Autochtones : la côte du Nord-Ouest
Territoire et milieu naturel
La partie canadienne de la côte du Nord-Ouest est une région où se voisinent des extrêmes : larges plages, fjords profonds et montagnes aux sommets enneigés. Les températures sont modérées, la moyenne de janvier est au-dessus du point de congélation et la moyenne de juillet est inférieure à 18°C. La côte du Nord et les îles du large reçoivent de 155 à 655 cm de pluie par année, et les côtes protégées du détroit de Georgia en reçoivent de 65 à 175 cm, surtout en hiver. Les épaisses forêts de conifères abondent dans la région, et les plages et les ruisseaux sont bordés de sous-bois touffus.

Avant l'arrivée des Blancs, la nourriture était abondante : on trouvait sur place des cerfs à queue noire, des ours, des élans et des chèvres de montagne, et il y avait partout des mammifères marins (des phoques et des marsouins) et de grandes quantités de poissons, de crustacés et de coquillages. Une variété de fruits, de bulbes et d'autres plantes fournissaient des éléments nutritifs importants. Et, surtout, les grandes remontes de SAUMONS DU PACIFIQUE, arrivant en grand nombre lors de leur migration annuelle et que l'on mangeait immédiatement après la capture ou que l'on séchait pour les consommer plus tard.

  Grandes familles linguistiques et tribus
 

De toutes les régions autochtones du Canada, c'est la côte du Nord-Ouest qui présente la plus grande diversité linguistique. Les TLINGITS de la pointe nord-ouest de la Colombie-Britannique et du Sud-Ouest du Yukon vivent à l'intérieur des terres et sont apparentés aux Tlingits de la côte sud de l'Alaska. Les HAIDAS vivent sur les HAIDA GWAII. Le tlingit et le HAIDA sont des langues isolées et uniques. On n'a pu prouver qu'ils s'apparentaient à d'autres langues, quelle qu'elles soient. Le long des rivières Nass et Skeena et des côtes avoisinantes, on parle trois langues de la famille linguistique TSIMSHIAN , qui a peut-être une parenté lointaine avec plusieurs autres familles linguistiques, collectivement appelées pénutiennes, qui sont parlées dans l'Oregon et au sud de cet État. Le long de la côte, du territoire tsimshian au nord-est de l'île de Vancouver, on parle successivement le haisla (les KITAMAATS), le HAELTZUK (les Bella Bellas), l'oowekyala (à Rivers Inlet) et le kwakwala (les KWAKIUTL du Sud). Ces langues sont elles-mêmes apparentées aux langues du Nuu-Chah-Nulth (NOOTKA) et au DIDIDAHTS, parlées sur la côte ouest de l'île de Vancouver, ainsi qu'au makah, parlé au cap Flattery (dans l'État de Washington). Toutes ces langues appartiennent à la famille linguistique wakashenne.

Les autres peuples des côtes de la Colombie-Britannique parlent des langues de la grande famille salish. Au nord, entre les Haislas et les Haeltzuks, on parle le NUXALK (les Bella Coolas). Dans la région du détroit de Georgia, au-dessous des Kwakiutl du Sud, on parle sept langues salish de la côte et les locuteurs ne se comprennent pas entre eux : le comox, le pentlatch (disparu) et le sechelt, qui forment l'ensemble appelé SALISH DE LA CÔTE NORD DU DÉTROIT DE GEORGIA, ainsi que le squamish, le halkomelen, le nooksack (maintenant parlé seulement dans l'État de Washington) et le salish des détroits, qui forment l'ensemble appelé les SALISH DE LA CÔTE CENTRALE.

Ainsi, on trouve sur la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique 19 langues dont les locuteurs ne se comprennent pas entre eux. Ces langues appartiennent elles-mêmes à cinq groupes distincts entre lesquels aucune relation n'a encore été clairement établie (voir AUTOCHTONES, LANGUES DES et FAMILLES DES LANGUES INDIGÈNES DE LA CÔTE DU NORD-OUEST : TABLE).

  Résumé historique
  Les premiers habitants de la côte du Nord-Ouest s'y sont probablement établis il y a 10 000 ans (voir PRÉHISTOIRE), mais les premiers contacts avec les Européens ont lieu à la fin du XVIIIe siècle, lorsque des explorateurs espagnols et britanniques ouvrent la voie aux commerçants à la recherche de grandes quantités de peaux de loutre de mer. Toutes les tribus acceptent avec empressement d'utiliser les armes à feu, les outils en fer et les autres produits des Européens, mais des postes de traite permanents ne sont établis que lorsque la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON construit une série de forts grâce auxquels, en 1850, elle s'assure la mainmise sur le commerce.

La découverte d'or sur le fleuve Fraser en 1857 provoque une ruée de mineurs et de colons vers les colonies nouvellement fondées (voir RUÉES VERS L'OR). Les villes sont rares, mais les autochtones y viennent de loin pour échanger des marchandises. Les maladies contagieuses, surtout la variole, déciment les autochtones, qui ne sont plus, en 1885, qu'une minorité de la population.

Le gouverneur James DOUGLAS conclut quelques petits traités avec des villages autochtones de l'île de Vancouver entre 1850 et 1854 (voir TRAITÉS INDIENS). Les droits ainsi reconnus aux autochtones ne le sont plus après l'entrée de la Colombie-Britannique dans la Confédération en 1871. Deux commissions, constituées en 1876 et en 1912, sont chargées de créer et de confirmer des RÉSERVES INDIENNES. Ni l'une ni l'autre n'est habilitée à conclure des traités ou à trouver des solutions définitives aux doléances des autochtones. Ces réserves, bien qu'elles soient imposées unilatéralement aux autochtones et ne répondent pas toujours à leurs demandes, assurent au moins à beaucoup de leurs villages un minimum de protection pendant que l'afflux d'étrangers se poursuit.

La question non réglée des terres ainsi que l'oppression du gouvernement qui impose notamment une disposition interdisant le POTLATCH dans la LOI SUR LES INDIENS de 1884, amènent les groupes locaux à protester. Des associations organisées regroupant toutes les tribus se constituent par la suite, soit l'Allied Tribes of British Columbia, en 1915, et le Native Brotherhood of British Columbia, en 1931.

À la suite de l'arrêt Calder, rendu par la Cour suprême en 1973, et de la décision du Canada de négocier le règlement des revendications en souffrance, le Canada et le NISGA'A entreprennent en 1976 des négociations en vue de conclure un traité. La Colombie-Britannique se joint aux négociations en 1990 et une entente de principe est signée en mars 1996. Les gouvernements provincial et fédéral et des représentants des PREMIÈRES NATIONS de la Colombie-Britannique constituent en 1993 la Commission des traités de la Colombie-Britannique pour faciliter la négociation de traités avec les autres premières nations de la province. En 1996, la plupart des groupes côtiers ont déjà déposé des déclarations d'intention en vue de négocier des traités dans le cadre du processus établi par la Commission des traités.

Dès leurs premiers contacts avec des étrangers, les autochtones de la côte se sont volontiers adonnés au commerce et ont travaillé comme manoeuvres, bateliers ou domestiques. Ceux qui vivaient dans des régions éloignées et dont l'économie de subsistance était viable étaient de parfaits travailleurs saisonniers lorsque l'exploitation des ressources en était à ses débuts. Toutefois, la mécanisation et la centralisation progressives des industries de la pêche et du bois ont fait diminuer la participation des autochtones à titre de travailleurs et de petits producteurs indépendants. Ce sont toujours les industries axées sur les ressources qui procurent le plus d'emplois aux autochtones mais, dans les années 60, le chômage et le sous-emploi sont devenus chroniques chez les communautés côtières.

  Culture traditionnelle
  Répartition du travail
Les fondements matériels de l'existence étaient les mêmes partout sur la côte du Nord-Ouest. La charpenterie était le travail des hommes, qui utilisaient des lames en pierre ou en coquillage, des coins et des marteaux en pierre pour façonner une multitude d'articles d'usage quotidien. D'énormes habitations d'hiver, dotées d'une charpente à poteaux et à poutres recouverte de planches de cèdre taillées, étaient construites dans des styles régionaux distinctifs, ainsi que les pirogues (voir CANOT D'ÉCORCE), à bord desquelles on voyageait sur les cours d'eau rapides et en haute mer.

Il revenait surtout aux femmes de filer le cordage servant aux filets et aux lignes à pêche et de tresser des articles avec des racines et de l'écorce de cèdre : gros récipients d'entreposage, paniers de cueillette ajourés et chapeaux élégants finement décorés. Des tapis et des nattes en écorce de cèdre ou en jonc garnissaient et recouvraient l'intérieur des maisons pour les garder plus au chaud. Les femmes tissaient aussi des jupes et des manteaux en écorce de cèdre pour porter tous les jours. Pour les occasions spéciales, les gens des tribus du Nord portaient des COUVERTURES CHILKAT richement décorées, faites en écorce tressée et en laine de chèvre de montagne. Chez les Salish de la côte, on ajoutait du poil de chien au poil de chèvre de montagne pour tisser d'épaisses couvertures ornées de bordures décoratives qu'on portait tous les jours par temps froid. Tout le long de la côte, des mantes de fourrure s'ajoutaient à cette garde-robe rudimentaire.

La chasse, la pêche et la cueillette étaient les moyens de subsistance sur la côte du Nord-Ouest. Les ressources marines avaient une importance primordiale. Les agrès de pêche étaient adaptés aux conditions particulières de la mer et des cours d'eau, ainsi qu'aux espèces de poisson propres à chaque endroit. On pêchait à la traîne ou à la ligne dormante avec des hameçons garnis d'appâts. On utilisait aussi des harpons, des javelots ou des filets, et on installait des pièges à marée ou des nasses dans les cours d'eau. Pour la chasse aux mammifères terrestres, on utilisait des arcs et des flèches, des collets, des assommoirs et des filets; on chassait les mammifères marins à l'aide de harpons en mer et de gourdins ou de filets sur les rivages. L'abondante sauvagine était capturée à l'aide de toutes sortes de filets ingénieux. La pêche aux mollusques et aux crustacés, la cueillette de baies sauvages et la récolte de racines comestibles, de bulbes et de pousses vertes fournissaient aussi des aliments nutritifs. Aucune de ces ressources variées n'était répartie également dans toutes les régions et les tribus côtières, de façon cyclique, quittaient leurs villages d'hiver pour se déplacer ou se disperser aux divers endroits à mesure qu'arrivait la saison propice à chaque ressource, puis elles retournaient à leur point d'attache.

La pêche et la chasse étaient pratiquées surtout par les hommes, tandis que la cueillette des plantes et des mollusques était surtout le travail des femmes. Par contre, le travail était réparti de façon complémentaire et se faisait souvent en collaboration. Les hommes et les femmes fabriquaient les outils nécessaires au travail. Presque tous les aliments étaient obtenus à certaines périodes en quantité supérieure aux besoins immédiats; en conséquence, on les mettait en réserve. Les captures de poisson et de gibier étaient surtout faites par les hommes, mais les femmes s'occupaient de la cuisson et de la conservation.

  Vie sociale
  Partout sur la côte du Nord-Ouest, la cellule sociale de base était le clan qui avait généralement un ancêtre commun. Chez les peuples du Nord, l'appartenance à ce clan dépendait de l'ascendance maternelle; dans le Sud, on pouvait appartenir au groupe tant par la lignée masculine que par la lignée féminine. Dans les deux régions, des groupes de proches parents se formaient ainsi; les gens se mariaient entre eux, vivaient ensemble dans une maison ou un groupe de maisons et suivaient les directives et les conseils de chefs compétents. Ces chefs portaient des titres officiels ou des noms héréditaires prestigieux dans la lignée familiale et étaient les gestionnaires des biens familiaux, y compris les biens immatériels comme les noms, les pratiques rituelles, les chants spéciaux et les connaissances secrètes. Le plus important était toutefois la propriété des biens immeubles comme les maisons et leurs terrains, les buissons de baies sauvages, les territoires de chasse, les roqueries de phoques et les emplacements de pièges à poissons. Certains territoires et certains secteurs aquatiques étaient accessibles à tous, mais les endroits qui fournissaient la nourriture la plus abondante étaient de propriété privée.

Les biens immobiliers, mis en valeur par une habile gestion du travail familial et de l'équipement de chaque personne, permettaient aux clans et à leurs chefs d'être fort productifs et d'accumuler une richesse notable. La propriété était le fondement et le moyen d'action du système de rangs et de classes de la côte du Nord-Ouest. Certaines tribus avaient un système interne de rangs sociaux définis; dans d'autres tribus, les catégories étaient souples. On trouvait partout quelque forme de distinction entre supérieurs et inférieurs ainsi que la pratique de l'ESCLAVAGE. Les esclaves étaient acquis à la guerre ou achetés. Ils vivaient dans les maisons de leurs propriétaires, mais ils n'avaient pas tous les droits civils et ils étaient tenus d'accomplir des tâches serviles.

Les villages étaient toujours proches des eaux navigables et les maisons étaient disposées sur les plages en rangées parallèles à l'eau. Ils étaient unifiés par les liens de parenté, le dialecte et les droits communs sur un territoire, mais ils n'avaient aucune administration, sauf celle qui était exercée par des lignées puissantes. Au début de la période historique, chez les Tsimshians de la côte et chez les Nootkas, dans le Nord de la côte ouest, des chefs de village puissants se sont imposés et ont commencé à élargir leur influence sur la confédération des villages. Ces alliances étaient les seules organisations tribales officielles. Les conflits qui dégénéraient parfois en guerres étaient le résultat de blessures ou d'intrusions illicites. L'acquisition de biens, y compris d'esclaves, étaient aussi des sujets de conflit. La petite taille et l'indépendance des villages ainsi que la pratique de donner des cadeaux en dédommagement des torts causés aidaient à limiter l'ampleur des guerres.

Les gens haut placés de clans ou de villages distincts trouvaient des intérêts communs dans leur appartenance à une même classe et formaient des associations rituelles souvent décrites comme des sociétés secrètes. Surtout, ils étaient unis par les liens du mariage et les échanges de cadeaux auxquels ils donnaient lieu. Des mariages étaient conclus entre personnes de clans distincts vivant souvent dans des villages fort éloignés. Pour assurer la validité des droits de la lignée et le maintien du statut social, on convoquait une assemblée de gens provenant de nombreux clans afin qu'ils soient témoins de ces réclamations; l'occasion donnait lieu à un potlatch au cours duquel des repas étaient servis aux invités et des cadeaux leur étaient offerts. On pratiquait le troc et le commerce, mais les cadeaux et les fêtes étaient les principaux moyens de répartition et d'échange.

  Vie religieuse et spirituelle
 

Toutes les tribus s'adonnaient aux importants rituels religieux en hiver et considéraient l'été comme un temps plus propice aux jeux, aux fêtes et aux cérémonies d'attribution des noms. Il n'y avait pas de séparation stricte entre le sacré et le profane, car on voyait le sacré dans toute pensée et toute action. La croyance en des esprits puissants identifiés à des formes et à des objets animés était fondamentale. Les esprits pouvaient intervenir dans les affaires humaines, mais quelqu'un pouvait, en se purifiant, espérer les convaincre de devenir ses alliés. Ces esprits conféraient leurs pouvoirs aux CHAMANS et aux ministres de la religion, mais ils donnaient aussi aux gens ordinaires des talents spéciaux ou leur apportaient la chance. De tels privilèges étaient héréditaires dans certains cas. Cette conscience du pouvoir des êtres vivants autres que l'homme concordait avec la pratique répandue des prières et des cérémonies de bienvenue visant à obtenir d'abondantes migrations annuelles de poissons (voir AUTOCHTONES, RELIGION DES).

Au cours de sa vie, chaque personne changeait de statut quand elle atteignait la puberté, quand un nom lui était conféré ou quand elle se mariait. Ces occasions étaient marquées par des tabous et des rites complexes et par des festivités. On attribuait la maladie à des causes physiques, mais aussi à la perte de l'âme ou à l'intervention de forces spirituelles; on appelait alors les chamans, desquels on attendait un diagnostic et un traitement curatif. Toutes les tribus croyaient à la vie après la mort et à des esprits qui pouvaient faire du tort aux vivants. Les rites funéraires et commémoratifs servaient à séparer les vivants des morts et à nourrir, à honorer et à apaiser les défunts.

  Culture et arts
  La musique et les arts décoratifs accompagnaient les activités tant sacrées que profanes. Les auxiliaires spirituels léguaient les chants et les traditions des sociétés secrètes et des familles. Ceux-ci étaient transmis au moyen de ces chants qui accompagnaient souvent des mises en scène masquées d'événements mythiques. On chantait en toute occasion, pour calmer les bébés, accompagner les jeux, exprimer l'affection ou la tristesse. La voix était le seul instrument mélodique, mais elle était accompagnée par une variété d'instruments à percussion, de sifflets et de cors.

La sculpture et les arts décoratifs faisaient aussi partie de la vie quotidienne et agrémentaient les outils, les maisons, les paniers, les vêtements et les articles qui se rapportaient au monde surnaturel. La sculpture et la peinture sur bois, les TOTEMS en particulier, sont les produits les plus réputés de la culture de la côte du Nord-Ouest. Les fouilles archéologiques indiquent que l'art a une longue histoire dans la région et que les styles régionaux ont en commun des caractéristiques formelles fondamentales remontant à une tradition plus ancienne. Dans le Nord, les arts suivent des règles très strictes et les emblèmes familiaux y sont souvent représentés sur les terrains des gens. Les sculpteurs wakash excellaient dans la fabrication de masques pour les représentations théâtrales. Les Salish mettaient surtout l'accent sur les objets à usage religieux et s'intéressaient peu aux emblèmes. Dans toutes les régions, la possession de sculptures et d'objets d'art décoratif était un signe de richesse et dénotait le statut social (voir AUTOCHTONE DE LA CÔTE DU NORD-OUEST, ART).

  Changements culturels
 

Bien que les cultures de la côte du Nord-Ouest aient visiblement changé en adoptant d'emblée les vêtements et les outils des Européens, les villages, souvent installés sur leurs anciens emplacements, gardent leur ancienne vocation maritime et la nourriture traditionnelle fait partie du régime alimentaire de prédilection. Les missionnaires et les administrateurs gouvernementaux ont pratiqué une politique d'occidentalisation forcée jusqu'à une époque récente. L'éducation obligatoire dans des PENSIONNATS centralisés où les langues autochtones étaient interdites a eu de graves répercussions sur les structures communautaires, la connaissance des langues et la socialisation des autochtones. Plusieurs langues de la côte du Nord-Ouest ne sont plus parlées couramment que par quelques personnes et sont menacées de disparition, malgré des efforts tentés pour renverser la tendance au moyen de programmes officiels d'enseignement des langues. Le pentlatch, par exemple, est déjà disparu.

Même si le potlatch a été interdit de 1884 à 1951, les fêtes et les échanges cérémoniels, surtout chez les Kwakiutl du Sud, n'ont jamais complètement cessé et connaissent un renouveau depuis quelques décennies. Les quelques villages salish de la côte qui ont maintenu la coutume de la danse des esprits ont été les centres d'un renouveau religieux remarquable qui continue d'attirer des adeptes. Ces traditions sont encore réservées aux communautés autochtones, qui s'en servent pour renforcer leur identité et leur estime de soi (voir SHAKERS, RELIGION DES).

Après avoir atteint un creux en 1915, la population des tribus de la côte du Nord-Ouest ne cesse d'augmenter. En 1991, on comptait environ 51 565 Indiens inscrits et un nombre peut-être aussi grand de descendants non inscrits des tribus côtières. Bon nombre de résidents des villages isolés sont partis à cause du chômage et parce qu'ils avaient la possibilité de s'instruire dans les centres urbains. Plus de 40 p. 100 de la population inscrite vit à l'extérieur des réserves.

Les autochtones de la côte du Nord-Ouest se sont toujours fermement opposés aux politiques et aux pratiques qui ont réduit leurs DROITS ANCESTRAUX et ont laissé leurs REVENDICATIONS TERRITORIALES en suspens (voir AUTOCHTONES, POLITIQUES GOUVERNEMENTALE CONCERNANT LES). Ils appuient fortement les associations autochtones provinciales et nationales.


Auteur MICHAEL KEW

L'Encyclopédie canadienne © 2013 Fondation Historica du Canada