Premiers contacts avec des Européens
Plus tard, des marchands et des explorateurs, dont LA VÉRENDRYE (dans les années 1730), Anthony HENDAY (1754-1755) et Alexander Henry fils (dans les années 1800), confirment que les Assiniboines occupent, dans les prairies de l'Ouest, un vaste territoire qui s'étend jusqu'au Dakota du Nord et au Montana. Leur mode de vie est décrit du point de vue culturel de ces premiers voyageurs, qui les apprécient pour leur contribution économique à la traite des fourrures.
Les sentiers utilisés par les Assiniboines deviennent les principales routes vers le sud, tandis que leurs camps traditionnels font office de centres de distribution de marchandises et de collecte des fourrures pour les postes de traite construits sur le réseau fluvial qui va des Rocheuses à la baie d'Hudson.
Les effets de la traite des fourrures
À partir de la fin du XVIIe siècle, les Assiniboines commercent avec la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON et sont reconnus comme producteurs de PEMMICAN et comme intermédiaires dans le commerce des biens européens qu'ils fournissent aux bandes éloignées des plaines. Le fait qu'ils acquièrent des chevaux plusieurs décennies avant l'arrivée de Henday, en 1754, dans ce qui est aujourd'hui l'Alberta, et qu'ils aient très tôt accès aux armes à feu et articles en métal accentue l'importance de leur rôle dans l'économie du commerce des fourrures avec la CBH et, plus tard, avec la Compagnie du Nord-Ouest. Intermédiaires commerciaux, cavaliers accomplis, guerriers respectés et fournisseurs de viande fraîche aux multiples postes de traite, les Assiniboines jouissent d'une nouvelle richesse qui culmine entre les années 1780 et le début des années 1800.
Tout au long du XIXe siècle, ils demeurent les alliés des CRIS et sont en conflit de façon intermittente avec les PIEDS-NOIRS, les Gros Ventres et leurs parents sioux du sud. Ils souffrent beaucoup des maladies venues d'Europe, surtout de la variole. On estime le nombre d'Assiniboines à plus de 10 000 à la fin du XVIIIe siècle, mais ils connaissent par la suite une baisse de population catastrophique et ne sont plus que 2 600 en 1890. Grâce à de meilleures conditions de vie, leur nombre augmentera considérablement dans les années 20.
Culture
La culture des Assiniboines présente la plupart des caractéristiques propres aux autochtones des Plaines. Ils sont reconnus pour leur habileté à construire des enclos à bisons et ils recourent davantage aux chiens pour tirer les TRAVOIS chargés de perches de TIPIS, de peaux et de leurs biens personnels quand ils suivent les troupeaux de bisons durant les chasses saisonnières. Ces peuples des forêts et des prairies chassent aussi le gros gibier (cerf, caribou et orignal) et piègent les petits animaux à fourrure pour s'en nourrir et en tanner les peaux.
Vie spirituelle et religieuse
Leur cérémonie la plus sacrée est la DANSE DU SOLEIL, qui a lieu au début de l'été après la chasse au bison du printemps. Hommes et femmes honorent le Grand Esprit au cours de cérémonies faites de prières, de chants, de tambours, de danses et de jeûne qui se terminent par un festin. Les jeunes hommes vont en des lieux sacrés à la recherche de la vision pour connaître leurs esprits protecteurs et accomplir chants et rituels (voir AUTOCHTONES, RELIGION DES).
Vie politique et sociale
Les structures politique et sociale des Assiniboines reposent sur un système de familles étendues qui vivent dans des campements nomades regroupant de quelques centaines à 3 000 membres. Dans cette société patrilinéaire, ce sont les hommes qui détiennent les positions clés et le pouvoir décisionnel. Le représentant délégué ou le chef est un « homme bon » choisi pour traiter avec les étrangers. Il est guidé dans ses actions par un conseil composé de représentants de tous les groupes de familles étendues qui se sont réunies pour former une BANDE ou une nation. Le chef doit son titre à ses talents exceptionnels de chasseur, à ses exploits personnels dans des attaques contre l'ennemi et à la bienveillance et à la générosité dont il fait preuve envers les autres.
Il arrive aussi qu'on choisisse des dirigeants spéciaux, comme un chef de guerre pour mener un combat, un chef chasseur pour diriger une chasse au bison de grande ampleur, ou encore, un chef du camp des guerriers. Dans les réunions du conseil, convoquées périodiquement afin de permettre aux aînés, aux guérisseurs, aux gardiens du calumet, aux femmes et aux chefs de famille de s'entendre sur certaines questions, on cède la parole aux personnes dont la sagesse ou le talent sont reconnus. James L. Long énumère 33 bandes au sein de la nation assiniboine dans les années 30. Dispersés à travers les prairies, les différents groupes de villages développent au cours des siècles des variantes linguistiques et une histoire propre à chacun, pour former finalement des communautés autonomes en Saskatchewan, en Alberta et dans le Nord des États-Unis. Selon le lieu et la saison, ils font la cueillette de légumes et de fruits sauvages, dont les baies d'amélanchier pour accompagner la viande séchée et le bannock. Les commerçants blancs et les colons les estiment et font souvent mention de leur hospitalité.
La signature de traités dans les années 1870 confirme la relation de gouvernement à gouvernement qui existait entre la Couronne britannique et le droit du Canada et ses PREMIÈRES NATIONS. Les commissaires aux traités promettent des paiements d'annuités (de 5 $ à 25 $), des soins médicaux, des écoles, une aide agricole et une aide économique en échange de la coexistence pacifique et du partage des terres et des ressources avec les nouveaux arrivants, les colons, les éleveurs, la police, les missionnaires et les promoteurs. Dans les années 1880, après l'extinction quasi totale du bison, leur ressource principale, les peuples des Premières Nations acceptent à contrecoeur de s'installer sur des terres de RÉSERVES INDIENNES, dont la superficie équivaut à un mille carré (2,6 km2) par famille de 5 personnes. Jusqu'à la modification de la LOI SUR LES INDIENS en 1951, ils vivent dans des conditions misérables et souffrent de problèmes de santé, de chômage élevé, de discrimination, de manque d'éducation et de formation et des restrictions de leur liberté religieuse et politique imposées par le gouvernement (voir AUTOCHTONES, CONDITIONS SOCIALES DES).
Conditions actuelles
Aujourd'hui, grâce à l'élection de conseils de bande (formés d'un chef et de conseillers), les Premières Nations jouissent, à divers degrés, d'une certaine autonomie gouvernementale (voir JUSTICE AUTOCHTONE), mais demeurent soumises aux contraintes de la Loi sur les Indiens, de la Constitution canadienne de 1982 et des décisions judiciaires, de même qu'à la direction du ministère des Affaires indiennes.
Au Manitoba, à l'heure actuelle, les Assiniboines survivent uniquement en tant que personnes et n'ont pas de réserve.
Au Canada, les bandes White Bear et Carry the Kettle on signé le Traité no 4 (1874), les bandes Mosquito-Grizzly Bear's Head, le Traité no 6 (1876), et les bandes vivant au sud de la frontière internationale, le traité de Judith River (1855). En Saskatchewan, les bandes sont maintenant regroupées dans 3 réserves : Carry the Kettle, no 378 (où habite aussi un groupe de Sioux); Mosquito-Grizzly Bear's Head, no 343; et White Bear, no 365 (où vivent aussi des Ojibwés et des Cris). La réserve assiniboine Carry the Kettle, située à 11 km au sud de Sintaluta (à l'est de Regina), couvre une région agricole d'environ 16 470 ha. On y trouve une école, un centre communautaire, une caserne de pompiers, un entrepôt et une usine de traitement des eaux. En 1996, la population s'élève à 1 788 personnes, dont quelque 670 vivent dans la réserve.
La réserve Mosquito-Grizzly Bear's Head est située à 27 km au sud de Battleford et s'étend sur une superficie de 12 750 ha de terres à polyculture. Elle comprend un bureau du conseil de bande, une clinique médicale, une caserne de pompiers, une école et des résidences pour enseignants desservant environ 200 élèves. Le recensement de 1996 y dénombre 981 personnes, dont 489 vivent dans la réserve et 445 hors de la réserve.
La réserve White Bear, qui comprend plus de 17 200 ha de terres agricoles, se trouve à 13 km au nord de Carlyle. Elle dispose d'un bureau du conseil de bande, d'un aréna, d'une clinique médicale, d'une école et d'un gymnase. En 1996, la bande compte 1 682 membres, dont près d'un millier vivent hors de la réserve. Elle bénéficie des nouvelles exploitations de gaz et de pétrole et des terres à vocation récréative acquises en vertu de leurs droits fonciers issus du traité.
En Alberta, les Assiniboines-Stoneys ont 2 réserves situées sur le territoire du Traité no 6, à l'ouest d'Edmonton. Celle de la bande Paul, no 133 A, B et C, couvre environ 7 330 ha et regroupe plus de 1 400 personnes (1996). La bande exploite un terrain de golf et une épicerie avec poste d'essence. L'économie repose principalement sur l'agriculture et sur la fabrication de matériel agricole.
Quant à la réserve de la bande Alexis, no 133, elle s'étend sur environ 6175 ha pour une population de 1 169 personnes (1996). La bande exploite avec profit une épicerie et un poste d'essence. La communauté jouit de plusieurs services : bureau administratif, centre communautaire, caserne de pompiers, usine de traitement des eaux, foyer pour personnes âgées, écoles, garderie, aréna, clinique médicale, club de golf et plusieurs ateliers publics.
Les autochtones du Sud de l'Alberta qui habitent la réserve du Traité no 7 sont appelés STONEYS. Aux États-Unis, les Assiniboines vivent dans les réserves de Fort Belknap et de Fort Peck, dans le Montana.
Voir aussi AUTOCHTONES : LES PLAINES et les articles généraux sous la rubrique AUTOCHTONES.
Auteur IAN A.L. GETTY
Bibliographie
J.L. Long, « The Assiniboines » dans M. Kennedy (dir.) From the Accounts of the Old Ones Told to First Boy (James Larpenteur Long) (1961); D.R. Miller, « The Assiniboine and Their Lands : The Framework of a Primordial Tie », dans Chicago Anthropology Exchange (1981); D. Rodnick, The Fort Belknap Assiniboine of Montana : A Study in Culture Change (1938); D.F. Symington, Hunters of the Plains : Assiniboine Indians (1972); E. Leigh Syms, The Important Role of the Assiniboine Nation in Manitoba's History (1991); D. Ward, The People : A Historical Guide to the First Nations of Alberta, Saskatchewan and Manitoba (1995).
Liens supplémentaires
Le Concours canadien de rédaction pour Autochtones
Site Web du Concours canadien de rédaction & d’arts pour Autochtones. Par l'Institut Historica-Dominion.
Four Directions Teachings
Les aînés et les enseignants de la culture et de la tradition représentant différents peuples des Premières-Nations, soit les Pieds-Noirs, Cris, Ojibwés, Mohawks et Mi'kmaqs partagent leurs connaissances à propos de leur culture. Des graphiques virtuels donnent vie à la tradition orale. Ce site offre de plus les biographies des participants, leurs transcrits et des ressources exhaustives d'apprentissage pour les enseignants et les élèves. En anglais, avec sous-titres français.


Le déclenchement des élections peut se comparer à la visite de Boucle d’or aux trois ours : dans quelle marmite trouvera-t-on la recette idéale, ni trop tôt, ni trop tard…mais juste à point ?
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