Le nom d'anabaptiste, qui vient d'un terme grec signifiant baptiser de nouveau, est donné à ceux qui pensent que le baptême ne devrait être administré qu'aux croyants adultes. Les principaux dirigeants du mouvement qui rejettent le baptême des nouveau-nés sont Andreas Karlstadt, Thomas Mntzer, Jakob Strauss et Eberhard Weidensee. Ceux qui rebaptisent des adultes sont appelés Täufer, ou baptiseurs, en allemand. Ils se nomment eux-mêmes Frères. Par la suite, la plupart des groupes anabaptistes des différentes régions prennent le nom de leur chef (mennonites, huttérites, amish).En Suisse, les principaux dirigeants sont Conrad Grebel, Ludwig Hetzer, Balthazar Hubmaïïer et Michael Sattler, et en Allemagne, Hans Denck, Hans Hut, Jakob Hutter (voir HUTTÉRITES), Pilgram Marpeck, et Peter Riedemann. Aux Pays-Bas, ce sont Melchior Hoffman, David Joris, Dirk Philips, Bernhard Rothmann et Menno Simons (voir MENNONITES).
Rejet radical
Autonomes au niveau organisationnel, les trois groupes précurseurs défendent cependant des positions similaires. La première est leur volonté de s'affranchir des tutelles du passé en revendiquant la liberté des laïques de faire leurs propres choix spirituels. Ils rejettent l'autorité du pape et des hiérarchies académiques et ne reconnaissent que celle des Écritures, dont l'interprétation devient la prérogative et la responsabilité de la congrégation. Au nom de la liberté religieuse, le mouvement s'oppose aussi à toute intervention du gouvernement civil. Bien qu'il existe des liens entre la Guerre des paysans allemands (1524-1525), dont les épisodes violents ont directement précédé l'apparition du mouvement, et la montée de l'anabaptisme lui-même, la plupart des anabaptistes rejettent par la suite le recours à la violence et tentent le plus possible d'éviter le service militaire (voir PACIFISME) ainsi que toute participation au gouvernement. Les trois groupes adoptent une structure fondée sur le libre consentement à la discipline. Ils considèrent l'Église comme la présence et l'action continuelles du Christ dans le monde. Les changements apportés aux doctrines et pratiques religieuses sont exprimés dans des déclarations confessionnelles périodiques.
Croyances et pratiques
L'importance accordée aux bonnes actions donne lieu à un fort courant de perfectionnisme. Bernhard Rothman, le chef anabaptiste de Münster, insiste sur le fait que le Christ, dont le retour est imminent, doit retrouver son épouse (l'Église) sans tache ni ride. Le perfectionnisme engendre des schismes fréquents, comme celui des Amish en 1693, dont l'enjeu principal est la discipline de l'Église.
Les anabaptistes en Amérique du Nord
Les persécutions donnent lieu aux premières vagues d'émigration en 1644. Les premiers mennonites néerlandais s'installent à New Amsterdam (New York), suivis jusqu'en 1683 de nombreux Allemands et Suisses répondant à l'appel de William Penn. Ils s'établissent tout d'abord à Germantown, en Pennsylvanie. Leur voyage est financé par des groupes prospères de mennonites néerlandais. En 1719, les premiers groupes de la Fraternité s'installent également en Pennsylvanie.
L'émigration vers le Canada
Outre les groupes mennonites et de la Fraternité chrétienne, la récente Église missionnaire est également issue de la tradition anabaptiste canadienne. En 1883 est fondé ce qui deviendra l'Église missionnaire unie, unmouvement de renouveau spirituel qui rassemble plusieurs petits groupes mennonites et de la Fraternité. En 1987, l'Église missionnaire du Canada se sépare de l'Église missionnaire unie des États-Unis pour créer une entité nationale ; de sa fusion, en 1993, avec l'Église évangélique au Canada, naît l'Église missionnaire évangélique du Canada. Il existe au Canada près de 900 congrégations associées à l'anabaptisme.
Voir aussi MOUVEMENTS ÉVANGÉLISTES ET FONDAMENTALISTES et MISSIONS ET MISSIONNAIRES.
Bibliographie
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Liens supplémentaires
Les Religions au Canada
Information sur les diverses pratiques religieuses et spirituelles pratiquées au Canada. Par Radio Canada International.


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