Géographie physique et géologie
Les îles principales de la région est de l'Arctique (Baffin, Devon, Ellesmere, Axel Heiberg) sont montagneuses et leurs sommets dépassent 2000 mètres. Ordinairement, les hautes terres de ces îles sont recouvertes de calottes glaciaires qui contiennent la plus grande partie (75%) de la glace de glacier du Canada et d'où coulent les GLACIERSles plus imposants. Ces hautes terres ont été la source principale de l'inlandsis innuitien lors de la dernière GLACIATION. Au sud-est, l'archipel est constitué de prolongements du BOUCLIERcanadien orientés vers le nord, qui est recouvert par des roches paléozoïques à strates horizontales. Dans les zones nord et ouest, qui comprennent la plupart des îles de la Reine-Élisabeth, on trouve essentiellement des roches sédimentaires plus jeunes, très plissées, qui forment des montagnes sur l'île d'Axel Heiberg et sur des parties des îles de Devon et d'Ellesmere. Les îles situées au centre et à l'ouest sont généralement plates, leur relief est peu élevé (moins de 200 mètres) et elles sont constituées de roches sédimentaires de la plate-forme de l'Arctique.
Cette diversité géologique crée des paysages spectaculaires remarquablement variés composés de montagnes escarpées, de fjords aux pentes raides, de hautes et de basses plaines dont l'âge et la composition rocheuse varient. Les zones du Bouclier pourraient contenir des gisements minéraux (y compris de l'or et des diamants) et on a trouvé des gisements de pétrole et de gaz naturel dans des roches sédimentaires, comme dans le bassin de Sverdrup. On trouve aussi dans ces zones du charbon, qui a été découvert par les premiers explorateurs européens.

Le climat et les changements climatiques
Il s'agit à tous points de vue d'un véritable environnement polaire. Dans les îles du nord, la nuit dure trois ou quatre mois en hiver, tandis que durant une période équivalente en été, il fait continuellement jour. Les températures annuelles moyennes descendent jusqu'à -20º C au nord et -6º C dans la partie sud de l'île de Baffin, avec des minima extrêmes de l'ordre de -50º C. L'été, la température peut s'élever au-dessus du point de congélation pendant un ou deux mois. Les précipitations annuelles sont faibles, allant de 400 mm dans le sud de l'île de Baffin à moins de 100 mm dans le centre de l'île d'Ellesmere. Les îles de la Reine-Élisabeth sont un désert polaire où les précipitations atteignent souvent moins de 150 mm par année. Le climat froid a entraîné la formation du PERGÉLISOL, qui s'étend sous tout le sol de la région et dépasse 550 m d'épaisseur à certains endroits. Seule une mince couche active (moins d'un mètre) fond à la surface chaque été. Le CHANGEMENT CLIMATIQUEprévu se produira plus tôt et de façon plus intense dans les zones où la latitude est élevée et des changements ont déjà été constatés dans l'Extrême-Arctique. On s'attend à ce que les températures annuelles moyennes augmentent de 3 à 7º C au cours du siècle à venir et que le réchauffement le plus important se produise en hiver (le réchauffement pourrait atteindre 12º C). Les précipitations estivales pourraient fortement augmenter.
La flore
Il n'y a pas d'arbres sur l'archipel et la végétation de la TOUNDRA se compose d'arbustes nains, de plantes herbacées non graminoïdes, de carex et d'herbes, de mousses et de lichens. Dans les îles du nord, les plantes ligneuses se font plus rares, et la végétation est clairsemée, sauf dans les zones de faible altitude (oasis polaires) où le microclimat est plus chaud et la neige plus abondante. Sur les îles de l'Arctique, il n'existe que 200 espèces de plantes vasculaires, 200 à 300 espèces de bryophytes et de lichens. Beaucoup d'espèces de plantes sont très répandues et ont une distribution circumpolaire.
La faune
On trouve dans l'archipel à peine 19 espèces de mammifères terrestres, habituellement peu nombreux et occupant des territoires précis. Les îles de l'Extrême-Arctique abritent les CARIBOUSde Peary qui sont plus petits et plus blancs que les caribous des toundras et qui vivent en petites bandes et ne migrent pas, contrairement à leurs homologues du continent. Les autres gros animaux habitant l'archipel sont le BOEUF MUSQUÉ, le renard arctique, le LOUP, le LEMMINGet le lièvre blanc de l'Arctique. 64 espèces d'oiseaux passent l'été dans les îles de l'Extrême-Arctique, dont six seulement hivernent. Les mers environnantes abritent l'OURS POLAIRE, le MORSEet diverses espèces de phoques et de baleines, notamment le NARVALet le BÉLUGA. Les arthropodes terrestres sont des composantes importantes de la toundra de l'Extrême-Arctique; 381 espèces ont été décrites dans l'archipel, dont 64 % sont des insectes, 20 % des ACARIENSet 12 % des collemboles nivicoles. Ces pourcentages d'arthropodes connus sont très différents de ceux des ÉCOSYSTÈMEScanadiens du sud où il y a 90 % d'insectes, 6 % d'acariens et 1 % de collemboles nivicoles parmi les espèces connues.
La présence humaine
Depuis environ 4000 ans, le haut Arctique est peuplé par les INUITS et leurs ancêtres; de nos jours, les Inuits habitent dans des colonies de peuplement disséminées un peu partout sur les îles, généralement au bord de la mer. La communauté la plus au nord du Canada est GRISE FIORDqui est située dans le sud de l'île d'Ellesmere. Grise Fiord a été créée en 1953 lorsque le gouvernement canadien a déplacé la population de Port Harrison (maintenant Inukjuak), au Québec. Il existe encore des liens ancestraux avec les peuplades groenlandaises. On a découvert des preuves de contacts entre les Vikings établis au Groenland durant le Moyen Âge et la population des îles (voir EXPÉDITIONS VIKINGS). La population non autochtone se compose de fonctionnaires et de militaires vivant dans des villages comme IQALUIT, CAMBRIDGE BAY, RESOLUTE et la station militaire d'ALERT.
PETER ADAMS Rev : GREG H.R. HENRY
Les chenaux de l'archipel Arctique
Le premier explorateur à naviguer sur les eaux de mer de l'archipel Arctique est William BAFFIN, qui passe en 1616 par le détroit de Smith et au nord de la BAIE DE BAFFINet qui mentionne pour la première fois les détroits de Jones et de Lancaster, à l'entrée est du PASSAGE DU NORD-OUEST. En 1819, sir William PARRYse rend vers l'ouest jusqu'au détroit de M'Clure, où il est arrêté par les glaces. Enfin, le passage du Nord-Ouest est franchi par Roald AMUNDSENde 1903 à 1906, puis à nouveau par le sergent LARSENde la Gendarmerie royale du Canada de 1940 à 1942 (ouest-est) et en 1944 (est-ouest). Les eaux au nord de la BAIE DE BAFFIN, qu'on appelle à présent le détroit de Nares, sont explorées à partir de 1852.
Avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, on n'effectue guère de travaux scientifiques d'OCÉANOGRAPHIEdans l'archipel Arctique, malgré une première expédition dirigée par Otto SVERDRUPde 1898 à 1902 qui donne d'excellents résultats aux plans géologique et biologique. Des explorations danoises et l'opération Marion de la garde côtière américaine en 1928 donnent lieu à des études océanographiques dans les détroits de Smith, de Jones et de LANCASTER.
Les étendues d'eau
La profondeur des chenaux varie de moins de 200 m à environ 800 m dans la section est du détroit de Lancaster. Les seuils de profondeur les plus importants pour le transport maritime correspondent à 140 m dans le détroit de Barrow et à 250 m dans celui de Nares. Le plateau continental se situe à une profondeur variant de plus de 550 m à l'ouest et au nord jusqu'à 200 m à l'est. En dépit de la faible amplitude des marées, qui diminue d'est en ouest, celles-ci peuvent provoquer de forts courants dans certains passages étroits comme les DÉTROITS de BELLOT, de FURY et HECLAet le canyon Hell Gate.
Dans l'archipel, les eaux circulent surtout à partir de l'océan Arctique vers le sud par le détroit de Nares et vers l'est par les détroits de Lancaster et de Fury et Hecla. Les deux premiers courants prennent fin dans la baie de Baffin, tandis que le dernier aboutit dans le BASSIN FOXE, la BAIE D'HUDSONet le DÉTROIT D'HUDSON. Selon les plus récentes estimations, le débit total des eaux de l'océan Arctique passant par les îles totalise 2 100 000 m3/s, mais il y a probablement des fluctuations annuelles considérables. La profondeur et l'étendue des chenaux se prêtent aux activités commerciales (pétroliers sous-marins), mais soulèvent en même temps des questions stratégiques (comme une voie d'approche pour les sous-marins).
La calotte de glace, d'une épaisseur moyenne de 1,6 à 2 m, forme une couche continue en hiver dans l'ensemble de l'archipel, sauf pour plusieurs polynies récurrents (zones d'eau libre entourées par la BANQUISE), dont les plus grands se trouvent dans la partie nord de la baie de Baffin et dans la zone sud-est de la MER DE BEAUFORT. Ces polynies, qui gèlent tardivement et dégèlent tôt, attirent la faune marine et les oiseaux, et l'on a trouvé des traces d'habitations très anciennes attribuées aux cultures de THULÉet DORSETsur les terres voisines.
Au point de vue biologique, les eaux de l'archipel, pauvres en poissons, abritent toutefois en abondance des mammifères et des oiseaux en été. Le PLANCTON est typique de celui que l'on retrouve dans les premiers 250 m de la surface de l'océan Arctique.
M.J. DUNBAR
Auteurs ayant contribué à cet article:
Auteur M.J. DUNBAR, PETER ADAMS
Liens supplémentaires
Commission canadienne des affaires polaires
Explorer l'infrastructure de recherche au Nord du Canada avec la nouvelle carte interactive des établissements au service de la science nordique, créée par la Commission canadienne des affaires polaires.
Atlas climatique des glaces de mer pour les Eaux du Nord canadien
Information sur les glaces de mer du Nord canadien. Par Environnement Canada.
Océans et le droit de la mer
Source de l'information sur les Océans et le droit de la mer. Par le site Web des Nations Unies.
Parc national du Quttinirpaaq
Ce site Web de Parcs Canada présente de nombreuses photos et décrit l'écologie, la géographie et l'histoire du parc national du Quttinirpaaq.
Arctique
Recherche d'images de l' Arctique. "Images Canada" permet de trouver des images d'événements, de gens, de lieux et d'objets canadiens qui constituent notre patrimoine collectif.
Expédition archéologique à Kuukpak
Visitez le site Web d'expédition archéologique à Kuukpak. Par le Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles.
Carte géologique de l'Arctique
Une carte géologique de l'Arctique. Par le site Web de Ressources naturelles Canada.
Mission Arctique
Mission Arctique est une extraordinaire expédition scientifique au cœur de l'Arctique et du légendaire passage du Nord-Ouest. Discover 26 video clips, 789 photos, 21 scientific articles, 150 entries in the mission leader's and SEDNA's logs, and 27 360-degree panoramic images. Par l'Office national du film du Canada.
Journal de l'Arctique
EducaPoles
Dans cette site Web vous trouverez plusieurs séries d'animations produites par la Fondation Polaire Internationale et abordant différents thèmes liés aux régions polaires, au fonctionnement du climat de notre planète, à l'énergie et aux changements climatiques.
Le pétrole et du gaz naturel de l'Arctique
Site d'information sur le pétrole et du gaz naturel de l'Arctique. Par Ressources naturelles Canada.
Glossaire de la gestion des eaux
Un glossaire de la gestion des eaux. Par le site web du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien.
Mission Arctique
Mission Arctique est une extraordinaire expédition scientifique au cœur de l'Arctique et du légendaire passage du Nord-Ouest
Station de recherche du Canada dans l'Extrême-Arctique
Information sur la Station de recherche du Canada dans l'Extrême-Arctique. Par science.gc.ca.


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