), du MOOSE (108 000 km2), de LA GRANDE (98 000 km2), qui se jettent dans la BAIE JAMES; et du KOKSOAK (133 000 km2), qui se jette dans la BAIE D'UNGAVA. Le territoire, en plein Bouclier canadien, est constitué de roches cristallines anciennes. Les GLACIATIONS ont laissé d'innombrables lacs, étangs et marais. Dans certains secteurs, au moins 15 p. 100 du territoire est couvert d'eau douce. Ce sont ces lacs qui régularisent le débit des cours d'eau pendant toute l'année. Les eaux sont dans l'ensemble de bonne qualité et généralement peu touchées par l'activité humaine.
Si les rivières et les lacs sont couverts de glace six mois par année, l'eau continue néanmoins de couler. Les cours d'eau qui drainent le Sud atteignent leur minimum en mars, ceux qui se jettent dans la baie d'Ungava, en avril. Leur débit est à son maximum à la fin de mai ou en juin, après la débâcle. Environ 45 p. 100 du débit annuel se produit de mai à juillet, sauf pour les cours d'eau qui se jettent dans la baie d'Ungava, et environ 60 p. 100, de juin à août. Le débit moyen de l'ensemble des cours d'eau qui se jettent dans les baies James, d'Hudson et d'Ungava est d'environ 20 000 m3/s, ce qui correspond à une hauteur d'eau annuelle moyenne de 450 mm et représente environ 60 p. 100 des précipitations reçues. La région offre des perspectives hydroélectriques considérables. Le PROJET DE LA BAIE JAMES est l'un des plus importants du monde. En augmentant le débit moyen de la Grande Rivière de 1700 m3/s à 3000 m3/s, les centrales pourront produire 10 000 MW.
Le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent
Ce territoire couvre une région de 1 million de km2 en amont de Montréal et est dominé par les GRANDS LACS (245 000 km2). La moitié environ appartient au Canada. Le lac Michigan est tout entier aux États-Unis. La frontière passe par les lacs Supérieur, Huron, Érié, Ontario et Saint-Clair. La plus grande partie du bassin appartenant au Canada fait partie du Bouclier canadien, seule une faible partie se situe dans les BASSES-TERRES DU SAINT-LAURENT, qui comprennent la pointe sud de l'Ontario, entourée de la baie Georgienne, des lacs Huron, Saint-Clair, Érié, Ontario, et les lisières du fleuve Saint-Laurent. L'ensemble Grands Lacs - Saint-Laurent forme une importante voie navigable de près de 4000 km qui va de l'île d'Anticosti jusqu'en amont du lac Supérieur (voir aussi VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT).
Dans les basses-terres, la plupart des cours d'eau ont moins de 300 km de long. Ils jouent un rôle majeur dans l'industrie, l'agriculture et l'alimentation en eau des villes et offrent des possibilités de loisir à la population urbaine locale. L'utilisation intensive des terres situées dans le sud du bassin et la diversité des dépôts glaciaires entraînent une grande irrégularité des débits, des inondations locales et la détérioration de la qualité de l'EAU.
Le débit moyen de la rivière NIAGARA, à Queenston, entre les lacs Érié et Ontario, est de 5760 m3/s. Celui du Saint-Laurent à Cornwall, en aval des Grands Lacs, est de 6430 m3/s. Au confluent du fleuve et de la rivière des OUTAOUAIS, à Montréal, le débit moyen s'élève à 9800 m3/s, ce qui correspond à une hauteur d'eau moyenne annuelle de 300 mm dans l'ensemble du bassin. De tous les bassins du Canada, c'est celui du Saint-Laurent qui est le plus au sud. Ce facteur, associé à sa superficie assez considérable, est à l'origine de déperditions importantes par évaporation. Il est alimenté à environ 25 p. 100 à 30 p. 100 seulement par les précipitations. Cependant, les lacs, grâce à leurs dimensions, régularisent le débit.
Le bassin de l'Atlantique
Ce territoire comprend les cours d'eau qui se jettent dans le fleuve Saint-Laurent (à partir de l'est de Montréal), le GOLFE DU SAINT-LAURENT et l'océan Atlantique. Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l'Île-du-Prince-Édouard ainsi qu'une partie du Québec en font partie. Il couvre un million de km2.
À la hauteur de la Côte Nord et du Labrador, les eaux proviennent essentiellement du Bouclier canadien, couvert à 10 p. 100 ou 15 p. 100 de lacs. Le reste provient des Appalaches, plateau renfermant des roches cristallines et sédimentaires et couvert de sols minces. Les cours d'eau y sont courts et l'aire d'alimentation bien développée en raison des longues périodes d'érosion auxquelles elle a été soumise. Environ 9 p. 100 de la superficie de Terre-Neuve et 5 p. 100 de la superficie de la Nouvelle-Écosse sont constitués de lacs. En revanche, il y a peu de lacs au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard. Les plus importants des affluents du Saint-Laurent sont les rivières Manicouagan (45 000 km2) et Saguenay (88 000 km2). Au Labrador, le fleuve Churchill arrose 79 800 km2 avant de se jeter dans l'Atlantique. Au Nouveau-Brunswick, le fleuve SAINT-JEAN arrose 55 400 km2 avant de se jeter dans la BAIE DE FUNDY. De grandes centrales hydroélectriques ont été aménagées sur la plupart des cours d'eau importants.
Le débit de l'ensemble du bassin est en moyenne de 21 000 m3/s, ce qui équivaut à une hauteur d'eau annuelle de 650 mm ou à environ 50 p. 100 des précipitations annuelles. Le taux annuel de ruissellement est le plus faible dans la portion ouest du bassin de la rivière Saint-Maurice (17 l/s/km2) et le plus élevé au sud-ouest de Terre-Neuve (45 l/s/km2).
Les taux de ruissellement quotidien les plus faibles varient de 3 l/s/km2 (fleuve Churchill) à 1 l/s/km2 (rivières aux Outardes). De nombreux petits cours d'eau tarissent pendant une partie de l'été ou pendant l'hiver (à cause des glaces). Il existe des problèmes locaux liés à la qualité de l'eau dans les régions d'intenses activités agricoles, forestières et industrielles.
Voir aussi RÉGIONS GÉOLOGIQUES; ZONES DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE; COURS D'EAU QUI PROVIENT DE ET TRAVERSE LE CANADA : TABLE.
Auteur H.D. AYERS
Liens supplémentaires
Bibliothèque et Archives Canada
Accès à la vaste base de données bibliographique en ligne de la Bibliothèque nationale du Canada et aux expositions numérisées sur l’histoire et la culture canadiennes.
Bassins hydrographiques
Cette carte montre les cinq bassins versants océaniques au Canada, ainsi que les bassins fluviaux principaux, les aires de drainage interne et les aires de drainage dérivé.
Terres humides d'Ontario
Source détaillée d’information sur les terres humides d'Ontario. Par le site Web d'Environnement Canada.
Glossaire : L'Atlas du Canada en ligne
Glossaire bilingue des termes employés habituellement en géographie. Par le site Web du magazine Canadian Geographic.
Bassins de drainage
Information sur les bassins de drainage.


L'annonce du gouvernement fédéral demande des volontaires « capables de lire et d'écrire en anglais ou en français », bons cavaliers et dotés de « bons antécédents »...
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