L'Alberta, la plus occidentale des trois provinces des Prairies canadiennes, partage de nombreuses caractéristiques physiques avec ses voisines de l'Est, la SASKATCHEWAN et le MANITOBA. Les montagnes Rocheuses forment la partie méridionale de la frontière qui, à l'Ouest, sépare l'Alberta de la COLOMBIE-BRITANNIQUE. Par sa situation géographique, l'Alberta se trouve à une distance considérable des centres traditionnels de l'économie et de la vie politique canadiennes. Toutefois, elle possède les plus gros gisements de pétrole et de gaz naturel du pays. Grâce à l'essor qui a caractérisé l'industrie pétrolière entre 1947 et 1982, l'Alberta connaît au cours de cette période une croissance économique supérieure à celle de toute autre province, ce qui contribue à déplacer vers l'Ouest la puissance économique du Canada.

L'Alberta, ainsi nommée en l'honneur de la princesse Louise Caroline Alberta, quatrième fille de la reine Victoria, est au départ l'un des quatre districts provisoires des Territoires du Nord-Ouest et n'englobe que la portion de la province actuelle située au Sud du 55° de latitude Nord et à l'Ouest du 111° de longitude. Les frontières actuelles sont fixées en 1905, lorsque l'Alberta accède au rang de province. D'apparence tout à fait homogène, elle se compose cependant de deux régions socioculturelles distinctes : le Sud, qui gravite autour de Calgary, le centre et le Nord, autour d'Edmonton, la métropole.

Cette division a de profondes racines historiques. Le Sud était autrefois le domaine de la nation des Pieds-Noirs, alors que le Nord était dominé par les Cris et d'autres tribus des forêts. À leur arrivée, les Blancs, qui exploitent des ranchs, s'installent dans le Sud, tandis que les producteurs céréaliers ouvrent la région agricole du centre.

Calgary et la zone méridionale de l'Alberta sont d'abord reliées à l'Est par le chemin de fer du Canadien Pacifique; Edmonton et le Nord, quant à eux, se servent du Grand Trunk Pacific Railway et du chemin de fer Canadian Northern Railway pour leurs communications avec l'Est du pays. Plus tard, Calgary deviendra le siège administratif et financier de l'industrie du pétrole et Edmonton, le centre de prospection et de production.

Sur le plan politique, depuis les années 1920, les deux régions ont régulièrement soutenu des formations conservatrices, d'abord le Crédit social, puis le Parti conservateur. Au cours des dernières années, sur l'échiquier provincial, dans le Nord, l'opposition tend à se regrouper autour du Nouveau Parti démocratique ou du Parti libéral, tandis que dans le Sud, elle s'oriente vers les candidats de centre-droite.


Alberta, carte de l'
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fiche de renseignements


La Pinhorn Grazing Reserve présente une végétation mixte de graminées et des pâturins. À l'arrière-plan, les collines Sweetgrass (photo de Cleve Wershler, avec la permission de Cottonwood Consultants Ltd.).
Dinosaur, parc provincial
Dinosaur, parc provincial
Cette photo montre l'érosion des badlands et leurs couches superposées de grès et d'argile litée (photo de Cliff Wallis; avec la permission de Cottonwood Consultants Ltd.).
Dunes de sable
Dunes de sable
Dunes de sable actives au sud d'Empress, près de la frontière entre la Saskatchewan et l'Alberta. L'Alberta et la Saskatchewan se partagent le plus grand complexe de dunes de sable au Canada (photo de Cliff Wallace; avec la permission de Cottonwood Consultants Ltd.).
Agriculture
Agriculture
Ferme en Alberta, sur l’autoroute 56 (photo de Ken A. Meisner; avec la permission de Take Stock Photography Inc.).


Territoire et ressources
La géographie physique, le climat, la nature des sols et de la végétation s'allient pour délimiter quatre régions naturelles en Alberta. La région des Prairies comprend la majeure partie du Sud de l'Alberta, plus précisément les terres sises au Sud et à l'Est d'un arc s'étirant de Waterton, dans le Sud-Ouest, à un point situé le long de la frontière de la Saskatchewan à l'Est de Red Deer. Ces prairies vallonnées sont relativement sèches et caractérisées par l'absence d'arbres. Leur relief est par endroit interrompu par de profondes vallées fluviales et s'élève de moins de 300 m dans le Nord-Est à plus de 1460 m dans les COLLINES CYPRÈS au Sud-Est. Le centre de l'Alberta est principalement occupé par une prairie-parc, qui forme un croissant s'étirant vers l'Ouest et le Nord de la région des Prairies et qui englobe, en grande partie, le bassin hydrographique de la RIVIÈRE SASKATCHEWAN Nord.

Cette région, où se côtoient les terrains plats, correspondant au fond d'anciens lacs, et les paysages vallonnés, parsemés de dépressions et de nombreux lacs, comporte à la fois des terres boisées et herbeuses. La nature des sols et les facteurs climatiques rendent ces terres propices à l'agriculture. La moitié Nord de la province est le royaume de la FORÊT BORÉALE : le paysage y est caractérisé par de vastes lacs et de grandes rivières coulant vers le Nord, en direction de l'océan Arctique. Le sol et le climat y sont peu favorables à l'agriculture, sauf dans la région de la RIVIÈRE DE LA PAIX au Nord-Ouest qui, grâce aux caractéristiques propres à la prairie-parc, est la région céréalière la plus septentrionale du monde. À l'Ouest des plaines, les CONTREFORTS des ROCHEUSES s'élèvent à l'Ouest de Grande Prairie et courent le long de la partie méridionale de la frontière avec la Colombie-Britannique. Des sommets atteignant 3600 m font de cette région l'un des paysages naturels les plus spectaculaires du Canada.


fiche topographique

Alberta, topographie de l'
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Alberta zones humides
Alberta zones humides
Zones humides du parc national des Lacs-Waterton, à proximité du village de Waterton. Prairie humide luxuriante, marais, saules et peupliers (photo de Cliff Wallace, avec la permission de Cottonwood Consultants).
Élevage de bétail
Élevage de bétail
Rassemblement du bétail dans la région d'élevage de l'Alberta (photo d'Angus McNee; avec la permission de Take Stock Photography Inc.).


Géologie
C'est dans l'extrême Nord-Est, à l'Est de la rivière des Esclaves et de la partie inférieure de la rivière Athabasca, qu'on retrouve les paysages les plus anciens de l'Alberta : on y voit affleurer des roches cristallines formées à l'ère précambrienne (il y a de 4000 à 544 millions d'années). Ce petit affleurement du BOUCLIER canadien ne se termine pas au Nord-Est, puisque les roches qui le composent forment l'assise du reste de la province, descendant jusqu'à 6000 m au Sud-Ouest.

À l'ère paléozoïque (il y a de 544 à 250 millions d'années), se sont succédé des périodes d'assèchement et d'inondation, et la vie y a évolué, depuis des formes primitives de végétaux et d'animaux à une végétation de région sèche et à des vertébrés. La décomposition de cette vie animale et végétale, en particulier durant la période dévonienne (il y a de 410 à 353 millions d'années), a contribué à la formation de la plupart des gisements de pétrole et de gaz naturel.

À l'ère mésozoïque (il y a de 250 à 65 millions d'années), l'Alberta a connu une alternance de soulèvements de terrains et d'inondations océaniques. C'est l'ère des DINOSAURES, au cours de laquelle se forment les BADLANDS de la vallée de la rivière Red Deer et la majeure partie des ressources de charbon de la province.

Au cours de l'ère cénozoïque (il y a 65 millions d'années), on assiste au soulèvement des montagnes Rocheuses et à la mise en place de la structure géomorphologique actuelle. Il y a environ 25 000 ans, au cours de la dernière progression du glacier continental qui a recouvert la presque totalité de la province, la glace a profondément labouré le sol. Seules y ont échappé les collines Cyprès, les collines de Porcupine et les plus hauts sommets des Rocheuses. Le dernier retrait de l'époque glaciaire, il y a environ 13 000 ans, est à l'origine des sols et des réseaux fluviaux actuels.

Dinosaur, parc provincial
Dinosaur, parc provincial
Les fouilles entreprises dans les années 1880 sur ce site de 27 kilomètres aux abords de la rivière Red Deer ont permis de prélever plus de 300 squelettes en excellente condition (Corel Professional Photos).
Prairie (Alberta)
Prairie (Alberta)
Les Prairies canadiennes constituent l'extrémité nord d'une vaste région de prairies s'étendant presque jusqu'au golfe du Mexique (Corel Professional Photos).
Porcupine Hills, Alberta
Porcupine Hills, Alberta
Porcupine Hills en Alberta est une butte-témoin boisée des contreforts. Photo de brume matinale, à la fin de l'automne, prise à partir du sommet de Porcupine Hills en direction ouest, vers Whaleback Ridge et Livingstone Ridge. La scène représente des contreforts dégagés, la prairie, un boisé de trembles et une forêt de Douglas taxifoliés (photo de Cliff Wallace, avec la permission de Cottonwood Consultants).


Végétation
La région des Prairies de la portion méridionale de l'Alberta regroupe des zones d'herbes courtes et des zones mixtes. Dans les régions situées au Sud-Est, on retrouve des herbes courtes, comme le boutelou gracieux (Bouteloua gracilis), qui résistent à la sécheresse et poussent dans un SOL brun clair, pauvre en azote et en phosphore, d'environ 12 cm d'épaisseur. Les sécheresses annuelles et l'érosion éolienne entraînent une déflation du sol considérable. La zone de prairie mixte, qui décrit un arc orienté vers l'Ouest et le Nord de la région d'herbes courtes, se caractérise par un sol brun foncé, plus fertile, et une végétation naturelle formée de graminées et d'autres herbes plus hautes.

Dans la prairie-parc du centre de l'Alberta et dans celle de la rivière de la Paix, la végétation naturelle se compose d'herbes hautes et de trembles. La prairie-parc centrale possède des sols noirs fertiles, tandis que celle de la région de la rivière de la Paix recèle des sols gris et gris foncés un peu moins fertiles.

La région septentrionale de l'Alberta possède une végétation forestière où dominent, au Sud, le tremble et le bouleau blanc, et au Nord, l'épinette blanche, le mélèze et l'épinette noire. On trouve aussi des sapins baumiers et des pins gris à l'Est ainsi que des sapins subalpins et des pins de Murray à l'Ouest, poussant dans des sols gris et pauvres. Le sapin subalpin, l'épinette blanche et le pin de Murray ont colonisé les régions moins élevées des Rocheuses, tandis que, plus haut, des peuplements disséminés d'épinettes noires et de mélèzes de Lyall côtoient des tapis de lichen et de fleurs alpines pour former de ravissants alpages. Enfin, les zones les plus élevées sont le domaine des roches, des neiges éternelles et des glaciers.

Alberta, régions naturelles de l'
Alberta, régions naturelles de l'
Prairie-parc ou tremblaie canadienne
Prairie-parc ou tremblaie canadienne
Dans l'Ouest du Canada, le peuplement mixte évolue graduellement vers les Prairies après une zone de prairie-parc caractérisée par la présence de bosquets dispersés de trembles (photo de Tim Fitzharris).
Cameron, collines
Cameron, collines
Cette région de plaines boréales de l'Alberta est caractérisée par une abondance d'épinettes noires (photo de Cleve Wershler).


Hydrographie
Dans le Sud-Est de l'Alberta, la petit bassin de la RIVIÈRE MILK se jette dans la rivière Missouri, puis dans le fleuve Mississippi, poursuivant vers le Sud jusqu'au golfe du Mexique. Le reste de la portion méridionale de la province est drainé par les bassins fluviaux des rivières Saskatchewan Nord et Sud, vers l'Est jusqu'à la baie d'Hudson, par le réseau de la rivière Nelson. Ces rivières charrient 75 % des volumes d'eau s'écoulant vers l'Est. Le Nord de la province est dominé par les bassins des rivières Athabasca, Hay et de la Paix, qui coulent vers le Nord jusqu'à l'océan Arctique, par l'intermédiaire du fleuve Mackenzie.

La faiblesse des pluies annuelles, une importante évaporation et la rapidité du ruissellement provoquent des pénuries d'eau chroniques et variables dans le Sud de la province. Plutôt modérée dans la prairie-parc, cette déficience devient beaucoup marquée dans la prairie à herbes courtes. Depuis la fin du XIXe siècle, on a mis en place des systèmes d'irrigation qui desservent aujourd'hui quelque 500 000 ha. Cependant, la quantité d'eau disponible pour l'irrigation est elle-même limitée par le volume d'eau circulant dans le bassin hydrographique de la rivière Saskatchewan Sud.

À plusieurs reprises, on a envisagé le détournement vers le Sud des rivières Athabasca et de la Paix. Le lac Claire et le Petit Lac des Esclaves sont les deux principaux lacs entièrement situés en Alberta.


Climat
Par sa localisation nordique, comprise entre les 49e et 60e degrés de latitude Nord, la province se trouve dans la zone tempérée septentrionale où les hivers sont froids et les étés, frais et assez courts. Cependant, les températures et les précipitations sont surtout déterminées par l'altitude et la largeur des Rocheuses et par la direction des vents dominants.

Les chaînes de montagnes interceptent l'air venant du Pacifique et l'assèchent. Les pentes orientales des Rocheuses se trouvent donc dans une région sous le vent abritée des précipitations et, la plupart du temps, le ciel de l'Alberta est dégagé. Les précipitations y sont généralement peu importantes, variant d'environ 30 cm par an dans le Sud-Est à 40 ou 45 cm dans le Nord, sauf dans la région des contreforts montagneux, où des chutes annuelles de pluie de 55 à 60 cm sont enregistrées.

L'air sec et limpide procure aux Albertains de très longues périodes d'ensoleillement, qui varient annuellement de 1900 heures dans le Nord à 2300 heures dans la région de Lethbridge au Sud. L'air qui s'engouffre dans l'entonnoir des Rocheuses produit aussi le CHINOOK, vent sec et chaud particulièrement fort et courant dans le Sud-Ouest, qui peut provoquer en quelques heures des hausses spectaculaires de température, faire fondre la neige et apparaître l'herbe tout en apportant un répit bienfaisant pendant le long hiver rigoureux.

L'influence de la masse d'air du Pacifique s'atténue dans l'Est de l'Alberta, où elle cède la place à des masses d'air continental en provenance de l'Arctique et du Midwest américain. Celles-ci occasionnent en janvier des températures moyennes de - 8°C au Sud à - 24°C au Nord et, en juillet, des températures moyennes de 20°C au Sud à 16°C au Nord. La saison de croissance de la végétation varie d'environ 120 jours dans la partie méridionale à 60 jours dans la zone septentrionale. À cet endroit, la brièveté de la belle saison est compensée par des jours plus longs et des altitudes moins élevées, qui permettent la culture du blé aussi loin au Nord que dans la vallée de la rivière de la Paix.


information sur le climat
Tempête d'hiver
Tempête d'hiver
Tempête de vent d'hiver, Pincher Creek, Alberta (photo de Thomas Kitchin).


Richesses naturelles
L'Alberta est la province canadienne qui possède le plus de richesses énergétiques. Son sous-sol renferme encore les réserves récupérables suivantes : 5,5 milliards de barils de pétrole brut classique, 1,6 billion de barils de sable bitumineux et 97 billions de pi3 de gaz naturel. Même si, depuis 1973, le volume de la production annuelle de pétrole excède celui des découvertes, l'augmentation des forages exploratoires et de reconnaissance ainsi que l'amélioration des méthodes de récupération ont accru la durabilité des réserves existantes.

Le CHARBON présente même un potentiel supérieur à long terme : environ 70 % des ressources charbonnières restantes au Canada, soit 34 milliards de tonnes d'après les estimations de 1995, se trouvent en Alberta. Alors que la puissance installée en 1994 atteignait 822,8 MW, on estime à 1923 MW le potentiel hydroélectrique inexploité total de la province.

L'Alberta possède des terres cultivables d'une superficie d'environ 2 661 millions d'hectares. Ses forêts couvrent en tout 382 000 km2, dont le rendement annuel atteint 1 880,3 millions de m3 (conifères) et 1 200,6 millions de m3 (bois dur). Les ressources traditionnelles du Nord de l'Alberta, c'est-à-dire la fourrure et la pêche, ont diminué ces dernières années, tandis que les ressources récréo-touristiques ont pris de l'importance avec l'urbanisation et la croissance démographique. Le territoire de l'Alberta comprend près de 54 000 km2 alloués aux PARCS NATIONAUX et 10 000 km2 occupés par les PARCS PROVINCIAUX et les espaces naturels et de loisirs.


Conservation de la nature
Avec la promulgation, en 1992, de la Loi sur la protection et l'amélioration générale de l'environnement, l'Alberta est entrée dans une nouvelle ère en matière de conservation de la nature. Cette loi unique, qui possède des dispositions relatives à la sauvegarde de la qualité de l'air, des sols et de l'eau, découle de la refonte totale ou partielle de 10 lois antérieures. Elle vise à rationaliser la gestion des ressources de la province de telle sorte que les effets éventuels d'un projet sur l'environnement soient mieux identifiés et, s'il y a lieu, atténués, et que les richesses naturelles de l'Alberta soient exploitées dans une perspective de développement durable.

À l'origine, deux des cinq parcs nationaux de l'Alberta étaient des réserves fauniques : ELK ISLAND, à l'Est d'Edmonton, et WOOD BUFFALO (44 802 km2), à cheval sur la frontière des Territoires du Nord-Ouest, avaient été créés pour aider à la protection du wapiti et du bison mais, dans les deux cas, ils ont surtout réussi de façon spectaculaire à protéger le bison des plaines. Plusieurs parcs provinciaux et parcs naturels servent de réserves fauniques, dont le PARC PROVINCIAL CYPRESS HILLS dans le Sud-Est, le parc Sir Winston Churchill sur le lac La Biche et le parc Willmore Wilderness au Nord de JASPER.

Wapiti (mâle)
Wapiti (mâle)
En shawnee (langue algonquine), le mot « wapiti » signifie « croupe blanche ».C'est le nom qui convient pour désigner l'animal qu'on appelle couramment « Élan » (Corel Professional Photos).
Mouflon blanc aux aguets
Mouflon blanc aux aguets
Deux béliers en alerte au sommet d'une montagne (Corel Professional Photos).
Carcajou à la course
Carcajou à la course
Les carcajous ont la caractéristique de parcourir de longues distances, couvrant jusqu'à 112 km en 24 heures (Corel Professional Photos).


Population
C'est surtout de 1896 à 1914 qu'a lieu l'établissement de colonies agricoles en Alberta. En 1901, elle compte 73 022 habitants et 373 943 en 1911. Les colons viennent de l'Est du Canada, des États-Unis, de Grande-Bretagne et du continent européen. Dans les décennies suivantes, la croissance démographique ralentit et la population atteint 584 454 personnes en 1921, 796 169 en 1941 et 1 331 944 en 1961. C'est au cours de la CRISE DES ANNÉES 30 que la croissance démographique est la plus faible. Cependant, après la Deuxième Guerre mondiale, la croissance reprend grâce à l'arrivée d'immigrants d'outre-mer et de Canadiens d'autres provinces, attirés par la prospérité notoire de l'Alberta.

Au cours du boom pétrolier des années 1970, cette tendance s'accentue considérablement, et la population de la province explose, passant de 1 768 500 à 2 367 400 habitants en 1984. Entre le recensement de 1996 et celui de 2001, la population de l'Alberta connaît une hausse de 10,3 p. 100, de loin la plus grande croissance du pays à ce moment-là. En 2001, la population de la province est de 2 974 807 habitants.


Centres urbains
En 2001, la population albertaine est urbaine à plus de 80 p. 100. C'est vers la fin des années 1930 que la population rurale culmine, avec 530 000 habitants, soit les deux tiers de la population totale.

L'URBANISATION s'accélère pendant la Deuxième Guerre mondiale et, à la faveur de la prospérité d'après-guerre, elle s'intensifie nettement. Dès 1951, la population rurale ne totalise plus que 490 000 personnes, soit 61 p. 100. La concentration de la population au sein de deux grandes agglomérations constitue l'aspect le plus remarquable de la croissance urbaine : en 1946, EDMONTON et CALGARY regroupent 27 p. 100 de la population de l'Alberta; en 2001, ce pourcentage s'élève à 80,9 p. 100. Edmonton, capitale provinciale et centre administratif, compte 666 104 habitants en 2001, tandis que celle de Calgary, siège des activités pétrolières et financières, compte 878 866 personnes. Pour ce qui est de la vente en gros et au détail, l'hinterland de la région de Calgary englobe toute la province au Sud de Red Deer, plus une partie du Sud-Est de la Colombie-Britannique, tandis que celui d'Edmonton comprend le reste de l'Alberta et le Nord-Est de la Colombie-Britannique, dans la région de la rivière de la Paix.

La croissance d'Edmonton et de Calgary a nui aux centres urbains secondaires : LETHBRIDGE, RED DEER et MEDICINE HAT, au Sud, ont conservé leur zone d'influence potentielle, mais aux dépens de localités plus petites. ST. ALBERT, Sherwood Park, LEDUC et FORT SASKATCHEWANsont presque devenues des villes-satellites d'Edmonton. Seules FORT MCMURRAY, au Nord-Est, et GRANDE PRAIRIE, au Nord-Ouest, ont échappé à l'influence directe des deux villes principales, en raison de leur éloignement et de l'aspect régional de l'exploitation des ressources.

Edmonton (image-satellite)
Edmonton (image-satellite)
Sur cette image-satellite, Edmonton apparaît à droite sous forme de taches bleues. La rivière Saskatchewan Nord serpente à travers la ville entourée d'exploitations agricoles (le rose représente les champs nouvellement plantés) qui se mélangent aux régions en vert des contreforts. Le vert pâle représente la ceinture verte d'Edmonton (avec la permission du Centre canadien de télédétection).
Calgary, vue du centre-ville
Calgary, vue du centre-ville
Photo de la ville de Calgary avec les montagnes Rocheuses en toile de fond (photo de Larry Fisher/Masterfile).


Main-d'oeuvre
Le nombre de personnes au travail en Alberta en 2004 était de 1 757 900. La plupart évoluent dans le secteur tertiaire. Le taux de chômage de la province à ce moment est de 4,6 p. 100. L'Alberta a toujours connu un taux de chômage plus bas que la moyenne nationale, souvent le plus bas. Des tendances importantes du marché du travail provincial comprennent l'industrie tertiaire et un taux d'activité croissant chez les femmes (67,3 p.100 en 2004). Les principaux employeurs du secteur industriel comprennent la construction, la fabrication, le commerce, le logement, l'alimentation, les soins de santé et l'aide sociale. Le salaire net par habitant en 2003 est de 25 539 $, le plus élevé de toutes les provinces.


Ethnies, langues et religions
En 2001, les principaux groupes ethniques en importance sont les Canadiens, Britanniques, les Allemands, les Chinois, les Ukrainiens, les autochtones, les Néerlandais, les ressortissants des Indes orientales, les Français et les Polonais. Parmi les autres groupes présents, on retrouve les Philippins, les Hongrois, les Italiens, les Indochinois, les Vietnamiens, les Norvégiens et les Libanais. De 1896 à 1914, une vague d'immigration amène des dizaines de milliers de colons provenant du Nord, du Centre et de l'Est de l'Europe, qui s'expriment en diverses langues et pratiquent différentes religions. Ils sont à l'origine de la grande diversité de l'Alberta. Depuis les années 1970, les immigrants provenant de l'Asie et du Moyen-Orient commencent à s'y installer en plus grand nombre.

En 2001, la population de langue maternelle anglaise domine nettement avec 87 p. 100 de la population totale. Toutefois, d'autres langues ont survécu, aidées en cela par la venue d'immigrants, après la Deuxième Guerre mondiale, qui ont renforcé des groupes d'origine autre qu'anglophone arrivés antérieurement. L'allemand est la langue maternelle de 2,7 p. 100 de la population totale, l'ukrainien, celle de 1,2 p. 100, le français, celle de 2 p. 100 et le chinois, de 2,7 p. 100.

En 2001, les catholiques romains forment le groupe religieux le plus considérable, avec 756 005 fidèles ou 25,7 p. 100 de la population totale. Viennent ensuite par ordre décroissant les membres de l'Église unie avec 13,5 p. 100; les anglicans avec 5,9 p. 100; les luthériens avec 4,8 p. 100; les disciples des principales religions non chrétiennes (dont les bouddhistes, les hindous, les musulmans, les Sikhs et les juifs) avec 4,5 p. 100; les baptistes avec 2,5 p. 100; les pentecôtistes avec 1,4 p. 100; les presbytériens avec 1 p. 100; les orthodoxes chrétiens avec 1,5 p. 100; et les catholiques de rite ukrainien avec 1 p. 100. En outre, certains groupes religieux, de faible importance mais d'une visibilité certaine, sont plus nombreux en Alberta que dans toute autre province : les MORMONS avec 1,7 p. 100; les MENNONITES avec 0,7 p. 100; et les HUTTÉRITES avec 0,4 p. 100.

Cette diversité a exercé une influence sur les attitudes populaires et les politiques en matière d'éducation et de multiculturalisme. Au cours des années qui ont précédé la constitution de la province en 1905, la division de la société entre Français catholiques et Anglais protestants a conduit à la création de commissions scolaires locales séparées et financées par les fonds publics pour la minorité catholique (ou parfois protestante). Par la suite, les huttérites, les mennonites et les membres de l'Église chrétienne réformée obtiendront, eux aussi, des privilèges dans le domaine de l'éducation, soit dans le cadre du système d'enseignement public, soit par le truchement d'écoles privées financées par les groupes eux-mêmes. Quoique l'anglais demeure la principale langue d'enseignement dans les écoles de l'Alberta, les autorités de compétence tant provinciale que locale ont toléré, et même encouragé, l'enseignement en français, en allemand, en ukrainien et en langue amérindienne.


Économie
L'économie de l'Alberta a longtemps reposé sur l'exploitation des matières premières et sur les marchés extérieurs, les prix et les revenus étant largement déterminés par des forces économiques et politiques extérieures. Ce modèle s'est implanté dès le XVIIIe siècle avec la TRAITE DES FOURRURES et s'est poursuivi au XIXe siècle avec l'industrie de l'élevage et, par la suite, la culture céréalière. L'achèvement, en 1885, de la liaison ferroviaire du CP ouvre des marchés aux céréales, tout en favorisant la pénétration des produits fabriqués dans l'Est. L'agriculture, l'activité économique prépondérante jusqu'à la découverte de pétrole dans le champ Leduc en 1947, a depuis été surpassée par les secteurs minier et manufacturier en ce qui a trait à la valeur nette de la production.

Colonie de peuplement dans l’Ouest
Colonie de peuplement dans l’Ouest
Le premier chez-soi d’un colon, une cabane couverte de papier goudronné et une tente (date inconnue) (photo d'E. Brown, avec la permission des Archives provinciales de l’Alberta /B4510).
Au début des années 1970, la flambée mondiale du prix du pétrole provoque une croissance frénétique et sans précédent de l'économie albertaine. Après une décennie de prospérité financière, due presque entièrement aux profits générés par l'industrie pétrolière, les effets de la récession économique des années 1982 et 1983, qui frappe l'ensemble du pays, se feront durement sentir en Alberta : ralentissement de la construction, chute des ventes au détail et montée soudaine du taux de chômage, qui passe de 4 à 10 %. En 1982 et en 1983, les investissements et les dépenses dégringolent de façon dramatique et, depuis lors, ils se sont stabilisés à des niveaux considérablement moindres que ceux qui avaient été atteints au cours de la période de prospérité. Après plusieurs années de croissance économique très modérée sinon nulle, on assiste en 1986 à un effondrement considérable des prix du pétrole et des céréales sur les marchés internationaux. Malgré les nombreuses promesses formulées par le gouvernement provincial au cours des années 1970 et 1980, selon lesquelles il allait utiliser les énormes redevances sur les ventes de pétrole et de gaz naturel pour diversifier l'économie, il faudra attendre la fin des années 1980 pour assister à un début de diversification dans le domaine de l'industrie forestière. Au milieu des années 1990, à la suite d'une hausse des prix de son pétrole et de son gaz naturel sur les marchés mondiaux, l'économie albertaine reprendra de la vigueur.


Agriculture
L'industrie agricole albertaine demeure d'une importance vitale pour la province, pour le pays et, si l'on prend en considération les exportations de céréales, pour le monde. De 1975 à 1980, les recettes provenant de l'agriculture augmentent de 65 % et, depuis ce temps, elles connaissent des hausses constantes. Les rentrées d'argent provenant des cultures céréalières, principalement le BLÉ, le CANOLA et l'ORGE, totalisent 2,3 milliards de dollars en 1999. Parmi les autres cultures, mentionnons la betterave à sucre, la pomme de terre et les légumes. En 1999, les revenus provenant de l'élevage du bétail et des produits dérivés atteignent 3,9 milliards de dollars. La transformation des produits agricoles génère à elle seule 4,8 milliards de dollars de plus.

Silos élévateurs
Silos élévateurs
Sud de l'Alberta (photo de Richard Harrington).
Les exploitations laitières et avicoles, de même que les élevages de bovins, de porcs et de moutons, se concentrent autour des régions métropolitaines d'Edmonton et de Calgary et dans le corridor qui relie les deux villes. Les producteurs de blé et de petites céréales se retrouvent principalement dans la région de la rivière de la Paix, dans les secteurs d'Edmonton, de CAMROSE et de LLOYDMINSTER, et dans une ceinture s'étendant de Red Deer, au Sud-Est, vers la frontière des États-Unis. Il existe une concentration d'entreprises à vocations variées dans le croissant qui s'étire vers le Nord-Ouest, de Lethbridge à Calgary et à Red Deer, et ensuite vers le Nord-Est, jusqu'à Camrose et à Lloydminster ainsi que dans les comtés au Nord d'Edmonton. Les sols bruns et noirs, qui constituent la prairie mixte et la prairie-parc, conviennent particulièrement bien à l'agriculture mixte. En dehors de ce croissant fertile, surtout au Sud-Est, on retrouve les ranchs et les exploitations de blé, où l'étendue des unités de production compense le faible rendement du sol. Lethbridge se situe au centre de la zone de culture en terrain irrigué, où l'on produit la betterave à sucre, la pomme de terre et d'autres légumes.


Industrie
Les fabricants albertains ont tendance, soit à traiter les matières premières locales (pétrole, denrées agricoles, bois, minéraux non métalliques), soit à se lancer dans la fabrication, sur commande, des produits nécessaires aux secteurs de l'exploitation des ressources et de la construction. Pendant les années 1970, c'est l'INDUSTRIE PÉTROCHIMIQUE, surtout celles de l'éthylène, à Joffre, et du monomère de chlorure de vinyle, de l'éthylène et du chloralcali, à Fort Saskatchewan, qui a connu l'essor le plus rapide. En 1999, la valeur nette de la production du secteur manufacturier atteint 35,3 milliards de dollars. L'industrie des aliments et des boissons, avec des recettes de 7,8 milliards de dollars, arrive en première place, suivie des produits chimiques et des produits pétroliers.

Monte du taureau
Monte du taureau
Monte du taureau au Stampede de Calgary (photo de Pat Price/Take Stock Inc.).
De 1955 au début des années 1980, la construction représente l'une des principales activités industrielles, et l'industrie du pétrole et du gaz contribue en grande partie à cet essor. Cependant, les récessions du milieu des années 1980 et du début des années 1990 frappent cette industrie de plein fouet. En Alberta, d'année en année, la valeur totale des travaux de construction fluctue énormément, selon le nombre de projets de grande ampleur mis en chantier. Pendant les années 1970, Edmonton et Calgary, les villes-champignons du Canada, monopolisent une très grande partie des investissements en matière de construction commerciale et résidentielle. Après 1982, toutefois, les industries d'ingénierie et des services auxiliaires du secteur pétrolier, durement touchées par la crise économique, mettent un frein à leur expansion.

Le recul du secteur de la construction, largement responsable de la hausse du taux de chômage en Alberta, a fortement contribué à l'affaiblissement des syndicats des métiers de la construction, car les entrepreneurs, pressés de diminuer leurs coûts, ont choisi d'embaucher à moindre salaire des travailleurs non syndiqués. Ce phénomène a donné lieu, dans la province, à une agitation ouvrière qui a forcé le gouvernement à réviser les lois sur le travail.

L'industrie touristique forme l'un des quatre piliers de l'économie albertaine, ayant suscité, en 1998, des retombées de plus de 4,6 milliards de dollars, dont plus de la moitié ont été dépensés par des visiteurs provenant de l'extérieur. Cet afflux annuel de touristes permet la création, à l'échelle de la province, de plus de 74 000 emplois (équivalent temps plein). Les paysages époustouflants des montagnes Rocheuses et l'accès, à longueur d'année, à des installations récréatives, en particulier dans les parcs nationaux de BANFF et de JASPER, attirent chaque année des centaines de milliers de touristes du monde entier. Outre les parcs, de nombreuses attractions locales séduisent par milliers des visiteurs séjournant dans la province, en particulier le STAMPEDE DE CALGARY, célèbre à l'échelle planétaire. De même, des événements spéciaux, tels que la tenue à Edmonton, en 1978, des JEUX DU COMMONWEALTH et, en 1983, des JEUX MONDIAUX UNIVERSITAIRES, puis celle des Jeux olympiques d'hiver à Calgary, en 1988, ont attiré des milliers de visiteurs.


Mines
On estime à 26,7 milliards de dollars la valeur totale de la production minérale en Alberta en 1997, soit 53 % de l'ensemble canadien. Les matériaux combustibles, de loin la principale composante de la production minière (plus de 95 %), ont rapporté 26,2 milliards de dollars, soit 79 % de la valeur nationale totale. De 1975 à 1985, en Alberta, on note une baisse de l'extraction de pétrole brut et une hausse de la production annuelle de gaz naturel. Au cours de la première moitié des années 1990, la production de pétrole brut classique s'est stabilisée, celle du gaz naturel a poursuivi sa croissance et la part dévolue au bitume et au pétrole synthétique s'est également accrue.

De 1975 à 1980, le volume d'extraction du charbon en Alberta augmente de 67 % pour atteindre 20,1 millions de tonnes et s'élève à nouveau au milieu des années 1980 pour se stabiliser à 36 millions de tonnes au milieu des années 1990. C'est d'ailleurs le charbon qui, en 1872, est à l'origine de la première aventure minière en Alberta, dans la région de Lethbridge. Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, l'industrie du charbon forme l'une des principales activités économiques dans les régions de Lethbridge, de CROWSNEST PASS et de Drumheller. Après un premier déclin dans les années 1920 et la baisse massive de la consommation nationale dans les années 1950, l'industrie du charbon atteint son plus bas niveau de production au début des années 1960. Depuis lors, une légère hausse de la demande intérieure ainsi que la négociation de baux à long terme pour l'alimentation de l'industrie sidérurgique japonaise et l'implantation de nouvelles technologies pour la liquéfaction du charbon, ont ranimé ce secteur.

L'Alberta produit, en quantité limitée, du sel, du sulfate de sodium et de la tourbe, en plus d'un certain nombre de minéraux utilisés dans l'industrie de la construction (pierre à chaux, sable et argile). La province est le premier producteur mondial de soufre élémentaire provenant d'hydrocarbures. On y extrait de petites quantités d'or, et la région du lac Athabasca possède des gisements de minerai de fer et d'uranium à basse teneur qui demeurent inexploités.


Foresterie
La forêt couvre près des trois quarts du territoire de l'Alberta, et 67 % de cette ressource sont considérés propices à une exploitation commerciale. Depuis la fin des années 1980, le gouvernement albertain s'emploie à promouvoir ce volet de l'économie; entre 1986 et 1996, plus de 4 milliards de dollars sont investis dans de nombreux projets relatifs aux forêts. De nos jours, en Alberta, l'industrie forestière a surpassé le tourisme comme troisième industrie primaire en importance, même si cette position dépend fortement de l'évolution des prix mondiaux de ses produits.

En 2000, on estime que cette industrie procure 25 000 emplois. La valeur totale des exportations est évaluée à 2,5 milliards. La province compte sept usines de pâte à papier et une usine de pâtes et papiers (Whitecourt). à l'exception de l'une d'entre elles, située à Calgary, ces usines se trouvent au Nord et à l'Ouest d'Edmonton. Les usines de papier sont situées à Edmonton et à Calgary.


Pêche
Au milieu des années 1970, la pêche commerciale (comprenant 50 % de corégone) dans les lacs du Nord de l'Alberta affiche des prises atteignant en moyenne 2 millions de kilogrammes, pour une valeur annuelle d'environ 800 000 dollars. En 1997-1998, elle génère des prises évaluées à 2,9 millions de kilogrammes, d'une valeur marchande de 1,9 million de dollars.


Finances
L'essor de l'industrie pétrolière après la Deuxième Guerre mondiale, et surtout pendant les années 1970, déplace vers l'Ouest la puissance financière du Canada, ce qui avantage surtout l'Alberta. Ayant raffermi son rang de principal centre financier de la province, Calgary rivalise alors avec les autres centres nationaux. En 1978, l'Alberta Stock Exchange (Bourse de l'Alberta), établie à Calgary, inscrit près de 400 entreprises. En 1998, on en compte plus de 1000. Ce sont en grande partie de petites sociétés pétrolières et gazières, mais la Bourse de l'Alberta comprend désormais des sociétés de biotechnologie. La valeur monétaire des sommes négociées sur le parquet de la Bourse passe de 95 à 480 millions de dollars au cours de la même période. The Alberta Stock Exchange et le Vancouver Stock Exchange ont fusionné en 1999 pour former le Canadian Venture Exchange, qui a part la suite été acquis par le Toronto Stock Exchange en 2001 lors d'un échange de titres de second rang.

Lots de colonisation
Lots de colonisation
Lots de colonisation près de Lloydminster, v. 1904 (photo d'E. Brown, avec la permission des Archives provinciales de l’Alberta/B661).
En 1980, 22 banques étrangères sont déjà installées à Calgary (en 1990, ce chiffre tombera à 17), ce qui fait de cette ville le troisième centre de sièges sociaux de grandes entreprises canadiennes, après Toronto et Montréal. La Alberta Treasury Branch, une société de gérance du gouvernement provincial , est maintenant la seule banque en Alberta.

Les institutions financières de la province sortent complètement ravagées de la récession du début des années 1980. En 1985, la BANQUE COMMERCIALE DU CANADA et la Norbanque s'écroulent, à quelques semaines d'intervalle. De nombreuses sociétés de fiducie et de prêts hypothécaires s'effondrent, mouvement amorcé par la faillite de Dial Mortgage en 1981 et qui aura comme point culminant celle du Groupe Principal en 1987. En 1984, le gouvernement albertain se voit dans l'obligation de garantir 2,4 milliards de dollars de dépôts dans les caisses d'économie de la province et, en 1987, il force la fusion de huit d'entre elles.


Transports
Bien que ce soit par voie d'eau que s'effectue, au XVIIIe siècle et au début du XIXe, le commerce des fourrures, c'est l'établissement d'un lien ferroviaire qui favorisera le peuplement de l'Alberta, vers la fin du XIXe siècle, et l'intégration de l'économie provinciale avec celle du reste du pays. Le Sud de l'Alberta est desservi principalement par le CP, le centre par le CN, et les régions du Nord, par l'Alberta Resources Railway, la compagnie des chemins de fer du Nord de l'Alberta et le chemin de fer du Grand lac des Esclaves, tous affiliés au CN. La Central Western Railways (1986) exploite un service de transport des marchandises sur deux lignes, à l'Est de Red Deer. C'est grâce aux voies ferrées du CP et du CN que la quasi-totalité de la récolte albertaine de céréales est expédiée à l'Est ou à l'Ouest, vers les marchés internationaux. Ces voies d'accès sont d'ailleurs si cruciales pour l'économie provinciale, que les enjeux relatifs aux chemins de fer, comme l'abandon des lignes secondaires, la CONVENTION DU-NID-DE CORBEAU et l'amélioration des lignes principales et des installations terminales, revêtent une très grande importance tant sur le plan politique que sur le plan économique.

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l'importance du rôle joué par les routes de la province, pour le transport des personnes et des marchandises, s'est accrue considérablement : l'autoroute 2 à voies multiples qui relie Edmonton et Calgary est la plus fréquentée. Parmi les routes interprovinciales importantes, citons l'autoroute 1, ou ROUTE TRANSCANADIENNE, qui va de Medicine Hat à Banff en passant par Calgary; l'autoroute 16, ou Yellowhead, qui relie Lloydminster à Jasper en passant par Edmonton; et l'autoroute Mackenzie qui, orientée au nord, relie la région de la rivière de la Paix aux Territoires du Nord-Ouest.

C'est à Calgary que se trouve le siège social de Greyhound Canada Transportation Co., la plus grande société d'autobus interurbains du Canada, et de Red Arrow, une entreprise albertaine, desservant Fort McMurray, Edmonton, Red Deer et Calgary.

Les deux aéroports internationaux que compte l'Alberta sont situés à Calgary et à Edmonton. Les grands transporteurs canadiens offrent des vols réguliers pour passagers vers d'autres parties du pays ou vers l'étranger.


Énergie
La découverte du gisement de Turner Valley, en 1914, marque le début de l'industrie pétrolière en Alberta. Cependant, hormis un bref sursaut d'activité à la fin des années 1930, cette industrie demeure négligeable jusqu'à la découverte, en 1947, du gisement de Leduc, suivie par la mise en exploitation des gisements de Woodbend, REDWATER et Pembina. La province compte plus de 44 000 puits producteurs, disséminés presque à la grandeur de son territoire.

La part de l'Alberta s'établit à plus de 50 % de la production canadienne totale, environ 893 000 barils par jour. Environ 50 % de la production est exportée aux États-Unis, 28 %, vers les autres provinces, et les 22 % restants comblent les besoins du marché intérieur.

L'industrie du gaz naturel, plus ancienne que celle du pétrole, remonte à la découverte de gisements près de Medicine Hat en 1883. Environ la moitié est exportée vers les États-Unis et le quart est utilisée pour satisfaire les besoins d'autres parties du Canada. La plus grande partie de la production canadienne de gaz naturel, soit 80 %, provient des puits albertains. C'est aussi le troisième plus grand producteur au monde. En effet, les deux tiers des réserves mondiales de bitume se trouvent dans cette province, emprisonnés dans des lits de sable souterrains (sables bitumineux) qui s'étendent sur plus de 141 000 km2, dans trois régions de l'Alberta : Athabasca, Peace River et Cold Lake. Les 1,6 billion de barils de pétrole qu'ils contiennent forment l'une des plus importantes concentrations mondiales connues d'hydrocarbures. Alors que la production traditionnelle diminue, les sables bitumineux deviennent la ressource qui permettra d'assurer la sécurité énergétique du Canada au cours des prochaines années. L'Alberta possède aussi de vastes réserves de pétrole, qui présentent les mêmes caractéristiques chimiques que le bitume des sables bitumineux.

Les sables bitumineux représentent 40 % de la production totale de l'Alberta et le tiers de la production canadienne. Si l'exploitation des sables bitumineux s'est d'abord effectuée dans le cadre de MÉGAPROJETS, comme ceux de Syncrude et de Great Canadian Oil Sands (devenus Suncor), c'est aujourd'hui le principe de la croissance excédentaire qui semble en guider la progression. L'amélioration continue de la technologie, permettant d'abaisser les coûts associés à la récupération du pétrole des sables bitumineux, de même que des allégements fiscaux consentis par les gouvernements fédéral et provincial, annoncés en 1996, ont permis la mise en oeuvre de projets d'une valeur totale de plus de 15 milliards de dollars, qui devraient être terminés vers 2000.

Depuis 1947, l'industrie pétrolière, en suscitant la prospérité à la fois des secteurs public et privé, a transformé l'Alberta autrefois « pauvre » en une province « nantie ». Alors qu'Edmonton est devenue le centre des industries auxiliaires, de la production et de l'expédition du pétrole, Calgary, peut-être à cause de la proximité du gisement de Turner Valley, est restée le centre d'exploitation et le centre financier et administratif.

Les redevances provenant de l'exploitation pétrolière ont rempli les coffres de la province, permettant ainsi au gouvernement du Crédit social (années 1950 et 1960) et aux conservateurs (années 1970, 1980 et 1990) de ne pas augmenter le fardeau fiscal. Cependant, la mésentente au sujet de la fixation des prix du pétrole et des volumes d'exportation a provoqué des débats acrimonieux entre l'Alberta et le gouvernement fédéral et fourni des arguments à de forts mouvements politiques prônant la suprématie des juridictions provinciales ou même le séparatisme. Au milieu des années 1990, la plupart des différends ont été aplanis, et le secteur de l'énergie de l'Alberta profite du fait que ses produits sont avantagés par le cours élevé des prix mondiaux du pétrole.

En Alberta, près de 184 000 km de PIPELINES sillonnent la province pour le transport du pétrole (29 100 km) et du gaz naturel (154 700 km). Un autre réseau de pipelines, d'une longueur de 37 400 km, achemine le pétrole brut des chantiers de forage aux installations de collecte. Le pétrole coule vers l'Est par l'entremise du système de canalisations d'Interprovincial Pipeline (achevé en 1953, de l'Alberta à Sarnia en Ontario, et en 1975-1976 jusqu'à Montréal). Il est transporté vers l'Ouest, jusqu'au Pacifique, par l'oléoduc de Trans Mountain Pipe Line. La NOVA Gas Transmission possède et exploite les gazoducs, qui livrent le gaz aux consommateurs, tant aux entreprises qu'aux foyers à l'intérieur du territoire albertain, et l'acheminent jusqu'aux frontières de l'Alberta où il est pris en charge par des pipelines interprovinciaux ou américains. Grâce à un réseau interconnecté qui traverse la province, Alberta Natural Gas et Foothills Pipe Lines transportent le gaz du Sud-Est de la Colombie-Britannique vers les marchés américains.


Gouvernement et politique
L'autorité législative relève du LIEUTENANT-GOUVERNEUR (représentant de la Couronne, il est nommé par le gouverneur général à la recommandation du premier ministre) et d'une assemblée législative unicamérale élue, regroupant 83 députés. Toutefois, les pouvoirs traditionnels du lieutenant-gouverneur sont, pour ainsi dire, tombés en désuétude. Le pouvoir exécutif incombe à un cabinet de ministres responsables choisis par le PREMIER MINISTRE PROVINCIAL, chef du parti politique majoritaire à l'assemblée législative. Chaque ministre dirige un ou plusieurs ministères au sein du gouvernement. (Voir aussi PREMIERS MINISTRES DE L'ALBERTA : TABLEAU; LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DE L'ALBERTA : TABLEAU.)

Government House (Alberta)
Government House (Alberta)
Résidence du lieutenant-gouverneur de l'Alberta, à Edmonton (avec la permission du Economic Development Edmonton).
L'autorité supérieure du système judiciaire est représentée par la Cour du banc de la Reine, dont les juges sont nommés par le gouvernement fédéral. La Division de première instance de la Cour du banc de la Reine entend tant les causes civiles que criminelles, habituellement les plus graves, tandis que la Division des appels instruit les appels émanant à la fois de la Cour du banc de la Reine et de la Cour provinciale. Cette dernière, composée de juges nommés par la province, entend l'immense majorité des causes civiles et criminelles de première instance.


Autorités locales
Le pouvoir municipal local, qui émane de la province, est exercé en vertu de diverses lois sur les municipalités (voir GOUVERNEMENT MUNICIPAL). Les administrations municipales assurent les services locaux, tels que la police, la protection contre les incendies, l'enlèvement des ordures, l'évacuation des eaux usées, le service d'aqueduc et autres services publics, l'entretien des routes et le transport en commun, les parcs et les loisirs. Les municipalités urbaines comprennent les cités, les villes, les « nouvelles villes » (dotées de capacités d'emprunt particulières), les villages et les « villages d'été » (zones de villégiature).

Les autorités rurales englobent les districts municipaux (regroupant 30 CANTONS en moyenne) et les COMTÉS (regroupant 40 cantons en moyenne). Ces deux types de municipalités rurales ne diffèrent que par l'étendue de leurs responsabilités en matière d'éducation publique : dans les districts municipaux, les commissions scolaires publiques forment des entités distinctes, tandis que les écoles publiques des comtés sont administrées par un comité du conseil de comté.

Il existe un troisième type de municipalité rurale : le district en voie d'organisation, pour les zones périphériques, qui n'élit pas son propre conseil, mais est administré directement par le ministère des Affaires municipales, à l'exception des secteurs urbanisés qui se trouvent à l'intérieur des limites des cinq parcs nationaux, lesquels sont régis par le gouvernement fédéral.


Représentation fédérale
L'Alberta détient 6 sièges au Sénat (nombre fixe déterminé par la Constitution) et 26 sièges à la Chambre des communes (nombre variable découlant d'un REMANIEMENT effectué après chaque recensement décennal). À l'issue des deux premières élections fédérales qui suivent la création de la province, en 1908 et en 1911, le Parti libéral remporte la majorité des sièges albertains. Les conservateurs balaient la province à l'élection de 1917, puis les progressistes règnent de 1921 à 1930 et, enfin, le Crédit social de 1935 à 1957. Depuis la victoire écrasante, en 1958, de John Diefenbaker, l'Alberta vote massivement conservateur. Aux élections de 1972, de 1974, de 1979, de 1980 et de 1984, les conservateurs remportent tous les sièges de la province, avec un appui populaire qui varie de 58 à 69 %.

De 1963 à 1984, étant donné le soutien massif accordé aux conservateurs, même si la majorité des électeurs canadiens reportent les libéraux au pouvoir, les députés de l'Alberta forment l'opposition à la Chambre des communes, sauf en 1979 et en 1980, pendant le bref gouvernement de Joe CLARK, lui-même albertain d'origine, et de 1977 à 1979, années où Jack HORNER, après avoir démissionné du Parti conservateur, est ministre au sein du cabinet libéral. Entre 1984 et 1993, sous le gouvernement Mulroney à Ottawa, les conservateurs albertains exercent une influence sans précédent grâce à Joe Clark, à Don Mazankowski, à Harvey Andre et à d'autres, qui occupent des postes clés au sein du cabinet. Toutefois, la popularité croissante du Parti réformiste, conjuguée au mécontentement de la population au sujet de mesures fédérales comme l'imposition de la TPS, provoque, à l'occasion des élections de 1993, un bouleversement total. Les conservateurs perdent tous les sièges qu'ils détenaient en Alberta. Les libéraux réussissent à l'emporter dans 4 circonscriptions, et le jeune Parti réformiste s'empare facilement des 22 autres sièges. Aux élections de 1997, le Parti réformiste renforce sa position politique fédérale en Alberta en décrochant 24 des 26 sièges. Les libéraux sont réduits à deux sièges.


Finances publiques
Les habitants de l'Alberta sont les contribuables canadiens les moins imposés au pays et, en 1995, ils demeuraient toujours exempts de taxe de vente au détail. En lieu et place, la province compte sur divers droits, frais de location et redevances versés par les sociétés pétrolières et gazières et les entreprises charbonnières et minières. En 1981-1982, ces redevances représentent 45 % des recettes totales du gouvernement, mais en 1992, cette proportion chute à 20 %. Avant 1976, tous les revenus étaient versés au fonds budgétaire général, auquel on puisait pour financer l'ensemble des dépenses gouvernementales. Cependant, après la crise relative à la fixation des prix de l'énergie au milieu des années 1970, les revenus s'accroissent de façon spectaculaire, et le gouvernement prévoit d'importants excédents. On met donc sur pied, en 1976, le FONDS DU PATRIMOINE DE L'ALBERTA, dans lequel on verse 30 % (puis 15 % en 1982 et 0 % en 1987) des recettes provenant de l'exploitation des ressources non renouvelables.

Grâce au Fonds du patrimoine, la province veut d'abord s'assurer d'un rendement maximal des capitaux propres pour pouvoir compter sur des ressources financières durant les périodes où les revenus provenant des richesses naturelles s'amoindriront; renforcer et diversifier l'économie de la province et entreprendre des projets d'immobilisations (établissements de santé, projets d'irrigation et projets d'ordre récréatif); enfin, investir dans le perfectionnement de la technologie des sables bitumineux. Vers la fin des années 1980 et au cours des années 1990, au moment où la dette de la province prend de l'ampleur, le recours aux sommes détenues par le fonds devient l'un des principaux enjeux à l'ordre du jour de la politique provinciale.


Santé
En juillet 1969, l'Alberta adhère au régime fédéral d'assurance-maladie et gère depuis le régime universel d'assurance-maladie de l'Alberta. Par moments, les négociations entre la province et les médecins, au sujet des barèmes d'honoraires établis en vertu de ce régime, ont donné lieu à des affrontements virulents. Certains médecins ont alors opté pour la « facturation équilibrée » ou le « dépassement d'honoraires ». Conformément aux dispositions de la Loi sur la santé fédérale de 1984, on a mis fin à ces pratiques en 1986. De nos jours, l'Alberta a retiré de la liste des prestations couvertes par le régime public d'assurance-maladie certains services « non essentiels », comme les examens de la vue. Dans la province, les services d'assistance sociale viennent en aide aux personnes âgées et handicapées et, de plus en plus, on met l'accent sur les services sociaux préventifs. L'argent du Fonds du patrimoine a servi au financement de la recherche médicale, par l'entremise du fonds de dotation de la Fondation du patrimoine pour la recherche médicale, disposant d'un capital de 300 millions de dollars, ce qui a permis d'augmenter le nombre de lits dans les hôpitaux (dont le nombre a été depuis considérablement réduit à la suite des coupures imposées par le gouvernement Klein).

Actuellement, les deux principaux projets d'immobilisations sont l'aménagement du Centre des sciences de la santé Walter C. Mackenzie à Edmonton et l'agrandissement de l'Hôpital pour enfants de l'Alberta à Calgary. La province dispose d'une vaste gamme d'établissements de santé, y compris de grands centres hospitaliers dans les principales agglomérations urbaines, des hôpitaux plus petits en zone rurale, des hôpitaux spécialisés dans les soins de longue durée, des hôpitaux psychiatriques et pour malades mentaux et des centres d'hébergement pour personnes âgées. La forte compression des dépenses imposée au secteur de la santé par le gouvernement Klein, dans son effort pour équilibrer le budget provincial, a entraîné des mises à pied massives et une détérioration de certains services de soins dans la province.


Politique
Traditionnellement, la politique provinciale se caractérise par la montée au pouvoir de partis politiques possédant de confortables majorités à la Chambre et qui demeurent longtemps au pouvoir avant de subir une défaite décisive et d'être, pour ainsi dire, rayés de la carte par une nouvelle force politique montante. Ce modèle est établi par les libéraux, sous la direction du premier ministre en titre, Alexander C. RUTHERFORD, qui obtient 57,5 % des voix, soit 22 des 25 sièges, à l'issue de la première élection provinciale en 1905. Les gouvernements libéraux de Rutherford et de ses successeurs, A.L. SIFTON et Charles STEWART, remportent des victoires analogues (1909, 1913 et 1917). Au cours de l'élection provinciale de 1921, soutenus par un mouvement de mécontentement qui agite le monde agricole à la fin de la Première Guerre mondiale, les FERMIERS UNIS DE L'ALBERTA sont propulsés au pouvoir, remportant 38 (tous en zone rurale) des 61 sièges, avec un maigre 28,9 % des suffrages exprimés. En 1926 et en 1930, ils répètent cet exploit avec le premier ministre John BROWNLEE. Cependant, en 1935, une nouvelle formation politique provinciale, la Ligue du CRÉDIT SOCIAL, dirigée par William ABERHART, enlève 56 sièges sur 63 avec 54 % des suffrages.

Édifice de l'Assemblée législative de l'Alberta
Édifice de l'Assemblée législative de l'Alberta
Edmonton, 1908-1913 (avec la permission des Provincial Archives of Alberta/Alfred Blyth Coll/BL 1196).
Sous les gouvernements d'Aberhart et de ses successeurs, Ernest MANNING et Harry STROM, le Crédit social, invincible, reste au pouvoir pendant 36 ans, jusqu'à la victoire de Peter LOUGHEED et des conservateurs qui, en 1971, gagnent 49 sièges sur 75 et 46 % des voix. Aux élections de 1975, de 1979 et de 1982, Lougheed et les conservateurs l'emportent haut la main sur les partis d'opposition. À l'élection de 1986, sous la houlette de Don GETTY, les conservateurs, qui voient leur soutien populaire chuter à 51 %, obtiennent 61 sièges sur 83. Les néo-démocrates, avec 29 % des suffrages exprimés, l'emportent dans 16 circonscriptions, dont 11 à Edmonton. Les libéraux font élire quatre députés, et le Representative Party se retrouve avec deux sièges à la Chambre. En 1989, les conservateurs font élire une majorité de leurs candidats, bien que les suffrages exprimés en leur faveur aient baissé.

À l'occasion de l'élection provinciale de 1993, on assiste à une épreuve de force entre les deux maires, fort populaires, des deux principales villes : l'ancien maire de Calgary, Ralph Klein, successeur de Getty à la direction du Parti conservateur et comme premier ministre, et Laurence Decore, ancien maire d'Edmonton et chef nouvellement élu d'un Parti libéral renaissant de ces cendres, qui mène une campagne axée sur la responsabilité financière et la réduction du déficit. Victorieux, les conservateurs de Klein voient néanmoins leur majorité fondre de 51 à 32 sièges, dans un contexte marqué par une polarisation du vote entre les zones rurales conservatrices du Sud et les régions urbaines libérales du Nord. Le NPD, qui n'a fait élire aucun candidat, brille par son absence à la Chambre.

Klein entreprend résolument de diminuer l'importance du rôle dévolu au gouvernement; par exemple, il privatise le réseau d'établissements de vente de spiritueux, le Bureau d'immatriculation des véhicules automobiles et le Bureau de l'état civil. Sa politique relative à la réduction du déficit, qui impose des coupures draconiennes dans les services publics, lui conserve un fort taux de popularité parmi une majorité de l'électorat, mais ses effets à long terme sur les systèmes provinciaux de soins de santé et d'éducation restent à évaluer. Les divergences d'opinion qui opposent Klein et les libéraux fédéraux sur les enjeux reliés aux soins de santé cadrent bien avec une tradition albertaine, remontant aux Fermiers unis de 1920, selon laquelle les partis provinciaux au pouvoir sont souvent opposés aux politiques du gouvernement fédéral, en particulier dans les domaines de l'impôt sur le revenu, des ressources naturelle et de la nature de la Confédération canadienne.


Éducation
C'est au milieu du XIXe siècle que des missionnaires catholiques et protestants fondent les premières écoles de l'Alberta. En 1884, l'Ordonnance sur les écoles des Territoires du Nord-Ouest instaure un double système confessionnel d'écoles catholiques et protestantes, inspiré du modèle québécois. Puis, avec l'arrivée subséquente de nouveaux colons protestants et la détermination affichée par le chef politique des Territoires, F.W.G. HAULTAIN, la dualité religieuse dans le domaine de l'éducation s'atténue peu à peu.

En 1905, l'Alberta entre dans la Confédération avec une structure modelée sur celle de l'Ontario : un système d'enseignement provincial unique, qui permet aux minorités religieuses dissidentes de disposer d'« écoles séparées », mais qui exclut la dualité à l'échelle de la province. En outre, on s'inspire du modèle ontarien au moment d'adopter les programmes d'études, le contenu des cours et les cycles scolaires, lequel demeurera en vigueur jusque dans les années 1930. Toutefois, durant cette décennie, le secteur de l'éducation fait l'objet de réformes particulièrement innovatrices : l'inscription au programme des études sociales, l'apparition des écoles secondaires de premier cycle et l'administration en bloc de larges groupements d'écoles rurales, en plus de l'expansion de la formation des adultes et de la mise en place de mesures visant à promouvoir le perfectionnement professionnel et l'amélioration des conditions salariales des enseignants.


Administration
En Alberta, le gouvernement provincial, les commissions scolaires locales publiques et les commissions scolaires des écoles séparées se partagent les responsabilités relatives à l'enseignement public. Au pays, c'est l'Alberta qui donnera le coup d'envoi de la réduction des dépenses publiques dans le domaine de l'éducation. En 2000-2001, 545 285 élèves sont inscrits de la première à la douzième année. Plus de 40 000 enfants profitent des services d'éducation préscolaire (Early Childhood Services), une année optionnelle offerte conjointement par le gouvernement provincial et la commission scolaire ou les agents communataires. Plus de 22 000 élèves sont inscrits à des écoles privées.


Établissements d'enseignement
L'enseignement postsecondaire relève du ministère de l'Alberta Learning (ministère de l'Apprentissage). En 1994-1995, les subventions provinciales représentent environ 57 % du budget (14 % de moins qu'en 1992), le reste provenant des droits de scolarité et d'autres sources. Les quatre universités de la province (Alberta, Calgary, Lethbridge et Athabasca) sont toutes des établissements publics et non confessionnels. L'U. de l'Alberta et l'U. de Calgary, tout comme l'U. de Lethbridge, sont axées sur la recherche, tandis que l'U. Athabasca se spécialise dans l'enseignement à distance. Le secteur postsecondaire public regroupe aussi le Northern Alberta Institute of Technology d'Edmonton et le Southern Alberta Institute of Technology de Calgary, qui offrent divers programmes pré-universitaires, des cours de rattrapage scolaire et des cours de formation professionnelle. Les modifications apportées en 1995 aux lois sur les collèges publics et sur les instituts de technologie permettent à ces établissements, sous réserve de l'obtention d'une autorisation ministérielle, d'offrir des programmes de formation technique menant à l'obtention d'un diplôme. En 2000-2001, plus de 120 000 étudiants sont inscrits dans les établissements d'enseignement postsecondaire.

L'Alberta compte quatre collèges professionnels dont les programmes et services sont destinés aux adultes qui n'ont pu parfaire leur formation pour des motifs éducationnels, sociaux ou économiques. Ils sont situés à Edmonton, à Calgary, au Petit lac des Esclaves et au lac La Biche et, en 1994-1995, plus de 12 580 étudiants à temps plein les fréquentent. De plus, 140 écoles professionnelles privées dûment licenciées accueillent, en 1994-1995, 12 354 étudiants.

La province contribue également au financement du Banff Centre, qui offre une vaste gamme de possibilités en matière d'éducation permanente dans les domaines des beaux-arts, de la gestion, de l'enseignement des langues et de la formation sur l'environnement. En 2001-2002, environ 2500 étudiants participent aux programmes d'arts. Près d'un tiers d'entre eux viennent d'autres provinces, alors qu'un autre tiers sont des étudiants étrangers.


Vie culturelle
En Alberta, la vie culturelle s'est heurtée à deux handicaps importants : la persistance d'une « mentalité de pionniers », qui fait une large place au matérialisme économique et à un individualisme farouche, et un sentiment d'aliénation culturelle vis-à-vis de grands centres métropolitains comme New York, Londres, Toronto et Los Angeles. Toutefois, elle a aussi profité de quelques avantages : la richesse des paysages naturels qui a influencé peintres et écrivains, la diversité de sa population qui permet de perpétuer les traditions de différentes cultures et, à certaines périodes, l'opulence du gouvernement, des sociétés et des particuliers, dont le secteur culturel a bénéficié. Le gouvernement provincial accorde son appui par l'entremise du Department of Community Development (ministère du Développement communautaire) et de l'Alberta Foundation for the Arts. Chaque année, la fondation distribue au milieu artistique près de 16 millions de dollars, qui proviennent de la vente de billets de loterie.


Arts
Jusqu'aux années 1960, le Provincial Institute of Art and Technology (devenu le Southern Alberta Institute of Technology), à Calgary, constitue le centre des arts visuels, dominés par une école de peintres paysagistes d'inspiration britannique. Qu'il s'agisse de W.J. PHILLIPS, de H.G. GLYDE, de W.L. Stevenson ou d'Illingworth KERR, ils peignent la prairie et la campagne, avec ses contreforts et ses montagnes. Font exception à la règle Maxwell BATES (aussi architecte) et Marion Nicol, peintres modernes originaires de Calgary.

Banff Centre Music Program
Banff Centre Music Program
Raphael Hillyer en compagnie de musiciens du programme d'études supérieures en musique du Banff Centre for the Arts (photo de Monte Greenshields).
À partir des années 1960, et ce, jusque dans les années 1980, la théorie sur le formalisme abstrait de l'école new-yorkaise exerce son influence sur les peintres du Nord de l'Alberta, tels que Douglas Haynes à l'U. de l'Alberta. Les peintres abstraits Robert SCOTT, Terrence Keller et Graham Peacock comptent parmi les nombreux artistes soutenus par l'Edmonton Art Gallery, qui devient aussi le chef de file à l'échelle du pays, en matière d'exposition et de promotion d'oeuvres modernes de sculpteurs sur métal comme Peter Hyde et Alan REYNOLDS. La fin des années 1980 est marquée, partout dans la province, par une résurgence de la peinture et de la sculpture figuratives et par l'apparition, tant à Edmonton qu'à Calgary, d'une importante colonie de graveurs d'art.

Les principaux musées d'art publics sont l'Edmonton Art Gallery et le Glenbow-Alberta Institute de Calgary, sans oublier la Southern Alberta Art Gallery de Lethbridge et la Prairie Art Gallery de Grande Prairie, qui ont un rayonnement régional.

Les activités professionnelles dans le domaine des arts d'interprétation sont concentrées à Calgary et à Edmonton, mais, selon la plupart des critiques, cette dernière l'emporte sur le plan artistique. Edmonton accueille un important festival folklorique estival et Jazz City, un festival international de jazz louangé par les critiques de par le monde. L'ORCHESTRE SYMPHONIQUE D'EDMONTON et l'Orchestre philharmonique de Calgary constituent les principales formations orchestrales de la province. L'Alberta compte aussi deux troupes d'opéra, l'Edmonton Opera Association et la Southern Alberta Opera Association de Calgary, ainsi qu'une compagnie de ballet, l'ALBERTA BALLET COMPANY, dont le siège social est à Calgary.

Parmi les compagnies théâtrales professionnelles d'importance, on retrouve le CITADEL THEATRE d'Edmonton et le Theatre Calgary. Par ailleurs, chaque année durant l'été, Edmonton est la ville hôtesse du Fringe Theatre Event, un festival où sont présentées, durant une semaine, des pièces, anciennes et modernes, dans des théâtres en plein air ou sur des scènes traditionnelles. De nombreux dramaturges albertains (dont John MURRELL et Sharon POLLOCK, de renommée nationale) ont travaillé en collaboration avec l'Alberta Theatre Projects, une compagnie de Calgary qui favorise les écrivains et les thèmes locaux. Chaque été, Edmonton est également le théâtre de la manifestation The Works : A Visual Arts Celebration, un festival d'arts visuels qui s'est imposé, à l'échelle nationale, comme le pionnier du genre.

Parmi les principales salles à la disposition des arts d'interprétation, notons les auditoriums jumeaux Jubilee d'Edmonton et de Calgary (construits en 1955 à l'occasion du cinquantenaire de la province), le Citadel Theatre d'Edmonton, le Timms Centre For the Arts (1995), le Francis Winspear Centre for Music (1996) ainsi que le nouveau Centre for the Performing Arts, édifié par la ville de Calgary. Le BANFF CENTRE s'est bâti une renommée nationale et internationale en tant que centre de formation pour les jeunes professionnels des arts d'interprétation.

Plusieurs écrivains à succès, romanciers ou essayistes salués par le public et par la critique habitent l'Alberta, dont les romanciers Robert KROETSCH, qui observe d'un oeil irrévérencieux et surréaliste la vie contemporaine dans la province, W.O. MITCHELL et Rudy WIEBE, qui explorent la diversité ethnique de la vie dans la Prairie. Par son concours annuel « Search-for-a-New-Alberta-Novelist », le gouvernement provincial encourage la découverte de nouveaux talents chez les jeunes.

Des historiens régionaux comme Grant MACEWAN, James GRAY et Hugh Dempsey de Calgary, James MacGregor et A.W. Cashman d'Edmonton, qui s'adressent tant à des lecteurs lettrés qu'aux amateurs de littérature populaire, se distinguent dans le domaine de la littérature documentaire. La bibliothèque de l'U. de Calgary abrite l'une des meilleures collections canadiennes d'oeuvres d'écrivains contemporains, dont Mitchell et Wiebe, qu'ils soient de la province ou d'ailleurs.


Médias
En Alberta, la publication des quotidiens est monopolisée par les empires de presse, et six quotidiens sur neuf appartiennent à des groupes nationaux installés à Toronto. Le Journal d'Edmonton, l'Herald de Calgary et le News de Medicine Hat sont publiés par le groupe Southam; le Sun d'Edmonton et le Sun de Calgary appartiennent à Toronto Sun Publications; enfin, l'Herald de Lethbridge fait partie de l'empire de presse Thomson. La chaîne régionale Bowes Publishers Ltd. publie le Daily Herald-Tribune de Grande Prairie et le Today de Fort McMurray. L'Advocate de Red Deer, bien qu'il soit indépendant des groupes canadiens, est le seul quotidien canadien qui appartienne à des intérêts étrangers, soit le groupe Liverpool Post and Echo en Grande-Bretagne.

Plus de 130 hebdomadaires ou journaux locaux desservent les grands centres, les banlieues et les régions rurales. Parmi les revues publiées dans la province, notons l'Alberta-Report, de tendance néo-conservatrice, qui défend les droits des provinces. Edmonton, Calgary et Lethbridge publient des magazines sur leurs municipalités respectives. Il existe aussi un certain nombre de revues spécialisées portant sur le pétrole et les industries.

L'Alberta compte 12 stations de télévision qui appartiennent à des intérêts nationaux ou locaux. La Société Radio-Canada possède une station affiliée à Calgary et deux à Edmonton (dont CBXFT, une station de langue française). CTV possède des stations affiliées à Calgary, à Edmonton et à Lloydminster. CITV Edmonton et CICT-TV Calgary, propriété de Western International, de même que CISA-TV sont des stations indépendantes. La plupart des habitants des zones urbaines de l'Alberta sont desservis par des entreprises de télédiffusion par câble, dont les abonnés ont accès à des chaînes américaines et locales supplémentaires.

Les 38 stations de radio AM et les 17 stations de radio FM de la province appartiennent toutes à des intérêts privés, à l'exception des stations du réseau de la SRC à Edmonton et à Calgary, de CJSR, station étudiante de l'U. de l'Alberta, et de CKUA, autrefois membre du réseau ACCESS, de propriété provinciale, qui utilisait principalement la radio et la télévision à des fins éducatives.


Lieux historiques
Il existe un réseau de 18 lieux historiques, centres d'interprétation et musées, dont l'exploitation relève des autorités provinciales, qui couvre une mosaïque considérable de sujets reliés à l'histoire et aux sciences naturelles. En outre, on trouve plus de 200 musées à vocation communautaire et 30 dépôts d'archives locales. La Fondation des ressources historiques de l'Alberta, financée par les recettes de la vente de billets de loterie, offre aussi une aide aux groupes locaux en matière de préservation des édifices d'intérêt patrimonial, de pose de plaques-repères, de recherche et de publication de documentation.

Post Hotel
Post Hotel
Le Post Hotel, près du lac Louise. La beauté naturelle de l'Alberta attire les touristes du monde entier (photo de James Marsh).
Le GLENBOW MUSEUM de Calgary, le Provincial Museum of Alberta à Edmonton, le ROYAL TYRREL MUSEUM OF PALAEONTOLOGY à Drumheller et le Reynolds-Alberta Museum à Wetaskiwin constituent les principaux musées. Parmi les autres importantes attractions de nature patrimoniale, figurent le site du patrimoine mondial Head-Smashed-In Buffalo Jump près de Fort Macleod, le Village du patrimoine culturel ukrainien à l'Est d'Edmonton, le parc Fort Edmonton et l'Heritage Park à Calgary.

Les Archives provinciales de l'Alberta à Edmonton et les Glenbow Archives à Calgary abritent les principales archives historiques. Plusieurs organismes provinciaux importants sont engagés dans la sauvegarde du patrimoine et oeuvrent, chacun de leur côté, dans les domaines de l'histoire, des musées, de l'archéologie, de la généalogie, des archives et autres.


Histoire
À la fin du XVIIIe siècle, le Sud de l'Alberta est occupé par les PIEDS-NOIRS, les GENS-DU-SANG, les PEIGANS et les Hidatsas (Gros Ventres). Les nations de Kootenay et d'autres peuplades montagnardes viennent régulièrement chasser le bison dans cette région, sujette aux incursions guerrières d'autres bandes installées plus au Sud. Les SARSIS vivent le long de la rivière Saskatchewan Nord, mais on se demande encore s'ils s'y trouvaient avant que ne s'amorce le commerce des fourrures. Plus au Nord habitent les CASTORS et, au-delà, les ESCLAVES.

Bison
Bison
Pierre préhistorique, centre Est de l'Alberta (avec la permission du Glenbow Museum).
Ces populations autochtones sont mises en contact avec des éléments de la culture européenne bien avant de croiser les premiers Européens. Les outils de métal et les armes, apportés par la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON, font l'objet de nombreuses opérations de troc d'une bande à une autre, dans les Prairies, ce qui facilite leur pénétration vers l'Ouest. Il en a été de même pour les chevaux qui, venus du Mexique espagnol, se sont répandus vers le Nord au début du XVIIIe siècle. Peu à peu, les peuplades qui habitent près de la baie d'Hudson deviennent tributaires du commerce des marchandises et s'aventurent vers l'Ouest à la recherche de fourrures à troquer. Au XVIIIe siècle, les Cris et les Assiniboines (y compris les Stoneys) remontent la rivière Saskatchewan Nord, repoussant les Sarsis et les Pieds-Noirs vers le Sud et les Castors vers le Nord. Les Chippewyans, qui pénètrent en Alberta en provenance de son secteur Nord-Est, repoussent les Castors vers les montagnes. Au début du XIXe siècle, enfin, les Gros-Ventres se sont déplacés vers le Sud, aux États-Unis.


Exploration
Anthony HENDAY, employé de la Compagnie de la baie d'Hudson (CBH), est le premier Européen connu à avoir atteint l'Alberta, comme on la connaît aujourd'hui. Accompagné d'une bande de Cris, il parcourt la région de Red Deer et, selon toute vraisemblance, il passe l'hiver de 1754 près de l'emplacement actuel d'Edmonton. À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, la région est dominée par la vive concurrence que se livrent la CBH et sa rivale, la COMPAGNIE DU NORD-OUEST, installée à Montréal.

En 1778, Peter POND, aventurier entreprenant du Nord-Ouest, descend la rivière Athabasca et ouvre le premier poste de traite de fourrures de la province. Fondé en 1788, FORT CHIPEWYAN, sur le lac Athabasca, sert de pied-à-terre à Alexander MACKENZIE lorsque ce dernier descend le fleuve Mackenzie en 1789 puis, quatre ans plus tard, lorsqu'il remonte la rivière de la Paix et traverse les Rocheuses jusqu'au Pacifique.

Vers 1790 et au début des années 1800, la CBH riposte en envoyant Peter FIDLER et David THOMPSON explorer les rivières Athabasca et Saskatchewan pour en dresser la carte. Les deux compagnies établissent des postes rivaux dans le Nord et le centre de l'Alberta, jusqu'à ce qu'elles fusionnent en 1821.

Au milieu du XIXe siècle, des missionnaires chrétiens en quête d'âmes autochtones à évangéliser ont déjà commencé à disputer aux marchands de fourrures la possession du territoire. En 1840, le méthodiste Robert RUNDLE est le premier ecclésiastique à s'installer dans ce qui constitue aujourd'hui l'Alberta. Il sera suivi, deux ans plus tard, par le prêtre catholique Jean-Baptiste Thibault. L'activité missionnaire s'intensifie entre 1850 et 1875, sous l'égide d'illustres personnages comme Albert LACOMBE, chez les catholiques, et George et John MCDOUGALL, père et fils, chez les méthodistes.

La progression constante des Européens à l'intérieur du territoire menace le monopole de la CBH. Prévoyant retirer la licence détenue par la compagnie, et désireux de savoir si le territoire convient à un peuplement généralisé, les gouvernements britannique et canadien organisent, en 1857, des expéditions chargées d'explorer les Prairies et de faire rapport. Le capitaine John PALLISER conduit l'expédition britannique, tandis qu'Henry Youle HIND constitue l'âme dirigeante de l'équipe canadienne. Son rapport optimiste, qui fait contrepoids aux conclusions moins enthousiastes de Palliser, incite finalement la Grande-Bretagne à ne pas renouveler le permis de la CBH.


Peuplement
Le 23 juin 1870, le gouvernement canadien prend possession de l'ensemble du territoire de la CBH, y compris tout le territoire de la future province de l'Alberta. L'année suivante, la région comprise entre la nouvelle province du Manitoba et les Rocheuses devient les Territoires du Nord-Ouest du Canada, dont le centre administratif est implanté d'abord à Winnipeg, puis à Battleford et, enfin, à Regina. En 1872, la POLITIQUE SUR LES TERRES FÉDÉRALES jette les bases de l'arpentage des propriétés par quart de section. Deux ans plus tard, la POLICE À CHEVAL DU NORD-OUEST établit son premier poste albertain à FORT MACLEOD.

Maison de colon ukrainien
Maison de colon ukrainien
Maison d'Ivan Lupul, ukrainien, à Wostok, en Alberta (avec la permission des Archives du Glenbow Museum et du Musée de la Gendarmerie royale du Canada de Regina).
En 1875, la Loi sur les Territoires du Nord-Ouest prévoit la nomination d'un lieutenant-gouverneur et la présence d'un corps législatif (on nomme d'abord un conseil qui sera progressivement remplacé par une assemblée élue). Par la suite, on signe une série de traités avec les groupes autochtones : le traité N°6 de 1876 a trait aux terres cries du centre de l'Alberta; le traité N°7 de 1877 concerne les Pieds-Noirs, les Sarsis et les Stoneys du Sud de l'Alberta; le traité N°8 de 1899 vise la majeure partie du Nord de l'Alberta. (voir REVENDICATIONS TERRITORIALES).

Malgré l'arrivée du Canadien Pacifique à Calgary en 1883 et l'achèvement de la ligne transcontinentale en 1885, le peuplement s'effectue très lentement pendant les années 1880. En 1881, on ne dénombre qu'environ un millier de colons non autochtones ayant élu domicile dans les limites de la province actuelle. Dix ans plus tard, ils ne sont que 17 500. L'afflux important de colons, qui marque la fin du siècle, est consécutif à la création de variétés très hâtives de blé dur de printemps, à l'épuisement des bonnes terres disponibles dans l'Ouest américain, à l'apaisement de la crise économique qui, pendant 22 ans, a secoué l'Amérique du Nord, ainsi qu'à l'énergique politique d'immigration du gouvernement fédéral, dirigé par Clifford SIFTON.

De 1896 à la Première Guerre mondiale, l'Alberta et d'autres régions des Prairies canadiennes bénéficient d'une des migrations les plus importantes et les plus spectaculaires de l'histoire moderne de l'Amérique du Nord. Les colons arrivent en foule sur les terres agricoles des Prairies et dans ses villes grouillantes d'activités. Nombre d'entre eux viennent de l'Ontario et d'autres provinces de l'Est canadien, d'autres, des États-Unis, de Grande-Bretagne et d'Europe continentale. La grande diversité des langues et des religions va conférer un caractère multiculturel indélébile à la vie albertaine. La population albertaine passe de 73 022 habitants en 1901 à 373 943 en 1911, puis à 584 454 en 1921.


Développement
La création de la province de l'Alberta, le 1er septembre 1905, se veut le résultat logique de l'arrivée massive d'immigrants ainsi qu'une réponse à la campagne politique en faveur de l'autonomie, qui avait cours dans les Territoires du Nord-Ouest. Les litiges politiques qui secouent la société au moment de l'accession au rang de province portent sur le droit de la minorité catholique à des écoles séparées financées par l'État, sur le tracé de la frontière avec la nouvelle province de la Saskatchewan (les Albertains revendiquent le 107° de longitude Ouest, mais ils doivent accepter le 110°) et sur le choix d'Edmonton comme capitale au détriment de Calgary. Ces initiatives, perçues comme une intrusion du gouvernement fédéral dans les affaires locales, laissent un relent d'amertume, mais aucune ne sera davantage contestée que la décision d'Ottawa de conserver l'autorité sur les terres publiques et les richesses naturelles. Il faudra attendre 1930 pour que ces juridictions soient confiées à l'Alberta.

Au cours des ses 10 premières années d'existence, la fortune sourit à la jeune province de l'Alberta : accentuation de l'immigration, abondance des moissons, naissance de nouvelles villes et agrandissement rapide du réseau de chemin de fer. Toutefois, chez les agriculteurs, un sentiment d'insatisfaction se répand. En effet, ils croient leur statut d'entrepreneurs indépendants menacé par les chemins de fer, les banques et les compagnies de silos à grains. Cette agitation est illustrée, en partie, par la popularité croissante, comme parti politique, des Fermiers unis de l'Alberta et par leur victoire sur les libéraux à l'issue de l'élection provinciale de 1921.

Au cours des années 1920 et au début des années 1930, ce gouvernement doit toutefois composer avec une économie provinciale beaucoup plus faible que durant les années grasses, avant 1914. Les prix des céréales ne cessent de fluctuer, et l'industrie du charbon, jadis importante, commence à péricliter. La CRISE DES ANNÉES 30, accompagnée de la sécheresse dans les Prairies, d'une déflation du sol et d'invasions de sauterelles, accélère le déclin amorcé un an plus tôt. La Ligue du Crédit social gagne l'élection provinciale de 1935 en promettant de combattre la Crise (et ce qu'on perçoit comme la mainmise de l'Est sur les affaires économiques albertaines) par diverses solutions qui font appel à un certain fondamentalisme religieux et à une théorie monétaire radicale.

La découverte de pétrole dans le champ Leduc, en février 1947, amorce la transformation de l'économie albertaine qui, d'abord fondée sur l'agriculture, sera désormais axée sur le pétrole. L'exploitation consécutive des ressources en pétrole et en gaz naturel provoque un afflux toujours croissant de redevances, qui gonflent les revenus de la province, suscitent la prospérité au sein de la plupart des couches de la population et transforment les villes d'Edmonton et de Calgary en vastes agglomérations prospères. En 1973, la flambée mondiale des prix du pétrole accentue davantage cette prospérité, qui se maintient jusqu'à la récession économique générale du début des années 1980, l'effondrement des prix du pétrole et des céréales de 1986 et la récession suivante qui survient au début des années 1990. En 1996, à la suite des répercussions combinées d'une augmentation des recettes pétrolières et de coupures radicales des dépenses publiques par le gouvernement Klein, la province termine l'année avec un énorme surplus budgétaire. Cependant, les effets à long terme des coupures dans les domaines de la santé, de l'éducation et des services sociaux demeurent aléatoires.

Laurier, en 1905
Laurier, en 1905
Prenant la parole lors de la cérémonie d'intronisation de la province de l'Alberta (avec la permission des Provincial Archives of Alberta/coll. Ernest Brown).
Leduc, découverte de pétrole à
Leduc, découverte de pétrole à
Puits de pétrole no 1 de Leduc, champs de pétrole de Leduc, le jour où le puits a explosé, le 13 février 1947 (avec la permission des Provincial Archives of Alberta).

Auteur ROBERT M. STAMP


Bibliographie
B.M. Barr et P.J. Smith (dir.), Geographical Dimension of Settlement and Livelihood in Alberta (1983); John Barr, The Dynasty : The Rise and Fall of Social Credit in Alberta (1974); Carlo Cardarola (dir.), Society and Politics in Alberta (1979); W.G. Hardy (dir.), Alberta : A Natural History (1967); John Irving, The Social Credit Movement in Alberta (1959); James G. MacGregor, A History of Alberta (1981); C. B. Macpherson, Democracy in Alberta : Social Credit and the Party System (1953); W.E. Mann, Sect, Cult, and Church in Alberta (1955); University of Alberta, Atlas of Alberta (1969); Rudy Wiebe, Alberta, A Celebration.


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